Nouveaux ministres

Beddad « repêché », Ould Ali, Benmeradi, Khaoua et Mermouri quittent le Gouvernement : Ouyahia conforté dans son poste

Trois nouveaux arrivés, un de repêché et quatre ministres du gouvernement Ouyahia ont été mis sur la touche. Tel est le résultat d’un léger remaniement ministériel, opéré hier, par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika.

Quatre portefeuilles changent de responsables. Ainsi, le wali de Bejaia, Mohamed Battab a hérité le département de la Jeunesse et les Sports à la place d’El-Hadi Ould Ali, le wali de Tissemssilt, Abdelkader Benmessaoud, supplante Hassen Marmouri de la tête du ministère du Tourisme et de l’Artisanat, Said Djellab est promu au ministère du Commerce pour remplacer l’inattendu départ de Mohamed Benmeradi, et enfin Mahdjoub Bedda, qui a été repêché pour occuper le département des Relations avec le Parlement à la place de Tahar Khaoua.

Dans son communiqué, la présidence de la République a indiqué, sans plus de précisions néanmoins, que tous les ministres démis de leurs fonctions ont été appelés à d’autres tâches. En tout cas, ce lifting ministériel aussi surprise et léger qu’il peut paraitre aura été une réponse aux spéculations suscitées ces derniers jours autour d’un «vaste remaniement » prédisant jusqu’au départ de l’actuel Premier ministre.

Certains étaient même convaincus que le chef du RND était «isolé» des centres de décisions et de la haute sphère de l’Etat. Aujourd’hui donc, le fait que le Président Bouteflika n’a pas jugé utile de porter un changement de fond dans le gouvernement, tel que de folles rumeurs le véhiculait depuis quelques jours, s’apparente à un acte de confiance renouvelé à Ahmed Oyahia, qui était revenu à la Primature à la mi-août 2017.

Au-delà maintenant d’une décision qui coupe court avec toute polémique au sujet du poste de Premier ministre, il y’a fort à parier sur certains indices qui auraient été à l’origine du départ, des ministre El-Hadi Ould Ali et Mohamed Benmeradi, pour ne citer que ces deux cas saillants. Pour le premier cité, d’aucuns se rappelleront de la position sur l’affaire de la candidature du Maroc pour l’organisation de la Coupe du monde de 2026. Et puis, l’offre faite par Rabat à l’ancien international algérien, Lakhdar Belloumi, pour en être l’ambassadeur. Dans le feu de la polémique, Ould Ali tranche crûment en faveur du soutien de l’Algérie à la candidature marocaine sous couvert d’un feu vert que lui aurait donné le président Bouteflika.

Cependant, et officiellement dit, a-t-on vraiment décidé de la sorte ? Or, connaissant les relations tendues entre l’Algérie et le Maroc, il était peut être attendu de la part du ministre plus de tact dans le discours, de surcroît que la question engage une décision de l’Etat. Le désormais ex-ministre de la Jeunesse et des Sports a-t-il été sanctionné ? D’autre part, il est peut-être aussi reproché au ministre sa gestion de la crise du Sport national, où l’on a vu maintes fois ses prises de bec avec les responsables des Fédérations nationales, dont le bras de fer qu’il a engagé avec Mustapha Berraf, du COA, est des plus édifiants.

Qu’en-est-il du départ de Mohamed Benmeradi ? Au-delà d’une surprise pour l’homme, il y’a derrière tout un dossier épineux, qui a précipité déjà le départ à la tête du Commerce de Abdelhafid Saci du temps de l’ex-premier ministre Tebboune. Une tâche lourde en effet comme celle de gérer le dossier de l’exportation, dont le produit national doit être promu sur le marché étranger, recommande une connaissance des rouages, une maitrise des pratiques et plus de courage dans la prise de décision. D’ailleurs, c’est le directeur du département du commerce extérieur, Said Djellab, qui est promu à la place de Benmeradi, au moment même où ce dernier discourait, dans une rencontre à l’hôtel El Aurassi, sur la liste élargie des produits interdits à l’importation. Quant au changement opéré à la tête du ministère des relations avec le Parlement, Tahar Khaoua quitte ses fonctions pour passer le relais à l’ex-ministre de l’Industrie et des Mines, Mahdjoub Bedda, dont le retour parmi le staff gouvernemental s’apparente à un repêchage du parlementaire du FLN. Enfin, il ressort de ce remaniement, la promotion de deux walis, qui, en plus de Mohamed Hattab qui remplace donc Ould Ali, l’autre wali de Tissemssilt, Abdelkader Benmessaoud, viendra pallier le départ de Hassen Marmouri, pour un secteur sur lequel il est attendu beaucoup surtout à la veille du départ de la saison estivale. Farid Guellil