Ould Abbes

Composante du prochain gouvernement : Ould Abbès ferme le jeu

Le choix de la nouvelle équipe gouvernementale sous la conduite du Premier ministre Abdelmalek Sellal, qu’on dit maintenu dans son poste, constitue un véritable casse-tête. Le chef de l’Exécutif doit convaincre et rassembler toutes les tendances politiques pour former un gouvernement consensuel, tant espéré, mais difficile à constituer dans un climat marqué par des relations tendues entre les différentes composantes de la classe politique.
Et pour cause, la divergence des points de vue des leaders des partis en raison de leurs différents parcours politiques et leur poids sur le terrain. En effet, avant la confirmation des résultats définitifs du scrutin du 4 mai, par le Conseil constitutionnel, Djamel Ould Abbès, secrétaire général du FLN, sorti victorieux avec une majorité à l’Assemblée nationale, précipite le pas et enflamme le débat. Le chef de l’ex-parti unique estime, que les postes de Premier ministre et de président de l’Assemblée nationale reviennent de droit au parti majoritaire, mais il dit qu’il respecte le choix du président de la République. « Certes la décision finale revient au président de la République. Mais, la logique fait que le Premier ministre et le président de l’APN devront être issus du FLN et la nouvelle composante du prochain gouvernement serait obligée d’appliquer le programme du président de la République qui est également le premier responsable du parti», a-t-il relevé hier dans les colonnes du quotidien arabophone «El Khabar» . Ould Abbès ira même jusqu’à suggérer aux partis politiques désirant joindre le nouveau gouvernement de mettre en phase leurs programmes avec celui du chef de l’État. «Chaque parti désireux de rejoindre le nouveau gouvernement doit converger son programme avec celui du Président», a-t-il souligné. Une annonce qui résonne mal dans l’oreille de certaines formations politiques, notamment, le MSP (Mouvement de la société pour la paix), troisième force politique au sein de la nouvelle Assemblée, dont son président Abderrazak Makri a exprimé son refus catégorique d’intégrer la nouvelle équipe gouvernementale.
Pour ce qui est des voix qui se sont élevées ces derniers jours et réclamant sa tête, Djamel Ould Abbès répond à ses détracteurs, qu’ils soient à l’intérieur ou à l’extérieur de sa formation politique, en évoquant ses « liens d’amitiés » et « sa proximité» avec le président de la République. Une formule magique, qui, une fois prononcée, mettra fin à toutes critiques et contestations au sein du parti, comme ça a toujours été le cas, faut-il le rappeler. Un message, on ne peut plus clair, du reste, adressé crument aux redresseurs. Ould Abbès s’est dit victime d’une « campagne de dénigrement menée par certains cadres de l’intérieur du FLN» dans un clin d’œil à la fronde des redresseurs, conduite par Belayat qui, selon Ould Abbès, est à « l’origine de la polémique sur son passé révolutionnaire», et la publication des «rumeurs sur l’implication de son fils dans des affaires de corruptions liées à la préparation des listes des candidats FLN », a-t-il accusé. L’ex-ministre de la Solidarité nationale ne s’est pas arrêté là, puisqu’il a invité tous ceux qui ont «à leur disposition des preuves tangibles incriminant son fils de les lui apporter». Mais, à ne surtout pas recourir à la justice!, entendre. Des révélations qui, selon Ould Abbès, visent la déstabilisation du parti, dont les initiateurs s’«opposent à tout changements, et œuvrent pour le maintien de l’archaïsme du passé».
Pour lui, seule le «succès» réalisé par le parti lors du dernier scrutin pourront témoignes de «grands efforts consentis par la direction du parti», et qui ont été sanctionnés par des résultats «honorables» en permettant à sa formation politique de conserver sa place de la première force politique à l’APN. Enfin, dans une nouvelle tentative de ressusciter la polémique qui a marqué la campagne électorale, entre le FLN et le RND, Ould Abbès ouvre le feu, une nouvelle fois, sur Ahmed Ouyahia, Chef du Rassemblement national démocratique (RND), à qui il reproche son ambition pour l’occupation du poste de président de la République. « La santé du Président est en amélioration constante et celui qui veut ce poste n’a qu’à attendre les élections présidentielles de 2019», a-t-il recommandé à celui ou celle qui aspirent aux commandes du pays.
Abdellah Bourim