LEVY

Au cœur du lobby marocain dans l’Hexagone : Des personnalités politiques françaises épinglées

Au cœur du lobby marocain, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, Rachida Dati, les époux Balkany, Bernard-Henri Lévy, Dominique Strauss-Kahn, Jack Lang, Élisabeth Guigou, Jamel Debbouze, Najat Vallaud-Belkacem, et d’autres personnalités, des députés et des sénateurs –dont une d’origine algérienne qui n’a pas hésité à se rendre à El Ayoun occupée- sont épinglées, pour se faire les avocats complaisants de la monarchie chérifienne, dans le dernier livre du journaliste marocain Omar Brouksy.

Reconverti dans l’enseignement tant il est devenu difficile de pratiquer le journalisme indépendant au Maroc, Omar Brouksy, ancien rédacteur en chef du Journal hebdomadaire, puis journaliste à l’AFP, signe aux éditions du Nouveau Monde : «République de Sa Majesté, France-Maroc, liaisons dangereuses». Dans ce réquisitoire, il explore et détaille, sans révélations particulières, mais avec rigueur et minutie, les réseaux extrêmement bien développés du pouvoir marocain en France, une diplomatie parallèle, forgée par un homme en particulier, André Azoulay, conseiller de Hassan II puis de Mohammed VI, père de l’ancienne ministre française de la culture qui vient d’être élue à l’UNESCO. Un voyage au cœur de l’élite française politique, médiatique, culturelle et économique qui ne recule ni devant les invitations dans les palaces du royaume ni devant les contrats juteux, et se fait fort de vendre l’image d’un Maroc «moderne», «ouvert», «progressiste» en fermant les yeux sur les violations des droits humains et la machine répressive à l’œuvre dans le pays.
Il évoque par ailleurs le rôle du sioniste Bernard-Henri Lévy, avec «tout son réseau d’influence médiatique, qui défend la monarchie, présente le roi comme le plus grand démocrate de toute la région du Maghreb». Il rappelle que Le régime politique marocain «dépense un argent fou» pour renforcer et maintenir ce réseau. Il précise que c’est le contribuable qui est mis à contribution. En réalité le plus gros financement de ce lobbying provient de l’argent de la drogue. «Tout est bon pour y parvenir : festivals, conférences, rencontres, invitations dans des hôtels luxueux, etc. On ne retrouve ce phénomène nulle part ailleurs avec une telle ampleur», estime par ailleurs Omar Brousky, dont le livre éclairant met en lumière des pratiques connues et rarement détaillées. Des pratiques qui vont jusqu’à l’achat des consciences et que le Maroc a généralisé en Afrique francophone et qu’il essaye d’implanter en Algérie en corrompant des personnalités politiques , des affairistes qui se prennent pour des hommes d’affaires et des sites d’informations qui prennent sa défense et qui cite son pseudo développement en exemple.

Le Maroc : chasse gardée de la France
Le Sahara occidental, c’est «la chasse gardée» de la France depuis Valéry Giscard d’Estaing, a affirmé le journaliste marocain Omar Brouksy auteur du livre «La République de Sa Majesté, France-Maroc, liaisons dangereuses», qui met en exergue les réseaux d’influence entre la France et le Maroc. «Le Sahara occidental, c’est la chasse gardée de la France depuis Valéry Giscard d’Estaing.
La France n’acceptera jamais qu’il y ait un État sahraoui ou que cette région ne soit pas contrôlée, soit par le Maroc, soit par la France», a expliqué, dans un entretien au journal électronique Médiapart, l’auteur du livre qui vient de paraître chez les «Éditions Nouveau Monde, relevant la «neutralité diplomatique de façade» de la France. «Bien sûr, il y a une neutralité diplomatique de façade, mais en réalité, le dossier du Sahara est porté par la France, membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU», a-t-il ajouté, rappelant les efforts de la France au sein du Conseil de sécurité en 2015 pour que le projet de résolution sur l’élargissement du mandat de la Minurso à la surveillance des droits de l’Homme au Sahara occidental occupé soit retiré à la dernière minute. «En 2015, les Américains, qui sont plutôt des alliés du Maroc, ont voulu imposer une résolution élargissant le contrôle des droits de l’homme à la Minurso, mais la France s’est déployée pour que ce projet soit retiré à la dernière minute par les Américains», a-t-il souligné, évoquant par ailleurs l’étendue des réseaux d’influence entre la France et le Maroc qui font que la réalité du Maroc est occultée par des personnalités françaises «qui ont accès aux médias de masse et qui faussent la vision que l’on doit avoir de la monarchie». Pour cet auteur, qui a mis fin à son itinéraire journalistique après la parution de son premier livre intitulé «Mohammed VI derrière les masques», les liaisons dangereuses entre la France et le Maroc «affaiblissent tous les courants démocratiques» du royaume.
Il affirme que le régime marocain, est «une monarchie absolue, qui ne respecte pas les droits humains, qui lamine les médias», et «dépense un argent fou pour renforcer et maintenir» le réseau d’influence avec la France. «Parfois, c’est le contribuable qui est mis à contribution. L’objectif est de présenter la monarchie sous les meilleurs auspices. Tout est bon pour y parvenir : festivals, conférences, rencontres, invitations dans des hôtels luxueux, etc. On ne retrouve ce phénomène nulle part ailleurs avec une telle ampleur», a dit l’auteur.
Dans son livre, il explique avoir détaillé plusieurs dimensions, «pas seulement les relations personnelles mais aussi les relations d’État à État, les dimensions culturelle, économique, financière, toute cette élite française qui tresse les lauriers de la monarchie», évoquant ainsi le rôle de la monarchie, «qui est de plus en plus un opérateur économique, avec des ramifications dans le système économique français». «On assiste à des alliances entre des groupes contrôlés par le roi, la holding royale SNI notamment, février dernier, grand lobbyiste du Maroc auprès de l’Union européenne, ou encore le cimentier Lafarge», a-t-il ajouté.
Par ailleurs, Omar Brouksy a soutenu que les réseaux «restent les mêmes» avec tous les chefs d’État qui se sont succédés en France, indiquant que la première visite du président Emmanuel Macron, sans aucun ministre, qui a duré moins de 24 heures, «visait à montrer que la proximité relationnelle, affective, parfois irrationnelle, entre les deux pays s’inscrit dans la durée, transcende tout ce qui est codifié, les lois, les règlements». «Il ne faut pas oublier aussi que Macron connaît le Maroc.
Lorsqu’il était associé gérant de la banque d’affaires Rothschild, il a été l’artisan de la transaction financière entre le groupe de Xavier Beulin et la SNI, auquel Beulin a racheté 41% de l’entreprise Lesieur Cristal. Il connaît très bien le système financier et les ramifications de la SNI. Il sait s’adapter à cette réalité. Il va s’inscrire dans la continuité», a-t-il estimé.
M. Bendib