Alliance MSP-FC

Candidat tête de liste MSP à Alger : Menasra craint une fraude électorale

Le spectre de l’abstention, lors des législatives du 4 mai, ne fait pas peur à l’Alliance du Mouvement de la société pour la paix (MSP). Pas plus qu’il ne craint en tout cas une fraude électorale et l’«intrusion» de l’administration en quelque sorte. C’est du moins ce qu’a avancé, hier à Alger, le candidat qui coiffe la liste du MSP dans la Capitale, Abdelmadjid Menasra en l’occurrence, à l’issue d’une rencontre, l’ayant regroupé avec des membres d’une délégation d’observateurs européens, tenue au siège de son parti à Ouled-Fayet. «Le phénomène de fraude électorale demeure notre principale préoccupation», a-t-il formulé ses craintes, en prévision de l’organisation du prochain scrutin prévu le 4 mai. En revanche, «l’abstention ne nous fait pas peur car le peuple est libre d’aller voter ou bouder les urnes», a poursuivi le chef du FC (Front du changement) qui s’est lancé dans un projet électoral commun avec son homologue du MSP, Abderrezak Makri, à la faveur d’une fusion de leurs formations politiques respectives. Le responsable du parti islamiste pointe du doigt l’administrion, dont il appréhende un probable «parti pris» au courant du processus électoral. «Nous craignons l’intervention de l’administration dans les résultats du scrutin», s’est-il inquiété, d’emblée. S’agissant de sa propre évaluation du taux de participation aux prochaines joutes électorales, Menasra le situe entre 30 à 40%. Une estimation qu’il dit, toutefois, «acceptable», car «quelques indicateurs sur une probable fraude sont perceptibles. Un état de fait qui explique la réticence des citoyens face aux choix d’aller, ou pas, voter», a posé comme argument le leader islamiste. Tel est le constat qui fait dire à Menasra que les prochaines élections ne seraient pas «totalement transparentes», a-t-il davantage posé le doute, sachant qu’il n’a cessé, depuis quelques mois, de véhiculer comme message.
À ce titre, même la mise en place d’une instance de surveillance des élections (Hiise) à savoir, ne dissipe pas pour autant ses doutes. Pour lui, l’Instance dirigée par Abdelwahab Derbal, n’est pas dotée d’un statut lui permettant l’organisation «indépendante et souveraine» du processus électoral en cours. Encore moins, insiste Menasra, disposer de prérogatives conformes aux standards internationaux en cours. En dépit de ce constat; pour le moins amer, le chef du FC refuse le pessimisme, autrement dit, adopter une démarche «radicale», allusion faite aux partis ayant choisi l’option du boycott. «Nous allons vaincre la fraude par la participation, car nous sommes des militants et nous n’allons pas se contenter du simple rôle d’observateurs sur la scène politique», a-t-il réitéré sa position politique. «À l’Alliance MSP, nous allons œuvrer pour la concrétisation des engagements du président de la République, en matière d’organisation d’élections crédibles et propres. Nous veillons qu’il en soit ainsi au niveau de tous les centres et bureaux de vote. On va compter sur nous-mêmes et aussi sur la coordination entre les autres partis politiques pour garantir la surveillance des élections. L’objectif étant de parer à toute tentative de fraude», a expliqué Menasra la démarche de terrain qu’il compte adopter le 4 mai prochain. Toute en estimant que l’Algérie est un pays sûr et stable, malgré la situation critique prévalant dans la région, Menasra a considéré que le «discours sécuritaire est dépassé par d’autre préoccupations socioprofessionnelles des citoyens», se démarquant, ainsi, de ses concurrents, notamment les partis qui gravitent autour du pouvoir. «La priorité c’est le développement du pays. L’Algérie a fait d’énormes avancées en matière de sécurité, grâce aux sacrifices consentis par les différents corps de sécurité. Mais, aujourd’hui, le citoyen est préoccupé par la situation professionnelle et son vécu quotidien. Il craint l’accentuation de la crise économique. Et, surtout, ses répercussions plus graves face au recul des prix du pétrole», a-t-il analysé. Revenant sur la visite de la mission d’observateurs de l’UE en Algérie, Menasra a estimé que cette mission est importante uniquement aux yeux des Européens «qui ont toujours intérêt à ce que l’Algérie reste un pays stable politiquement». «Nous sommes un partenaire fiable. L’Algérie est le premier fournisseur de gaz à l’Union européenne. La crise en gaz à laquelle sont confrontés actuellement les pays de la rive nord les pousse à s’inquiéter de la stabilité de l’Algérie et à la pérennité de ses engagements pour l’approvisionnement en énergie», a encore souligné le candidat du MSP.
Hamid Mecheri