Nouria Benghebrit

Bouteflika tient au programme de réforme de l’éducation : Un appui de taille pour Benghebrit

La reforme du système national d’éducation et de formation figure parmi les priorités auxquelles le Président Bouteflika accorde son attention. Le vaste chantier entamé par la ministre Benghebrit, qui s’articule autour de trois grands pôles- l’amélioration de la qualification de l’encadrement, la refonte de la pédagogie et la réorganisation générale du système éducatif- est inscrit sur l’agenda du Gouvernement-Ouyahia.
Mise en chantier par le président de la République, la réforme globale du système éducatif a été entamée en 2000 à travers l’installation de la commission nationale de réforme du système éducatif. La commission était chargée de procéder, sur la base de critères scientifiques et pédagogiques, à une évaluation du système éducatif en place en vue d’établir un diagnostic qualifié, objectif et exhaustif de tous les éléments constitutifs du système d’éducation, de formation professionnelle et d’enseignement supérieur, et d’étudier, en fonction de cette évaluation, une refonte totale et complète du système éducatif. La commission a donc été chargée de proposer un projet définissant les éléments constitutifs d’une nouvelle politique éducative. Cette réforme consiste, faut-il l’expliquer, à mettre en œuvre une série de mesures qui s’articulent autour de trois grands pôles; à savoir l’amélioration de la qualification de l’encadrement, la refonte de la pédagogie et la réorganisation générale du système éducatif. Pour le premier pôle, il s’agit d’améliorer de façon significative, les conditions de formation et de perfectionnement des enseignants en vue d’en faire une véritable pépinière de formation de la future élite du corps enseignant. Le deuxième pôle de la réforme consiste, de son coté, à mettre en place un processus de refonte de la pédagogie et de réhabilitation des champs disciplinaires. Ce processus vise pour l’essentiel à renforcer l’enseignement de la langue arabe, en mobilisant les moyens nécessaires pour en faire un instrument efficace d’enseignement dans toutes les disciplines, œuvrer à réunir les conditions et moyens nécessaires pour répondre à la demande d’enseignement de tamazight, dans ses variantes linguistiques, adapter les contenus d’enseignement de l’éducation islamique et de l’éducation civique et morale à l’âge et au développement intellectuel et psychologique des élèves. L’éducation islamique et l’éducation civique et morale doivent préparer nos enfants à l’apprentissage et l’observance des principes moraux et religieux dans le cadre des valeurs civilisationnelles du peuple algérien ainsi qu’à l’exercice de la citoyenneté, organiser, selon une méthode progressive, scientifique et expérimentale, l’ouverture sur les langues étrangères dans l’enseignement fondamental afin de permettre l’accès direct aux connaissances et savoirs universels. Réhabiliter l’enseignement de l’histoire et de la philosophie en tant que disciplines majeures, réhabiliter les filières d’excellence de « philosophie »,
« mathématiques » et « technique mathématique» disparues depuis le début des années 90, introduire les technologies de l’information et de la communication dans le système éducatif en vue de faciliter l’accès du pays à la société de l’information et à la civilisation scientifique et technique dans le cadre de la mondialisation, réhabiliter l’éducation physique et sportive à tous les niveaux et promouvoir l’éducation artistique, utiliser les symboles scientifiques universels et introduire des notions de terminologie dans les manuels scientifiques et techniques, mettre au point et déployer une stratégie rénovée d’alphabétisation des adultes et de réhabilitation de l’école du travail en faveur de tous ceux qui désirent améliorer leur niveau et leur statut socioprofessionnel. S’agissant du troisième grand pôle de la réforme, celui-ci concerne la réorganisation du système éducatif. Cette réorganisation se fera par étapes. L’année 2002/2003 a été consacrée à la mise en place du dispositif juridique nécessaire pour encadrer l’ouverture des établissements privés d’enseignement, dans le respect des programmes nationaux, et le développement de l’éducation préscolaire. En 2003/2004, a été amorcée la mise en place de l’enseignement moyen de 4 ans qui a remplacé progressivement le 3ème cycle de l’enseignement fondamental de 3 ans. Cet allongement a eu une implication sur la durée de l’enseignement primaire qui a été réduit à 5 ans. En 2004/2005, la mise en place de la nouvelle organisation de l’enseignement post-obligatoire a été entamée. Enfin, en vue de contribuer à assurer le succès de la réforme et accroître les performances du système éducatif, deux institutions d’appui au système éducatif doivent être créées. La première est une institution de concertation, le conseil national de l’éducation et de la formation qui permettra à tous les acteurs concernés de s’exprimer et de débattre sur les questions éducatives. La deuxième est une institution de régulation, l’observatoire national de l’éducation et de la formation, institution d’expertise, d’évaluation et de prospective éducatives en vue d’accroître la capacité d’analyse et de mesure des performances du système éducatif, en comparaison avec les normes internationales.
Ania Nait Chalal-NB