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CHEIKH BELAHMER POIGNARDÉ A MORT DANS SA MAISON : L’étrange crime crapuleux de Relizane

Abou Muslim Belahmer, Raki et guérisseur de 52 ans, adeptes des plateaux de télés et célèbre par ses méthodes peu-conventionnelles pour l’exercice de la Rokia, suscitant l’indignation de beaucoup de ses homologues, a été poignardé à mort, à l’aube de la journée d’hier.
Belahmer, rendu célèbre suite à son titre de «Raki des Verts» et son voyage avec les joueurs de l’Équipe nationale de football et bataille gagnée contre l’Égypte à Oum Dourman (Soudan), a été tué chez-lui, dans la wilaya de Relizane. Le malheureux cheikh a été froidement assassiné par des inconnus à l’aide d’une arme blanche. Selon les services de police, qui ont ouvert une enquête sur cette affaire, des inconnus se seraient introduits aux environs de deux (2) heures du matin, hier, dans la maison de la victime avant de la surprendre en l’attaquant à l’arme blanche. Aucun suspect de ce meurtre n’a été encore appréhendé à l’heure où nous mettions sous presse.
Le directeur de l’établissement public hospitalier de Relizane, où la victime a été évacuée, a affirmé dans des déclarations à la presse, que Belahmer a succombé à ses blessures avant son arrivée à l’hôpital. Selon le même responsable, Belahmer, né le 16 janvier 1967, est arrivé à l’hôpital vers 2H 16 minutes. Les médecins n’ont pas pu le sauver, car la victime était déjà morte, ont constaté les médecins qui l’ont accueilli. Le défunt a reçu plusieurs coups à l’arme blanche (au poignard) dans différents endroits de son corps ; dans les parties antérieures et inférieures et aussi au niveau du cœur, a souligné le directeur de l’hôpital.
La nouvelle de l’assassinat de Belahmer, rendue publique dès les premières heures d’hier, a suscité l’indignation dans sa ville natale à Relizane, mais aussi à travers le pays. Sa famille a été sous le choc et aucun n’a pu avancer des hypothèses sur l’identité des assassins et le mobile de ce crime ignoble. Dans ses déclarations aux médias, le fils de la victime, Hadj Belahmer, a révélé des éléments sur la scène du crime. Selon lui, vers 2 heures du matin, un individu frappa fort dans la porte de la maison et son père, qui dormait, s’est levé pour ouvrir la porte. Dès qu’il l’a fait, il a été chargé par l’assassin avec quatre coups de poignard à la poitrine, ne lui laissant aucune chance de survivre. « Que Dieu me suffit. Que Dieu accorde au défunt Sa sainte Miséricorde et l’accueille en Son Vaste Paradis. Je demande à tous les Algériens de prier pour lui », a indiqué le fils de la victime sous le choc.
Le 2 décembre dernier, la victime Belahmer a diffusé sur les réseaux sociaux une vidéo, où il a dénoncé et condamné un saccage du centre de soins « Bacha’ir echifaâ », un établissement qu’il avait fondé pour exercer la médecine populaire et la Rokia et conçu avec un design d’une clinique médicale moderne. Ce centre a accueilli beaucoup de «patients» en provenance de l’ouest du pays notamment, vu la renommée dont jouissait le défunt. Ses interventions sur les chaînes TV et ses pratiques de la Rokia controversées, où il se filmait en train de parler à des esprits démoniaques, lui ont valu des salves de critiques des autres hommes de guérisseurs religieux, qui l’ont accusé même d’ « hérésie » et de « déviation des préceptes de la Religion ».
La famille de Belahmer a rediffusé hier cette vidéo, où il s’engage à la fin de cette séquence de cinq minutes de « reconstruire ce centre et le rendre comme avant ». Pour certains observateurs, Belahmer pourrait être « victime de son succès » – la Rokia est un moyen de guérison mais aussi de gaund’argent facile en si peu de temps – et de « vengeance » de la part de ses concurrents, en mettant fin à ses jours tragiquement. Répondant à ses plaintes contre Belahmer, les autorités publiques ont procédé à plusieurs reprises à la fermeture de ce centre de Rokia sous prétexte qu’il enfreint les recommandations religieuses. Mais Belahmer, s’appuyant sur «des connaissances», a pu à chaque fois le rouvrir. L’ancien député de Relizane et ex-conseiller au ministère des Affaires étrangères, Adda Fellahi, a estimé, sur sa page Facebook, que le cheikh Belahmer a pu en un peu de temps braquer sur lui les projecteurs des Algériens jusqu’à en exercer « une autorité spirituelle sans égale pour ses compères ».
Fellahi a qualifié Belahmer de «Raspoutine algérien», référence au guérisseur et voyant russe, réputé très proches des palais impériaux des Tsars russes, et assassiné dans des circonstances qui restent encore non élucidées. « Des dignitaires, riches et hauts cadres de l’État frappent tous à sa porte pour chercher une Rokia. Il en ressort que cet homme a pu tisser de très forts liens avec le monde de la haute classe », a expliqué Adda Fellahi. « Bien évidemment, cette situation l’a rendu connu, riche et influent. Mais en même temps, elle lui a créé beaucoup d’envieurs et de concurrents qui veulent sa place. J’ai toujours attiré l’attention sur ce monde de la Rokia, gangrené par le charlatanisme, escrocs, poussant les frontières au-delà du rationnel », a-t-il ajouté.
Hamid Mecheri