Conseil des ministres

Conseil des ministres demain, présentation du plan d’action dans dix jours : Calendrier chargé pour le Gouvernement

Le très attendu plan d’action du Gouvernement, sera présenté devant les membres de l’Assemblée populaire nationale (APN), dans dix jours. Cependant, avant qu’elle n’y soit soumise, la feuille de route devra être approuvée par le Conseil des ministres qui se tiendra demain, sous la présidence de Bouteflika. C’est ce qu’a annoncé, hier, le Premier ministre Ahmed Ouyahia, en marge de l’ouverture de la session parlementaire. «Le président de la République présidera ce mercredi (demain, ndlr) un Conseil des ministres consacré au plan d’action du Gouvernement. Si celui-ci était adopté, il serait présenté dans dix jours au Parlement», a précisé le Premier ministre.
La présentation du Plan d’action du Gouvernement intervient conformément aux dispositions de la Constitution qui stipule que le Premier ministre, après sa nomination par le président de la République, devra présenter le plan d’action de son Gouvernement devant les deux chambres du Parlement pour être validé. Nommé en août dernier à la tête de l’Exécutif, en remplacement de Abdelmadjid Tebboune, Ahmed Ouyahia enchaine les sorties médiatiques qui visent à éclairer l’opinion publique quant à la situation économique que traverse le pays. La présentation du plan d’action est très attendue, de part le remodelage nécessaire qu’à imposé la politique de son prédécesseur au Gouvernement. À plus forte raison que l’actuel chef de l’Exécutif se voit qualifié d’un homme pragmatique dans le discours et l’action. D’ailleurs, il a été l’un des premiers à avoir appelé l’ancien Gouvernement Sellal à «dire la vérité» au peuple au sujet de la crise économique.
Cependant, il ne faut pas s’attendre à des changements de fond, vu qu’au cours de la passation des pouvoirs avec son prédécesseur Abdelmadjid Tebboune, Ouyahia, avait affirmé qu’il allait rester fidèle à la ligne directrice du programme du président Bouteflika et dans la mise en œuvre de son programme. Une chose est sûre, le plan d’action du nouveau Gouvernement aura le feu vert du Président, qui aura, à se prononcer, demain en Conseil des ministres, sur cette nouvelle feuille de route.

Ouyahia croit en l’industrie automobile
Interrogé sur l’état de l’industrie automobile du pays, le chef de l’Exécutif a tiré à boulets rouges sur les voix pessimistes qui remettent en doute la possibilité de mettre en place une réelle industrie mécanique dans notre pays en affirmant que celle-ci «se limite au montage». Répondant à ces accusations, Ahmed Ouyahia a défendu les projets, d’ores et déjà lancés, en précisant que les pays développés sont eux aussi passés par cette étape. À cet effet, il a déclaré : «Le Japon et la Corée du Sud, qui sont les leaders mondiaux dans le domaine (de l’automobile), avaient débuté avec le boulon et le tournevis», avant de s’interroger : «Pourquoi sommes-nous aujourd’hui pressés en Algérie d’atteindre ce niveau ?». En outre, Ouyahia a écarté la possibilité de réviser le cahier des charges de l’industrie automobile. Au sujet de l’annulation du décret Exécutif relatif à l’application des régimes de licences d’importation, initié par son prédécesseur Tebboune, Ouyahia a répliqué que l’opération vise à «rendre à César ce qui est à César». Autrement dit, «les licences d’importations relèvent des prérogatives du ministère du Commerce et nous lui avons rendu cette tâche».

Un projet de loi sur le financement non-conventionnel
Par ailleurs, Ouyahia a fait savoir que le Gouvernement prépare un nouveau texte sur la monnaie et le crédit, qui sera lui aussi présenté incessamment au Parlement. Ce texte de loi porte sur l’encadrement juridique du financement non-conventionnel, comme choix édicté par le chef de l’État pour renflouer les caisses de l’État, sachant que l’option de l’endettement extérieur est exclue. D’ailleurs, à travers son discours d’ouverture de la session parlementaire, le président de l’APN, Bouhadja, a parlé d’un tel projet de loi en précisant que ce texte «pourrait être inscrit à l’ordre du jour en début de session en tant que question présentant un caractère d’urgence».
Lamia B.