Poutine

CONSTRUIRE UN MONDE PLUS DÉMOCRATIQUE : Discours de Poutine reçu cinq sur cinq

Lundi 15 août et mardi 16 août 2022, le président russe, Vladimir Poutine, a prononcé deux discours sans doute très suivis et bien compris dans les nombreux pays jaloux de leur indépendance et confrontés à l’agressivité néocoloniale des  pays occidentaux groupés au sein de l’OTAN. Hier matin, dans son discours à la dixième conférence de Moscou sur la sécurité internationale, le président Vladimir Poutine, cité par l’agence RIA Novosti, a insisté sur la volonté de la Russie à prendre des mesures qui contribueraient à construire un monde plus démocratique qui protège les droits de tous les peuples et garantit leur diversité culturelle et civilisationnelle. Il a déclaré que la situation dans le monde évolue de manière dynamique, alors que de plus en plus de pays et de peuples choisissent la voie du développement souverain. Pour le président russe, « il est clair qu’il n’est possible de réduire les tensions dans le monde, de surmonter les menaces et les risques dans les sphères militaires et politiques, d’accroître le niveau de confiance entre les pays et d’assurer leur développement durable qu’en renforçant fondamentalement l’ordre mondial multipolaire », soulignant que le modèle de mondialisation actuel est voué à l’échec. Peu importe à quel point ses bénéficiaires adhèrent au statu quo, il a souligné que la Russie travaillera avec ses alliés, ses partenaires et les États partageant les mêmes idées pour améliorer les mécanismes existants de la coopération internationale. Promettant de défendre les intérêts nationaux russes mais aussi «les intérêts [des alliés de Moscou] et les droits de tous les peuples et de toutes les cultures dans leur diversité», Vladimir Poutine a appelé à revenir au «respect du droit international» et de ses «principes universels validés par tous les pays et par la charte de l’ONU». Il a par ailleurs qualifié le Conseil de sécurité et l’Assemblée générale de l’ONU d’«instruments pour réduire les tensions dans le monde et éviter les conflits, pour contribuer à la sécurité et au développement des pays». Des instruments utiles donc, selon Vladimir Poutine qui espère néanmoins en développer d’autres dans le cadre de la transition vers un monde multipolaire. Lundi, dans son discours d’ouverture au Forum militaro-technique international Armée-2022, à Moscou, auquel participent plus de 80 pays, le président Poutine a déclaré « Nous sommes prêts à offrir à nos alliés les derniers types d’armes », du petit calibre aux véhicules blindés, en passant par des avions de guerre et des drones. Le président russe a ajouté: «Partout dans le monde, les experts apprécient la fiabilité, la qualité et la grande efficacité en particulier de ces armes ». À ce propos, le chef du Service fédéral de coopération militaro-technique, Dmitry Shugaev, a annoncé que la Russie avait mis en œuvre son plan de fourniture d’armes pour l’année 2021 « dans son intégralité », d’un montant de 14,6 milliards de dollars. Il a fait savoir qu’au cours des dix dernières années, la Russie a maintenu le niveau d’approvisionnement à 14-15 milliards de dollars par an. Selon l’annuaire russe « Armes, désarmement et sécurité internationale pour 2020″, les exportations d’armes russes étaient destinées à l’Irak, l’Egypte, l’Inde, la Chine, l’Algérie et le Kazakhstan. Le président Vladimir Poutine a souligné que la Russie a « beaucoup d’alliés », parlant en particulier des « liens de confiance » entre Moscou et des pays d’Amérique latine, d’Asie et d’Afrique. L’axe de la résistance- un concept moyen-oriental en référence à la lutte du peuple palestinien contre l’occupation de ses terres par l’entité sioniste-  a certainement bien accueilli les discours du président russe. Cela concerne la Syrie confrontée à l’intérieur à une opération de destruction commencée en 2011 et aux multiples agressions israéliennes, et qui s’en est sortie grâce à la coopération militaire avec la Russie. Cela concerne aussi d’autres pays au Maghreb et au Sahel qui montrent une ferme opposition aux visées néocoloniales des puissances occidentales.
M’hamed Rebah