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Bilan des réformes entreprises dans le secteur de la Justice : L’Algérie peut mieux faire

Les résultats des réformes engagées par l’État algérien semblent bien satisfaire l’Union européenne (UE) dont le chef de la délégation, John O’Rourke qui a déclaré, lundi à Alger, que l’équipe d’évaluation qu’il préside «se félicite de la qualité des réformes entreprises par l’Algérie dans le secteur de la Justice, en particulier dans le système pénitentiaire».

Discourant à l’occasion du colloque sur le thème “Algérie-UE, 10 ans de coopération en matière pénitentiaire, bilan et perspective”, John O’Rourke a textuellement dit que la délégation qu’il pilote applaudit la qualité et l’ambition des réformes entreprises par l’Algérie dans le secteur de la Justice et en particulier dans le système pénitentiaire ainsi que de la coopération lancée par les deux parties en 2006 pour appuyer l’effort algérien à mettre en place ces réformes.
« Depuis 2006, l’Algérie a consenti un effort majeur de réforme de la justice et du système pénitentiaire visant à mettre le secteur en conformité avec les standards internationaux» dira-t-il à ce sujet et d’ajouter que L’UE a contribué à la réforme pénitentiaire en Algérie à travers deux programmes.
John O’Rourke s’est étalé pour donner de plus amples détails sur les programmes qu’il a évoqués, faisant savoir que le premier a concerné l’appui de la réforme pénitentiaire de 2008 à 2014 portant sur la réinsertion, la formation des ressources humaines, les systèmes informatiques et la sécurité, alors que le second consiste en le jumelage avec l’administration française et italienne et tend à concrétiser et mettre en œuvre l’Accord d’association entre l’Algérie et l’UE, entre le 16 mai 2016 et le 15 novembre 2018.
Pointant du doigt les résultats de la coopération entre l’Algérie et l’UE, qu’il a qualifiés de probants, le chef de la délégation de l’UE a cité notamment l’élaboration du « Référentiel des emplois et compétences » du personnel de la Direction générale de l’administration pénitentiaire et de la réinsertion (DGAPR), la Charte éthique et le Code déontologique médical, la formation et l’accompagnement des services d’orientation et d’évaluation de quatre établissements pénitentiaires pilote (El Harrach, Béjaïa, Aïn Oussara, Oran) pour la mise en œuvre d’outils modernes d’appréciation des risques de comportement violent, dangérosité et psychopathie, a-t-on indiqué auprès de l’UE.
John O’Rourke a, par ailleurs, affirmé que la participation à ce colloque des administrations pénitentiaires des deux rives de la Méditerranée et de plusieurs pays de la région du Sahel indique de manière, on ne peut plus claire, que la réforme pénitentiaire est un défi commun et qu’il devient, par voie de conséquence, décisif de partager les expériences respectives des deux parties et de mettre en commun le savoir-faire acquis en la matière.
Félicitant l’initiative lancée depuis 1993 par l’Algérie portant mise en œuvre d’un moratoire sur la peine de mort et pour la poursuite de son application, le chef de la délégation de l’UE a déclaré qu’ «à l’occasion de la célébration, dans deux jours, de la Journée internationale contre la peine de mort, je tiens à remercier l’Algérie qui a su mettre, en 1993, un moratoire sur la peine de mort, dans des circonstances très difficiles, et qu’elle continue à appliquer »
Zacharie S Loutari