Election

Campagne électorale des législatives : Vivement la fin !

Quel est donc ce vent de lassitude qui souffle sur cette campagne électorale des législatives du 4 mai, où selon l’avis de nombreux observateurs, les discours ambiants développés ça et là durant les meetings, apanage des chefs de partis et autres candidats à la députation n’emballent personne, hormis les affidés des formations en lice dans cette course au Parlement ? Tout compte fait, et au dixième jour de cette campagne, tout a été dit ou presque sur les intentions des uns et des autres, a promettre de faire ceci et cela au cas où les électeurs voteront pour eux. Sauf que, la visibilité de leurs programmes reste encore à parfaire, tant que les discours s’avèrent longs et creux. Disons le tout de suite, des dissertations désuètes, dès lors que, et à s’interroger, comment s’engager à régler par exemple le problème du chômage qui touche de plein fouet particulièrement la plus grande frange de la jeunesse. Promettre logement, eau, gaz et électricité aux citoyens, c’est une autre inadvertance qui fait rire les plus avertis.
Pour cause, selon la définition, un député est un élu dont le mandat est valable pour une période donnée, qui, à l’Assemblée nationale, participe au travail législatif, et celui du «contrôle de la gestion du gouvernement». Ce que les «illustres», parmi des députés sortants et ceux qui aspirent à un siège à la prochaine assemblée ne semblent pas encore assimiler. Donc cette campagne qui s’égrène presque à huis clos, tant que beaucoup de partis n’arrivent pas à remplir un auditoire digne de ce nom au niveau des salles et autres espaces réservés pour la circonstance, hormis ceux qui ont les moyens. Et c’est connu, ceux-là ramènent par bus des contingents de jeunes et moins jeunes, pour leurs meetings, à partir d’autres contrées et communes pour faire croire qu’ils ont conquis la base, et se prévalent d’être la première, la deuxième ou la troisième force politique du pays. Cela dit donc, la campagne électorale, s’est déjà essoufflée et présente à ne pas s’y tromper des signes de faiblesse, et les jours qui restent pour sa clôture officielle constituent à s’y méprendre un véritable «purgatoire» pour les animateurs de ces rencontres.
Autrement dit, chefs de partis ou candidats en lice engagés dans ces élections, car, la campagne en elle-même n’accroche plus personne hormis les formations politiques présentes sur le terrain. Ce désintéressement des électeurs à la chose politique ne date pas d’aujourd’hui, du moment que les Algériens ont compris qu’au fil de chacune des élections et mandats successifs, cela n’a pas changé vraiment le cours de leur existence, si ce n’est en pire. Ils assistent médusés à la détérioration de leur pouvoir d’achat au moment où les pouvoirs publics semblent jusqu’à preuve du contraire dans l’incapacité de freiner cette spirale de la hausse des prix des produits alimentaires. Ce n’est donc pas ces élections en particulier qui vont changer le cours de leur vie, estiment beaucoup d’électeurs. Donc, entre promesses électorales et discours surréalistes, qui s’apparentent complètement en déphasage avec la réalité sociale que vivent les Algériens.
Le ras-le-bol des électeurs est plus que tangible. Alors, entre promesses des uns et des autres et les appels incessants au vote massif des électeurs, les attentes des citoyens focalisent sur la mise en place d’une véritable édification d’un Etat de droit, la moralisation de la vie publique et un bien-être pour tous, loin des égoïsmes ravageurs.
Devant ce constat, gageons de dire : vivement la fin de la fin de cette campagne électorale qui ne recèle pas un semblant de surprise, encore moins apporter du nouveau en matière d’alternatives économiques ou autres, à plus forte raison que tout se joue au conditionnel dans le discours des candidats. «Si vous votez pour nous, nous ferons ceci et cela…». Autrement dit le commun des partis en lice fait dans la surenchère, sauf que ces partis oublient que leurs discours s’avèrent caducs et dépassés par le contexte. Secundo, même ce personnel politique et ces visages qui revendiquent le changement sont aussi usés par le temps et n’offrent aucune option. C’est cela le pays de tous les paradoxes !
Mâalem Abdelyakine