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Changements politiques en vue après les résultats des législatives : Bouteflika mis dans l’embarras

Ce ne sont certainement pas les résultats que le président Bouteflika souhaitait, lui qui est intervenu personnellement pour booster des législatives poussives. Et c’est beaucoup plus le peu d’adhésion populaire, et non pas le score obtenu par le FLN ou le RND, qui sera à l’origine de sa gêne politique. Le verdict des urnes a été glacial, embarrassant, gênant, décevant pour un Président qui n’aime travailler que lorsque le peuple adhère largement et lui donne pleins pouvoirs pour légiférer, ordonner et décider. On l’a vu lors de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, la très large adhésion nationale lui avait donné de larges prérogatives pour aller dans toutes les directions. Mais là, c’est maigre, émacié, famélique, pas de quoi penser à l’aise. Des changements devraient avoir lieu. À commencer par le changement de gouvernement, comme il est de coutume après chaque législative. Sellal sera-t-il remplacé ? Ou conforté dans sa débauche d’énergie toutterrain ? Et à la présidence de l’APN, qui sera le successeur à Larbi Ould Khelifa ? Le recul du FLN par rapport à 2012 lui permet-il encore de demeurer hégémonique au gouvernement ? L’avancée du RND lui ouvre-t-elle les portes d’une plus ample représentation politique et des ministres plus nombreux au gouvernement ? Le retour des islamistes au gouvernement sera-t-il un dosage judicieux ou au contraire un mélange explosif ? Et puis enfin, la question des questions, comment trouver la parade face à la majorité silencieuse, qui rejette cette Assemblée, car elle est importante, et faudrait-il en tenir compte ? Telles sont les questions qui se posent à longueur de lignes lorsque le Président prendra des décisions les prochains jours. Plus de 60% des Algériens refusent que le Parlement issu des élections de ce 4 mai les représente. Que fera le Président ? Permettra-t-il à une minorité de légiférer en lieu et place de la majorité, qui, elle, est absente volontaire du débat politique ? Décidera-t-il par ordonnance, lui qui a les pleins pouvoirs pour le faire ? Cela fait beaucoup de questions alors que le temps imparti à trouver les réponses correctes est infime. Dissoudre purement et simplement l’Assemblée nationale est tout à fait invraisemblable dans l’ordre actuel des choses. Mais lui donner aussi les pleins pouvoirs est tout aussi invraisemblable. Le désengagement des citoyens a été un coup de gifle donné à la classe politique toute entière, on l’a vu. Dans un contexte de récession financière due au tarissement des rentrées en devises, le citoyen a la tête plus dans le décompte de sa poche, à la veille du Ramadhan, que dans l’analyse d’une législative qu’il n’a pas porté dans son coeur. Le Président prendra en ligne de compte la « démission » du citoyen face à la classe politique. F. O.