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BIDEN ANNONCE L’ARRÊT DU SOUTIEN MILITAIRE US À RYAD : « La guerre au Yémen est une catastrophe humanitaire et stratégique »

Dans son premier discours de politique étrangère, le président américain Joe Biden a annoncé, à l’adresse de l’Arabie saoudite et ses partenaires dans sa guerre contre le Yémen, depuis 2015, le début de l’étape diplomatique, pour mettre fin à une guerre, qui a plongé le peuple yéménite, dans une catastrophe humanitaire.

Le successeur de Donald Trump, à la Maison Blanche, depuis le 20 janvier dernier, a fait savoir à l’Arabie saoudite, dans son discours, que les États-Unis « mettent fin à tout soutien américain aux opérations offensives dans la guerre au Yémen » y compris, a-t-il précisé «  la vente des armes ». Martelant que « cette guerre doit cesser », le président américain a assuré que Washington « va renforcer ses efforts diplomatiques pour mettre fin à la guerre au Yémen, qui a créé, une catastrophe humanitaire et stratégique » affirme le président américain, jeudi dernier. Si sur la question humanitaire, les États unis viennent de le souligner, des années après les appels incessants de l’opinion internationale, des responsables de l’action et d’organismes des Nations unies, son propos qu’il s’agit aussi d’une « catastrophe stratégique » renseigne on ne peut mieux, sur les objectifs escomptés, non atteints, par la guerre contre le Yémen, dont celui de conforter le rôle de des alliés de Washington, dans cette région de portée stratégique et géopolitique. La décision de Biden de rompre le soutien militaire à l’Arabie saoudite et de concentrer, dorénavant, les futurs efforts de Washington, sur le dossier yéménite, dans son action diplomatique, s’est traduite, par l’annonce aussi, dans son discours, de la nomination d’un diplomate chevronné, Timothy Lenderking, comme émissaire américain pour le Yémen, lequel dispose d’une grande expérience dans les affaires du Golfe et notamment du Yémen. Il est à noter que les États-Unis continueront à mener une politique de lutte contre le terrorisme, dont des opérations « ciblées contre les terroristes d’Al-Qaïda dans la péninsule arabique » selon la Maison Blanche. Les annonces du président américain interviennent à quelques semaines de la date, marquant six ans de guerre meurtrière contre le peuple du Yémen, entamée en mars 2015, par la coalition de l’Arabie saoudite et ses soutiens, dont Israël et Les États Unis. Réagissant à l’annonce de Biden, le mouvement de résistance yéménite, Ansarullah, fer de lance contre l’intervention militaire de Ryad et de ses partenaires, les monarchies du Golfe, le Maroc avant qu’il se retire quelques années après, le responsable politique d’Ansarullah à Sanaa a déclaré que « nous espérons que ce sera le début d’une décision visant à mettre fin à la guerre au Yémen ». De son côté, le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel Al-Jubeir, commentant l’annonce de l’arrêt du soutien américain aux opérations militaires au Yémen, a déclaré que « nous continuerons à nous tenir unis face à nos ennemis communs ». C’est dans un Tweet, que le Mae saoudien a réagi aux annonces du président américain Biden, indiquant que « le discours du président Joe Biden était historique et a affirmé l’engagement de l’Amérique à travailler avec ses amis et alliés pour résoudre les conflits et relever les défis » sans manquer de préciser que « nous sommes impatients de travailler avec nos amis aux États-Unis pour mettre fin aux conflits et relever les défis comme nous l’avons fait il y a plus de sept décennies. » Piégée dans le bourbier yéménite, l’Arabie Saoudite sortira, la plus affaiblie, à divers niveaux, par la guerre contre le Yémen, laquelle a été, affirme le président américain « une catastrophe stratégique » notamment pour Ryad qui sortira fortement fragilisée, et que Washington via la nomination de Timothy Lenderking mènera les négociations sur les autres dossiers de la région, dont celui de l’Iran, sans compter comme les décennies précédentes, sur l’Arabie Saoudite. Par ailleurs, il est à noter que, durant près de six ans de guerre, contre ce pays, par Ryad et ses alliés, le rôle des Emirats arabes unis, n’a pas été moindre de celui de l’armée saoudienne, qui au fil du cours de cette guerre, leurs relations se sont tendues et que sur le terrain, les Émirats ont pris le contrôle de l’Ile de Socotra, laquelle abrite une de ses bases militaires, outre son influence , dans la partie sud du Yémen. Pour le MAE saoudien, il semblerait que l’annonce de Joe Biden est un grand soulagement, pour Ryad, qui voit enfin une porte s’ouvrir, pour sortir de sa guerre et de ses échecs, contre le Yémen. Le chef de la diplomatie saoudienne rappelle le rôle de son pays, dans la traduction de la politique américaine au Moyen-Orient, en écrivant dans son tweet précité «  nos pays ont versé du sang en libérant le Koweït et en combattant Al-Qaïda, y compris au Yémen et l’EI en Syrie, et nous continuerons à nous tenir ensemble face à nos ennemis communs. ».
Karima Bennour