Bouchareb

BOUCHAREB RÉAGIT AUX MARCHES DU 22 FEVRIER : «Le peuple dispose du libre arbitre ! »

C’est la première réaction d’un des partis de l’Alliance présidentielle sur les marches pacifiques, organisées vendredi, à travers plusieurs régions du pays, et à Alger notamment. Depuis la wilaya d’Oran, où il était de meeting avec militants et cadres de son parti relevant de l’Ouest du pays, Mouad Bouchareb, coordinateur de l’instance dirigeante du FLN, estime que les Algériens aspirent à la liberté de manifester comme le leur confère la Loi fondamentale du pays.

Toutefois, il exclut, tacitement, toute portée politique des manifestations, qui ont mobilisé des milliers de citoyens.
«La Constitution confère la liberté d’expression pour les Algériens. Lorsque le peuple sort dans la rue pour demander ses droits, il est dans son droit. Ainsi les jeunes algériens qui sortent de l’université et restent 10 ans sans travail, l’État est dans son droit de leur accorder un travail. Et il (jeune) est encore dans son droit de manifester son mécontentement. La femme également, celle qui a besoin d’un logement pour se mettre à l’abri, elle et ses enfants, est dans son plein droit de le demander», assène, le ton élevé, Bouchareb qui, lors d’un meeting avec militants, cadres et partisans du FLN, a appelé officiellement le président sortant à briguer un cinquième mandat.
Et comme pour mettre en garde contre toutes dérives de ces manifestations, quand bien même elles étaient organisées de façon pacifique en cette journée de vendredi, le porte-voix de l’ex-parti unique brandit la menace des bouleversements qui ont touché un bon nombre de pays de la région, ou ce qui est communément appelé «Le Printemps arabe». Bouchareb renvoie même aux menaces terroristes qui pourraient en découler lorsque la situation dégénère. Après donc avoir insisté sur ce que confèrent les lois de la République comme droits de manifester et d’exprimer son opinion, Bouchareb s’est mis dans la peau d’un lanceur d’alertes.
«Des pays que vous connaissez ont fait sortir des dizaines de milliers de personnes pour manifester et réclamer des revendications politiques et sociales. Mais, et tout compte fait, lorsque certaines sectes partisanes de la fitna s’y sont infiltrées, le rêve de ces peuples est tombé dans l’eau !», mise en garde du FLN, le premier parmi ses compères de l’Alliance présidentielle à réagir sur les manifestations organisées à travers le pays. Enfin, évoquant la question de l’alternance au pouvoir dont l’opposition réclame plus d’ouverture et d’accès à la magistrature suprême, Bouchareb s’en remet à la volonté du peuple algérien qui «dispose du libre arbitre. C’est le peuple qui décide entre nous», conclut, sur ce chapitre, le chef provisoire du FLN.
Farid Guellil