Constantine

Constantine : Glissement de terrain : grande menace sur la ville

Selon le rapport Simecsol un ensemble de 15 000 habitations abritant prés de 100 000 personnes sont menacées par le glissement de terrain, et pas moins de 1790 constructions individuelles et collectives sont condamnées à la démolition.

C’est dire que le phénomène du glissement est devenu une hantise pour les habitants concernés et autant de soucis pour les autorités locales qui doivent prendre des mesures urgentes. Mais comme le phénomène du glissement n’est pas nouveau force est d’admettre que beaucoup reste à faire pour y faire face. C’est ainsi, avons-nous appris que le nouveau wali a instruit son administration pour engager dans les plus brefs délais une expertise sur le phénomène des glissements de terrain qu’il a dû percevoir au niveau de la ville de Constantine. C’est en fait le Centre national de recherche appliquée en génie parasismique (CGS), qui devrait être saisi afin d’établir l’expertise, sans quoi, aucune solution appropriée ne peu être proclamée. Et pourtant , beaucoup a été dit et écrit sur ce phénomène et plusieurs travaux universitaires sur le sujet ont été élaborés dont le fameux rapport du bureau d’étude français Simecsol. D’ailleurs plus prés de nous les 600 logements Cnep en attente d’attribution depuis 15 ans à Boussouf renseignent à ne pas en douter sur l’ampleur du phénomène qui touche des cités récemment construites. Le rapport en question achevé début 2005, a donné froid au dos chez beaucoup de constantinois, l’expertise mentionne : 12 zones étalées sur environ 120 ha sont affectées et
15 000 habitations abritant 100 000 personnes sont menacées et enfin prés de plus pas moins de 1800 constructions individuelles et collectives sont condamnées à la démolition. Des sites comme Boussouf et Aouinet El Foul sont déclarés inconstructibles. Et malgré cela, l’administration n’a pas tenu compte de ce rapport et on a continué à construire sur ces zones sujettes aux glissements. Toutefois, des habitants du quartier Belouizdad sont évacués de sites où vont naître des parkings.
Mais ce n’est pas tout, l’étude française a été oscultée par les responsables qui persistent à croire qu’il n’existe pas de glissement de terrain, mais ce sont des réseaux endommagés d’adduction d’eau et d’assainissement qui seraient à l’origine de l’instabilité du sol. Entre-temps, on a laissé faire et de nombreux lotissements anarchiques, prolifèrent impunément, notamment à Boussouf, déclaré pourtant zone rouge. Et comme si de rien n’était, la médina tombe en ruine de jour en jour sous les yeux ébahis des constantinois, et le désintéressement coupable de ses responsables. Constantine, ville millénaire méritait mieux, beaucoup mieux…
Mâalem Abdelyakine