Ouyahia

Chômage, ralentissement de la croissance, prix du baril, pénuries d’eau et El Hadjar : Les défis immédiats du gouvernement

Dure, dure sera cette rentrée sociale 2017. Et pour cause ! Plusieurs donnes, pas du tout bonnes, sont venues s’enchainer pour le nouveau gouvernement et exigent véritablement des efforts supplémentaires pour y faire face, à un moment où la récession économique ne permet qu’une maigre marge de manœuvres.

Les prix du baril à l’international ne connaissent pas d’embellie. Au contraire, ils sont en train de faire un pas en avant, puis deux pas en arrière. Au final, Ouyahia devrait programmer un prix à 40-45 dollars pour tomber sur son compte concernant la loi de Finances 2018. Ce qui est visiblement très fragile comme appui pour sortir l’économie de sa léthargie.
Le plan d’action qu’Ouyahia devra présenter devant l’Assemblée nationale, dans 10 jours, sera marqué par le sceau de l’austérité. Plusieurs tours de vis seront nécessaires pour ralentir la fonte rapide des réserves de change, et une action rigoureuse du commerce extérieur devrait intervenir pour réglementer des importations non prioritaires ou carrément superficielles.
Conséquence d’un état de fait où l’État n’offre plus de travail pour les jeunes et les diplômés, l’Office national des statistiques (ONS) annonce des chiffres inquiétants, qui renseignent sur une perspective obstruée sur ce plan-là. En effet, le taux de chômage est en forte hausse, à 12,3% en avril 2017 contre 10,5% en septembre 2016.
Le rapport publié par l’ONS confirme la diminution des commandes publiques, la baisse du volume de l’emploi entre septembre 2016 et avril 2017 ayant surtout touché le secteur du BTP avec un solde négatif de 91 000 personnes, ainsi que le commerce, les services et l’administration publique (un solde négatif de 84.000). En revanche, un solde positif a été enregistré par l’ONS pour le secteur de l’agriculture (63.000) et l’industrie (36.000) comparativement à septembre 2016.
Pour rappel, le FMI et la Banque mondiale prévoyaient une hausse sensible du taux de chômage en Algérie en 2017 et en 2018, bien que le gouvernement algérien, par la bouche du ministre des Finances de l’époque, Hadji Baba Ammi, jugeait ces prévisions «exagérément pessimistes». Une hausse attendue en raison du ralentissement sensible de la croissance économique, disaient les rapports publiés des deux organismes monétaires mondiaux.
Comme si tous ces soucis n’étaient pas suffisants, la wilaya de Annaba connaît une pénurie d’eau due au (presque) tarissement des barrages de la région. Les deux barrages en question – Cheffia et Bougous – ont connu une forte baisse de leur niveau de stockage au point qu’ils ne sont plus exploitables, avec toutes les conséquences fâcheuses de cette pénurie du liquide vital sur les populations de cette wilaya qui en appellent à une solution urgente.
Conséquence de cette baisse du volume d’eau, le complexe sidérurgique Sider El-Hadjar d’Annaba connaît à son tour une «nette baisse» de production et le haut fourneau risque d’être «mis en veille dans quelques jours faute d’approvisionnement en eau», disent les responsables d’El Hadjar. Là encore, l’impact négatif sur l’activité du géant de la sidérurgie nationale mérite d’être cité.
Ceci n’est en fait que la face cachée des soucis auxquels doit faire face le gouvernement Ouyahia, dans un contexte économique exagérément défavorable.
F. O.