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Cinq partis pour deux alliances « électorales » : Quel avenir pour les islamistes ?

Longtemps dispersés et minés par les dissidences internes, les partis islamistes, regroupés au sein de deux conglomérats, ont pu marquer la diffé- rence avec les autres courants politiques, tel que l’ont montré les résultats de l’urne des législatives 2017. Néanmoins, pourraient-ils tenir longtemps ? et jusqu’à quand ? L’expérience de l’Alliance de l’Algérie verte lors des législatives de 2012 semble un exemple à suivre pour le courant islamiste. Arrivé en troisiè- me position tout juste derrière les partis du pouvoir (FLN et RND), l’Alliance MSP a néanmoins mieux fait que sa compère, notamment l’Union pour Ennahda, El-Adala et El-Binaa. Alors que les regards de tous les partis politiques sont orientés vers la décision finale que devrait rendre le Conseil constitutionnel au sujet des recours introduits par les formations et candidats s’estimant lésés, les leaders de la mouvance drivée par Abdallah Djaballah envisagent toutes les options possibles visant à une cohabitation «familiale» au sein de l’APN. Ainsi, une seule et unique alliance politique rassemblant tous les partis d’obédience islamiste et sous la même bannière est une initiative chère à Djaballah. Du moins, tel que l’a fait croire l’un des cadres du désormais FJD, Lakhdar Benkhellaf, à savoir. Lors de la rencontre qui a vu sellé le projet de l’Union pour Ennahda, El-Adala et ElBinaa, le caractère de continuité de cette alliance est mis en avant alors que des observateurs estiment que c’est étroitement lié aux élections législatives de 2017. Mais, Benkhellaf, également député sortant, a justifié la décision de participer dans ces législatives par «un souci de créer une résistance politique pour mettre à nu les fausses politiques adoptées par le gouvernement». Désormais, cette coalition se tourne vers l’autre alliance conduite par Makri et Menasra. «A l’heure actuelle, entamer un dialogue avec l’Alliance MSP est possible. Il s’agit de constituer une seule alliance. Nous avions entamé les pourparlers par le passé et nous tenons à le rappeler aujourd’hui», a recommandé Benkhellaf, contacté hier à l’effet de connaitre son avis sur la question. Mais, aujourd’hui, l’union pour Ennahda, El-Adala et El-Binaa aspire à une coopération beaucoup plus consolidée que la concertation au niveau des groupes parlementaires. «La première fois qu’on a formé notre alliance, on était seulement deux partis, Ennahda et le FJD. Après, on est devenu 3 avec l’adhésion d’El-Binaa. Nous sommes une alliance politique et stratégique. Autrement dit, le projet vise à former une seule alliance à l’avenir. Les portes sont ouvertes aux partis politiques et les personnalités du même courant et ceux et celles qui partagent le même programme», a-t-il expliqué. Quant à un probable regroupement au sein de la future législature, Benkhellaf dit que la priorité est accordée aux recours introduits par son alliance au Conseil constitutionnel. À présent, «aucune chose n’est sûre. On va travailler comme on a travaillé durant la législature écoulée et on va continuer à proposer des initiatives parlementaires, telles que la constitution de commissions d’enquêtes ou des propositions de textes de lois», a-t-il fait remarquer. Irait-on vers un conglomérat islamiste plus solide au sein du prochain parlement ? Les islamistes semblent tempé- rer leur action et préfèrent attendre pour voir clair.

Hamid Mecheri