Belabbes

Au-delà de craindre la fraude : Le RCD reste «optimiste»

Le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), a marqué, hier, le coup d’envoi de la campagne électorale, pour les législatives du 4 mai, en organisant une conférence de presse, durant laquelle le président du parti, Mohcine Belabbas, a exposé son programme visant «une sortie de la crise qui secoue le pays».

Ainsi, le premier responsable du RCD s’est dit confiant au sujet des prochaines élections, «en dépit de la concurrence et des multiples craintes quant à une éventuelle fraude», a-t-il mis en garde. Précisant que
« l’électorat du RCD est toujours fidèle au parti, et peut compter sur ses voix», Mohcine Belabbas a estimé, néanmoins, que «la fraude n’est pas une raison pour ne pas participer aux élections».
Plus explicite, le candidat qui coiffe la liste du RCD à Alger, a précisé que toutes les personnalités ayant décidé de participer aux élections de 2012, sous d’autres couleurs que son parti, ont disparu de la scène, contrairement au RCD qui «reste solide», en dépit des campagnes de boycott menées par «les médias lourds étatiques», a-t-il accusé. D’ailleurs, il ne manquera pas de souligner que la Télévision publique nationale (ENTV) «a boycotté les activités du parti depuis 2007», malgré que ce dernier ait annoncé sa participation, en octobre dernier, aux prochaines échéances électorales, a rappelé le leader du RCD.
«La dernière émission de l’ENTV consacrée au RCD remonte à 2007. Depuis, aucun passage ne nous a été consacré», a déploré le président du parti d’opposition. Néanmoins, cet état de fait ne semble pas constituer une fatalité pour son parti qui «ne va pas compter sur les médias lourds étatiques», et qu’il «se penchera plutôt sur un travail de proximité». « Je ne dépends pas de l’ENTV», a lancé la tête de liste RCD dans la capitale, tout en précisant que sa formation politique fera recours aux réseaux sociaux afin de séduire l’électorat en sa faveur. En d’autres termes, il dira que «ce n’est pas parce que ils nous ont boycotté que nous sommes forcément disparus. Le RCD mènera campagne à l’aide de ses propres moyens». Plus loin, il a estimé que son parti dispose de toutes les chances pour « gagner contre le pouvoir», allusion aux partis qui le représentent (pouvoir, ndlr). Invité à s’exprimer sur ses craintes du phénomène de la fraude, Belabbas a précisé que ce n’est pas cette question qui va empêcher son parti de camper sur ses ambitions. Néanmoins, il a réitéré son appel pour la mise en place d’une instance indépendante pour la surveillance des élections. En effet, pour lui, c’est la seule solution pour assurer la transparence des élections. D’autre part, Belabbes a indiqué que les « solutions aux problèmes des Algériens sont possibles», précisant que ces préoccupations sont contenues dans le programme électoral du parti. «Ce n’est pas vrai de dire que l’on ne peut pas soulager les problèmes moraux et matériels que vit une partie de la population pour restituer l’espoir et susciter le désir de tous pour s’impliquer et combattre le pessimisme et la perte d’espoir ambiants», a-t-il expliqué.
Dans ce sillage, il a soutenu que l’opportunité offerte au RCD, par cette campagne électorale, était l’occasion de dire que «rien n’est perdu», pour ne pas dire que l’espoir est permis. Pour Belabbes, là où le RCD est présent, il démontrera que le mandat parlementaire pourrait être exécuté dans le cadre des lois et qu’il sera toujours «fidèle à la confiance de l’électeur». Au plan socioéconomique, le président du RCD a relevé que la relance de l’activité et la prise en charge des problèmes sociaux «restent possibles», soutenant que cela passerait par la rationalisation des ressources du pays et des «arbitrages transparents de leur affectation».
Lamia Boufassa