CONGRèS EXTRAORDINAIRE DU FLN : La difficile reconstruction

Le Front de libération nationale (FLN) se prépare à tenir son congrès extraordinaire « dans les jours à venir», a annoncé récemment le nouveau dirigeant du parti désigné depuis deux mois, Mouad Bouchareb. Sur le terrain, la tâche s’annonce ardue, font observer plusieurs anciens ténors du parti. Il suffit de voir l’état de l’immobilisme de l’ancien parti unique après la dissolution de ses organes, y compris le comité central.
Désigné depuis novembre dernier à la tête du parti en tant que coordinateur de l’instance dirigeante provisoire du FLN, celui qui occupe également le poste de président de l’APN, Mouad Bouchareb, a lancé le chantier de l’organisation du congrès extraordinaire en vue de la «refondation du parti» pour le faire «revenir à sa ligne authentique». La date de ce congrès n’est toujours pas fixée, mais elle devrait intervenir «dans les jours à venir», a fait savoir lundi dernier le premier responsable du parti. Le FLN rassemble ses anciens militants, se reconstruit et se refonde. Mais, depuis la démission forcée» et pour le moins «surprenante» de Djamel Ould Abbès, la direction du parti a connu de grands aménagements : tous les organes dirigeants du parti ont été annulés avec la promesse de les remplacer par «un Comité exécutif» resserré, composé d’une trentaine de membres seulement. Il est vrai, le siège des «Six libres» d’Hydra vit ses dernières heures au rythme des sénatoriales (prévues ce samedi 29 décembre) avant de reprendre les consultations avec les anciennes personnalités dirigeantes du parti et poursuivre les efforts pour la tenue du congrès. Dans ce contexte, Bouchareb aurait bien du mal à respecter son délai avancé dans «quelques jours» pour reconquérir les militants du FLN et fixer une date pour la tenue du congrès extraordinaire. Pourquoi ? «Parce qu’avant d’arriver à organiser un congrès, il y a un énorme travail à accomplir. C’est très nécessaire, car un congrès doit répondre à un certain nombre de conditions», explique Salah Goudjil, sénateur FLN et cadre de longue date dans ce parti : «maintenant, les organes du parti sont dissous, y compris le comité central. Il faut donc tout reconstruire et pour reconstruire il faut du temps». Pour cet ancien coordinateur du mouvement de redressement du FLN en 2007, la tâche risque de prendre plusieurs mois : «S’ils commencent dès cette fin d’année [juste après les sénatoriales] à renouveler les kasmate et Mouhafadhate du parti, c’est-à-dire, redonner de la légitimité à la base pour pouvoir donner de la légitimité au congrès, cela demande au minimum entre 2 et 3 mois. Ce n’est pas du jour au lendemain». Pendant ce temps, Mouad Bouchareb avait entamé, depuis son arrivée à la tête du FLN, une série de rencontres avec des figures qui ont fait partie à un moment du FLN pour entretenir l’image d’un parti «unifié et rassemblé». Ainsi, depuis deux mois, Bouchareb essaye de constituer l’équipe la plus large possible, en convaincant un maximum de personnalités du parti afin d’officialiser leur ralliement à l’instar de Salah Goudjil, Abderrahmane Belayât, Abdelaziz Belkhadem et d’autres. Mais Bouchareb a suspendu ces rencontres le temps de la campagne que mène actuellement le FLN en faveur de ses candidats aux sénatoriales. «Les rencontres et les consultations vont se poursuivre», a affirmé Goudjil, qui a été parmi les premiers hôtes de Mouad Bouchareb.
Des profils des personnalités que Bouchareb s’apprête à recevoir dans les prochains jours ? Goudjil ne semble pas donner une grande importance à l’identité des personnes : «Bouchareb nous a consulté et demandé notre avis, chacun selon ce qu’il savait et son expérience au sein du parti, mais on a parlé du parti et non pas des personnes». Et quand on lui demande si Bouchareb prépare ces figures à de futures missions bien précises, Salah Goudjil relativise : «des personnes, on n’en parle pas, car si l’on parle de personnes maintenant on risque de ne pas sortir du problème. Ce qui nous importe avant tout c’est le parti».
Hamid Mecheri