PH. ETUDIANTS

COMMUNAUTÉ ESTUDIANTINE À TRAVERS LE PAYS : Le 2e sit-in de Ramadhan s’annonce mobilisateur

Aujourd’hui, c’est le deuxième mardi de la mobilisation de la communauté universitaire depuis le début du mois sacré. Avant la 13e marche populaire citoyenne pacifique, à travers le pays, vendredi prochain, pour réaffirmer  le départ des figures du système en place et l’édification d’un État de droit, les étudiants et enseignants sont  déterminés à occuper pacifiquement, en ce 9e jour du mois sacré, de jour, aux mêmes horaires qu’avant Ramadhan, les lieux et les espaces publics simultanément à travers le pays, dont la Grande-poste, au cœur de la Capitale.

Ce mardi s’annonce davan tage mobilisateur que celui de son précédent, durant lequel les étudiants ont ouvert le bal des marches ramadanesques et ont démontré que ni le jeûne, ni la chaleur, n’étaient des obstacles.
D’ailleurs pour le rendez-vous d’aujourd’hui, l’appel d’une importante mobilisation était déjà en ligne, hier, sur l’espace bleu, (facebook), au moment où nous mettons ces lignes sous presse.
Les étudiants attendaient aussi, « le feu vert de la part des robes noires», soit les magistrats et les avocats pour les appuyer durant leur Sit-in «pour faire pression», selon leurs termes.
À la Capitale, le rendez-vous verra la participation des étudiants et de leurs enseignants comme de coutume, des différentes universités, écoles supérieures et instituts d’Alger avec d’autres établissements universitaires tels ceux de Boumerdès, Tizi-Ouzou ou de Blida, et «la marche débutera à 10h et sera clôturée, à 13h 30 par l’Hymne national,» est-il précisé sur une page dédiée au Hirak du monde universitaire.
Une mobilisation estudiantine qui s’annonce également mieux organisée au vu des consignes données et partagées, à cet effet, sur les réseaux sociaux, pour n’en citer que celles-ci : «éviter les repas lourds au s’hour», «portez des cassquettes afin d’éviter les coups de soleil », et « apporter un maximum de drapeaux pour faire de l’ombre.»
Pour le rendez-vous de ce mardi, un nouvel itinéraire à été décidé par les organisateurs activant sur les réseaux sociaux, rappelons-le, après que les étudiants furent, à maintes reprises, empêchés par les forces de l’ordre de suivre leur ancien circuit habituel: le parcours, entre la Grande-Poste et la Place Maurice Audin.
Le nouvel itinéraire est le suivant : de la Grande-Poste en passant par le Parc Sophia, siège de la Wilaya d’Alger. Selon les acteurs du monde universitaire, à travers les réseaux sociaux, cette journée sera marquée par une autre soif que celle du jeûne : «celle du changement», comme nous l’a affirmé hier, un étudiant, précisant qu’«elle ne sera pas étanchée tant que les tenants de ce pouvoir ne partent pas.»
Une déclaration qui réaffirme la détermination de cette jeunesse du savoir et de la connaissance, qui ne cesse de forcer le respect, par leur maturité et leur prise de conscience, depuis le 26 février historique, jour de leur première action de protestation à se rassembler aujourd’hui, de façon sans nul doute, davantage organisée, pour marcher pacifiquement et scander, haut et fort, leurs revendications légitimes, tout en portant vers le ciel les couleurs nationales, quand elles ne sont pas portées sur leurs dos.
Une étudiante nous dira en lançant, à l’adresse d’Abdelkader Bensalah, président par intérim, sans le citer, que «la communauté universitaire demeure une partie prenante de la dynamique du mouvement citoyen populaire pacifique que connaît le pays, et ce 12e mardi de mobilisation estudiantine se veut être, le mégaphone des milliers d’Algériens et d’Algériennes qui sont aux rendez-vous des vendredis, et qui ont d’ores et déjà voté!» et de préciser que «le vote légitime populaire s’est déroulé le 22 février historique.»
Plus loin, elle ajoute que « le peuple réclame l’activation de l’article 7, et il  veut choisir son gouvernement de transition» Une autre nous a indiqué que «le peuple réclame le départ des 3 B ; à savoir : Bensalah, Bedoui, Bouchareb» et « Kamel Feniche nommé à la tête du Conseil contitutionnel, en remplacement de tayeb Belaïz». «D’ailleurs, ce dernier» poursuit-elle, «est un remplacant et un fidèle serviteur du système.»

Une action pour marquer le 19 Mai 1956
Enfin, il y a lieu de noter que les étudiants multiplient les réunions et les débats ces jours-ci en vue de faire de la journée du dimanche prochain, un rendez-vous inoubliable, comme nous l’a affirmé hier, un étudiant de l’Université   des Sciences et de Technologies, Houari Boumedienne (USTHB) de Bab Ezzouar, qui nous a expliqué que « cette journée coïncidera avec la célébration de l’historique date du déclanchement de la grève générale illimitée le 19 mai 1956. »
Cette dernière, rappelons-le, symbolise la lutte des étudiants pour la Libération nationale.
Notre source nous a affirmé qu’à l’image des mardis « il sera très envisageable que des marches se déclencheront dimanche prochain, simultanément à travers le pays, pour célébrer la date à la mémoire de Abderrahmane Taleb, et Maurice Audin, le mathématicien algérien, d’origine français.»
Mohamed Amrouni