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Bernard Cazeneuve à Alger : Garantir la poursuite du partenariat stratégique

Le Premier ministre français, Bernard Cazeneuve, est arrivé, hier à Alger, à la tête d’une forte délégation pour une visite de «travail et d’amitié» de deux jours, pour une évaluation prospective des relations entre l’Algérie et la France, notamment au plan de la coopération économique et de la lutte contre le terrorisme.

La visite du Premier ministre français, qui passera la main en mai prochain au terme de l’élection présidentielle, s’inscrit dans la permanence et la durée, tant les relations algéro-françaises, au-delà de leur densité historique, sont marquées par le sceau de l’excellence et de la confiance.
Même si, sur les questions internationales, les positions sont souvent divergentes notamment pour ce qui est de la question du Sahara occidental, Paris ayant tendance à épouser les thèses coloniales de la monarchie marocaine, alors que l’on était en droit de s’attendre à une position avancée de la part d’un gouvernement socialiste. Avant de passer le témoin à son prochain successeur, issu des élections de mai, à nulles autres pareilles, Bernard Cazeneuve, un ami sincère de l’Algérie, tient à donner un nouvel élan aux relations algéro-françaises. Il a tenu à le souligner dans une interview à un quotidien national, soulignant que sa visite à Alger est une «visite de travail et d’amitié”, qui permettra de «dresser un bilan du développement sans précédent des relations entre nos deux pays, et de poser les bases pour garantir la poursuite de ce processus positif”. La France est trop soucieuse de l’excellence de ses relations avec l’Algérie pour ne pas les placer au-dessus de contingences idéologiques ou électoralistes. Cazeneuve rappelle que, depuis «la visite d’État du président Hollande en décembre 2012, nos relations ont connu un développement exponentiel, pour atteindre un niveau d’excellence jamais égalé, dans tous les domaines. Il était donc important, pour moi, de revenir en Algérie, un partenaire hautement stratégique, afin de dresser un bilan de ces cinq années de partenariat d’exception, voulu par nos deux Présidents.
«Il a précisé que, au «plan bilatéral, nous échangerons sur ce qui nous rassemble autour des enjeux méditerranéens et de notre collaboration dans la lutte antiterroriste. Sur ce sujet, notre mobilisation est essentielle. Notre réponse doit être ferme et coordonnée. Nous évoquerons, aussi, les crises régionales et la situation au Mali et dans la bande saharo-sahélienne”, a-t-il dit «En venant, aujourd’hui à Alger, j’ai l’intime conviction que la France et l’Algérie partagent un destin commun. Nous avons écrit une nouvelle page de notre histoire commune. Sachons préserver pour l’avenir cette relation si unique et si forte”, a tenu à réaffirmer celui dont la relation avec l’Algérie est importante. Pour sa première étape du voyage, Cazeneuve rencontrera le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, pour aborder les relations entre les deux pays et les perspectives de développement des projets en cours et ceux en attente et, notamment, le développement des partenariats économiques entre les entreprises algériennes et françaises, et l’extension des projets industriels, dont la sous-traitance et le montage automobile.
Pour ce qui est de Peugeot, au cours de sa dernière sortie à El-Oued, Sellal s’est prononcé sur le projet du groupe PSA (Peugeot Citroën). “Nous voulons avoir une production nationale à travers un investissement algérien et étranger. Dieu merci, beaucoup de projets sont déjà lancés. Peugeot nous court après. Nous lui avons dit, doucement, patience, même si nous sommes prêts à signer”, avait alors répondu Sellal. La signature de ce projet, qui devait intervenir en avril 2016, avait été ajournée, alors que le groupe PSA s’était engagé à répondre aux exigences du gouvernement algérien.
La visite du Premier ministre français donnera lieu à des entretiens poussés sur les problèmes d’actualité internationale et, en particulier, la question du Sahara occidental, à la veille du débat au Conseil de sécurité sur le renouvellement du mandat de la Minurso et son fonctionnement entravé par le Maroc. Mais aussi sur la situation au Sahel où l’on relève une recrudescence des activités d’Aqmi, de Daech et de Boko Haram. Il sera également question de la Libye et des efforts de l’Algérie pour amener les différents acteurs politiques libyens à s’entendre sur une solution inclusive pour éviter l’implosion du pays. Pour Cazeneuve, Paris et Alger ont la «même vision au sujet des pays qui, comme la Libye, sont menacés par une forte instabilité”.
«Seul un processus politique permettra le retour à une paix durable. C’est sur la base de cette vision commune que nos gouvernements entretiennent un dialogue étroit, régulier et nourri”, a-t-il dit, avant de «saluer, à nouveau, le rôle fondamental que joue l’Algérie sur la scène régionale en particulier pour favoriser le retour de la paix et de la stabilité en Libye et au Mali». Enfin, pour ce qui est de la lutte contre le terrorisme, une hydre qui prend la forme d’«un réseau international aux multiples ramifications», le Premier ministre français pense que «ce défi est majeur dans nos sociétés, et qu’il doit être traité de concert par ceux qui s’élèvent contre la barbarie”. «En la matière, l’Algérie, qui a tant souffert durant la Décennie noire, possède une expérience inestimable. Vous comprendrez que je ne rentrerai pas dans le détail de nos actions, mais je peux vous assurer que les échanges que nous avons avec nos interlocuteurs algériens sont particulièrement utiles», a-t-il encore déclaré.
Mokhtar Bendib