TIZI OUZOU CET OUVERTURE

Collecte des déchets ménagers : Un besoin de 31 milliards DA

L’Algérie aurait besoin de se doter de 58 millions de bacs à ordures, soit un investissement de 31 milliards de DA, pour mobiliser le gisement de déchets ménagers à travers le pays. C’est du moins ce qu’a affirmé, hier, le directeur général de l’Agence nationale des déchets (AND), Karim Ouamane, qui intervenait dans le forum organisé par le journal “El-Moudjahid”.

«L’Algérie produit 22,94 millions de tonnes de déchets par an, dont 11,5 millions de tonnes de déchets ménagers et 11 tonnes des déchets inertes», a avancé le responsable, tout en affirmant qu’une bonne gestion des déchets permettrait de générer 38 milliards de DA par an. Mais pour ce faire, Karim Ouamane a fait savoir que l’Algérie doit débourser la coquette somme de 31 milliards de DA, rien que pour les bacs à ordures ménagers. En effet, les déchets ménagers représentent 50% de l’ensemble des déchets, ce qui implique davantage d’efforts. Détaillant la stratégie nationale de gestion des déchets, pilotée par l’AND et mise en place depuis 2002, à la faveur du décret exécutif 02-175 du 20 mai 2002, l’intervenant a expliqué que «la gestion intégrée des déchets passe par plusieurs maillons, à savoir la collecte, le regroupement, le traitement et la valorisation pour, enfin, arriver au traitement final». Cependant, la «conception des choses en Algérie se limite pour l’heure qu’aux deux premières étapes, en l’occurrence la collecte et le regroupement». D’autre part, l’hôte du forum El-Moudjahid a fait savoir en chiffres que le citoyen algérien produit en moyenne 310 kg de déchets par an, dont 95 kg recyclables et 225 kg de matière organique. Toutefois, il dira que, en dépit du grand travail qui reste à effectuer, les Algériens commencent à prendre conscience de l’importance de la gestion des déchets.
S’agissant de l’épineuse question du foncier, Ouamane a fait savoir que le pays a besoin de mobiliser 400 hectares par an, dont 260 ha pour la bande côtière, afin de pouvoir gérer cette quantité croissante en déchets.
S’agissant de la nouvelle campagne adoptée par l’AND en direction des fonctionnaires, l’intervenant a fait savoir qu’une campagne a été lancée dans les administrations algériennes, depuis 2014. Sur deux ans, l’AND a pu collecter 150 000 tonnes de papiers. Mais le plus effarant, selon lui, est de savoir qu’un seul fonctionnaire dépense 2 800 DA/an pour le papier. Pour y remédier, il dira qu’un travail de sensibilisation est indispensable afin de réduire la consommation. Abordant le sujet des déchets hospitaliers constitués de déchets manager assimilés, déchets spéciaux et inertes, entre autres les déchets anatomiques et toxiques, l’interlocuteur a révélé que son institution est en train de «préparer un manuel pour la gestion qui permettra une gérance plus efficace des déchets produits par les hôpitaux».

80 % de la récupération passe par l’informel
Constatant une augmentation dangereuse de déchets d’emballage, le même responsable n’a pas manquer de signaler que «80% de la récupération se fait par des canaux informels». Pour lui, il est nécessaire d’intégrer les récupérateurs informels et leur permettre d’exercer leurs métiers légalement. Par ailleurs, s’agissant des avancées enregistrées, depuis l’an 2000 à ce jour, il dira que l’AND a réalisé 164 installations d’enfouissements, 54 installations de stockage de déchets inertes, et éradiquer 2 000 décharges anarchiques sur un total de 3 200. Sur la lancée, il annoncera qu’un “partenariat avec l’université pour la mise en place d’un master professionnel dans la gestion des déchets à Blida et Constantine le projet est en cours de maturation». L’autre segment abordé par le DG de l’AND est l’adoption du principe pollueur-payeur. il expliquera à ce sujet qu’«en sus de la taxe imposée aux ménages sur leurs déchets, les autres secteurs pollueurs (industrie, commerce, administration et autres) doivent également payer pour assurer une meilleure gestion de celle-ci». Pour ce faire, «le dispositif ECO JEM, qui est un système public de traitement des déchets d’emballage, s’occupera de l’opération. Les pollueurs seront soumis à des taxes qui permettront le financement de l’ECO JEM», a-t-il argué.
Lamia Boufassa