Hanoune

Conditions de déroulement du scrutin législatif : Louisa Hanoune livre ses vérités

Fidèle à son discours, la patronne du Parti des travailleurs (PT), Louisa Hanoune, a dressé, hier, un tableau noir sur les conditions de déroulement des élections législatives du 4 mai dernier, lors de la réunion du Comité central du parti consacrée à l’évaluation des résultats du scrutin.
Dans son discours d’ouverture des travaux de cette rencontre, Louisa Hanoune évoque ce qu’elle qualifie d’une «fraude organisée» en faveur des partis proches du pouvoir, en l’occurrence, le FLN (Front de libération nationale) et le RND (Rassemblement national démocratique). La patronne de la formation politique de gauche n’a pas mâché ses mots, et accuse certains cadres du ministère de la Justice et de l’Administration publiques de «bourrage des urnes» et de «gonflage des résultats» du vote en faveur de l’ex-parti unique. Elle affirme, en ce sens, que «son parti a assisté à une situation inédite et loin de ressembler à celle vécue par son parti en 1997. Des cadres du ministère de la Justice et de l’Administration ont été directement impliqués dans le bourrage des urnes, et le gonflage des taux de participation ! Ce qui est inacceptable !», a-t-elle menacé. Pour la première responsable du PT, le taux de participation «réel» au précédent rendez-vous électoral n’a pas frôlé les 20%, et ce, contrairement aux résultats présentés par le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, confirmés, par la suite, par le Conseil constitutionnel. Selon les chiffres avancés par Hanoune, le nombre des voix exprimées lors du scrutin du 4 mai dernier est de 5 585 498. Elle constate une différence de 828 262 voix, entre les chiffres «réels» et ceux avancés par le Conseil constitutionnel. Pour ce qui est du déroulement des élections législatives, la patronne du Parti des travailleurs, estime que le régime en place tente de présenter une image idyllique portant sur le respect des principes démocratiques et le choix des électeurs dans l’élection de ses représentants au Parlement. Mais, le terrain a démontré une «réalité déplaisante». «C’est la première fois que des partis alliés au pouvoir introduisent des recours auprès du Conseil constitutionnel», a-t-elle constaté. Ce qui laisse dire que le Conseil constitutionnel fera face à une situation sans précédent, selon la conférencière. Louisa Hanoune ira encore très loin dans son énoncé. Elle remet en cause la légitimité du nouveau Parlement, mais sans pour autant présager un quelconque retrait de ses élus de la prochaine législature. «Le nouveau Parlement issu des élections du 4 mai porte un danger pour le devenir du pays et précipitera, également, la chute du régime en place», a-t-elle affirmé. Pour étayer ses dires, Louisa Hanoune évoquera la position adoptée par l’Armée nationale populaire, lors de ces élections, un message qui exprime «le refus de l’instrumentalisation» de l’Institution sécuritaire. Une position qui, selon la cheftaine du parti trotskiste, marque un nouveau tournant qui donnerait lieu à une reconfiguration et un changement dans l’architecture politique du pays. «Le vote nul des militaires constitue un nouveau tournant qualitatif. Une nouvelle situation qui s’ouvre. Elle fait partie des processus politiques séparés qui feront jonction avec les luttes sociales», a-t-elle interprété le message de l’Institution dirigée par Gaïd-Salah. Enfin, revenant sur la déclaration du ministre de la Justice, garde des Sceaux sur le lancement d’un débat national portant sur l’immunité parlementaire, la patronne des travailleurs s’est dite partager cette vision, pour peu qu’une telle initiative, qu’elle qualifie de «volonté politique», soit suivie d’effet immédiat et non pas un «replâtrage».
Abdellah Bourim