AVEC 17% DES IMPORTATIONS GLOBALES : La Chine premier fournisseur de l’Algérie pour la sixième année consécutive

L’Algérie a-t-elle tourné le dos à l’Europe en matière d’importations ? La question mérite d’être posée à la lumière des chiffres fournis par les Douanes algériennes, qui démontrent que la Chine demeure le principal fournisseur du pays. Bien qu’on constate une diversification des fournisseurs, en s’orientant vers de nouveaux pays tels que l’Argentine et l’Inde, il n’en demeure pas moins que la France a perdu une place importante dans le marché algérien. Ainsi, pour la sixième année consécutive, la Chine a conservé sa place de premier fournisseur de l’Algérie, suivie de près par la France qui tente à tout prix de retrouver sa place. Alors que les importations n’ont enregistré qu’un léger recul durant cette période, l’Algérie reste un marché très convoité par les différentes puissances économiques. En effet, à en croire les chiffres des Douanes algériennes, relatifs aux 11 premiers mois de 2018, les importations ont très légèrement reculé pour atteindre 41,371 mds usd contre 42,147 mds usd à la même période de l’année 2017, soit une diminution de 776 millions de dollars (-1,84%). Par ordre des pays ayant exporté leur marchandise vers l’Algérie, la Chine a maintenu sa première place avec 7,04 mds usd (17,02% des importations globales algériennes), suivie de la France avec 4,24 mds usd (10,25%), de l’Italie avec 3,31 mds usd (8%), de l’Espagne avec 3,17 mds usd (7,7%) et de l’Allemagne avec 2,76 mds usd (6,7%). Les statistiques des Douanes montrent aussi une hausse des importations en provenance des pays de l’Amérique latine et de l’Asie. En effet, les importations depuis l’Argentine ont connu une hausse de 26% en s’établissant à 1,7 milliard de dollars. Idem pour l’Inde, dont les importations de ce pays se sont chiffrées à 1,7 milliards de dollars, soit en hausse de 26,9%. Pour rappel, l’Algérie a mis en place, depuis le début de la crise économique en juin 2014, de nombreux mécanismes visant à réduire les importations, ce qui a irrité l’Union européenne. Critiquant l’instauration du régime des licences d’importation par le gouvernement algérien dans un rapport sur l’état des relations entre les deux parties dévoilé lors de la 10e session du Conseil d’association Algérie-UE, tenue le 13 mars dernier à Bruxelles, l’Union européenne a appelé à revoir cette politique. Le déclin de la France dans le marché algérien se manifeste à travers plusieurs produits. En effet, il convient de rappeler, que l’Algérie a déjà évoqué la possibilité d’importer le blé de la Russie au détriment de la France. Les projets d’exportation de blé russe vers l’Algérie semblent se concrétiser progressivement. Au cours du premier trimestre de l’année 2019, puisque la Russie envisage d’y livrer le premier lot d’essai. Chose qui n’a pas laissé la France indifférente. Préoccupées par l’éventuelle ouverture du marché algérien aux Russes, les autorités françaises envisageraient d’envoyer une délégation dans le pays au début de l’année 2019. L’Algérie est dépendante des importations de blé tendre avec des volumes annuels d’environ sept millions de tonnes venant principalement de la France (premier fournisseur), du Canada et d’Allemagne. S’orienter vers la Russie pourrait constituer un coup dur pour les Français.
Lamia Boufassa