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Attaque aux missiles US contre la Syrie : Trump déchaîne les enfers !

L’aérodrome militaire Shayrat, sis à 31 kilomètres au sud-est de Homs, non loin du village Al-Chaayrate de la République syrienne, a été ciblé par une attaque de 59 tirs de missiles Tomahawk, déchaînés depuis des destroyers de l’US Navy positionnée en mer orientale de la Méditerrannée, durant la nuit de jeudi à vendredi. Cette attaque a fait neuf morts parmi les civils, dont quatre enfants, et sept blessés, selon les autorités syriennes.

Un acte «irresponsable», pour Damas, et une «agression contre un État souverain», selon Moscou. Dans une déclaration de l’état-major général de l’Armée de la République syrienne, diffusée, en direct, sur la chaîne de la Télévision nationale du pays, très tôt hier matin, s’exprimant sur l’agression décidée par le président américain DonalTrump, l’Institution militaire syrienne affirme que cette attaque «marque le maintien de la stratégie erronée (des USA, ndlr) qui entravent les efforts des forces armées syriennes visant à lutter contre le terrorisme, et fait des États-Unis un allié de Daech et du front An-Nosra», précise la même source.
La Russie, de son côté, alliée de Damas dans sa lutte contre le terrorisme, outre que son président, Poutine a réuni, hier, les membres du Conseil de sécurité russe au sujet de l’attaque américaine contre la base aérienne syrienne de Shayrat, dans la province d’Homs, après que Moscou a fait connaître ses réactions, dont deux principalement, hier matin, l’une concernant sa relation bilatérale avec Washington, et la seconde en direction de la scène internationale. Moscou a, en effet, en réaction à l’attaque militaire américaine contre la base aérienne syrienne Shayrat, a vite fait d’annoncer la décision de «la suspension du M émorandum» qu’elle a signé avec les États-Unis, portant, est-il précisé, «sur la prévention des incidents aériens et la sécurité des vols lors des opérations en Syrie», a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères, dans un communiqué.
En direction de la scène internationale, Moscou a appelé à «une réunion d’urgence» des membres du Conseil de sécurité des Nations unies (ONU), pour se pencher sur l’attaque américaine contre Damas, qualifiée par le président russe, Vladimir Poutine, «d’une agression contre un État souverain».
Aussi, la Fédération de Russie a fait savoir, par son vice-président de la commission de la défense du Parlement russe que la décision de Moscou de suspendre le Mémorandum précité permettra à Moscou «de réagir opportunément» à des menaces américaines, à l’instar de ses 59 missiles Tomahawk tirés depuis des destroyers de l’US Navy, contre Shayrat. Par ailleurs, selon le gouverneur de la ville de Homs, «les terroristes ont tenté de profiter» des frappes US contre l’aérodrome militaire Shayrat, pour entamer, hier, «une offensive près de Palmyre», avec pour but, a-t-il précisé, «de saisir des champs pétroliers, mais en vain», a-t-il affirmé.
Il est utile de rappeler que c’est à partir de l’aérodrome de Shayrat que l’aviation militaire syrienne menait ses frappes aériennes de lutte contre les groupes terroristes en Syrie, dont ceux de Daech et le Front En-Nosra. Le gouverneur de Homs a indiqué qu’il «pense que l’aérodrome Shayrat sera fonctionnel dans les prochains jours», a-t-il précisé.
À l’heure où nous mettons sous presse, la Suède qui a réagi à l’agression américaine contre Damas, indiquant qu’«on ne sait pas clairement si cette frappe reflète la nouvelle politique américaine, mais il est important que de telles actions soient basées sur le Droit international», a été frappée par «un attentat terroriste».
Selon son Premier ministre, Stefan Löfven, plusieurs personnes sont mortes, percutées par un véhicule qui a foncé dans une foule de piétons dans le centre de Stockholm, et la police suédoise a qualifié cet accident «d’attentat terroriste».
L’action militaire après l’échec d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU
Tôt dans la matinée de jeudi, le Conseil de sécurité, dont sa présidence est assurée, le mois courant, par les États-Unis, a échoué à faire adopter un texte de résolution présenté par la France, incriminant Damas de l’attaque à l’arme chimique, contre le village syrien Khan-Cheikhoun, à Idlib, lequel est sous contrôle des rebelles et des groupes terroristes. Énième texte de projet de résolution sur la Syrie qui n’a pas connu de suite, car n’ayant pas obtenu l’aval de Pékin et Moscou, lesquels ont plaidé pour l’envoi d’une commission d’enquête internationale pour lever le voile sur ce qui s’est passé à Khan-Cheikhoun.
À ce propos, le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid El-Mouallem, a réaffirmé, jeudi, que les frappes aériennes de l’Armée syrienne contre la ville de Khan-Cheikhoun, avaient touché «un entrepôt qui contenait des armes chimiques, et qui était sous le contrôle des rebelles», démentant, ainsi, toute utilisation de gaz toxique par l’Armée de l’air de la République syrienne.
Déclarant qu’il s’agissait de «mensonges», les accusations dont est cible Damas, sur le drame de Khan-Cheikhoun, le chef de la diplomatie syrienne s’est interrogé, par ailleurs, «sur la rapidité des puissances occidentales à accuser» son gouvernement, «une heure seulement après l’attaque», a soutenu Walid El-Mouallem.
Le traitement de la crise syrienne, notamment à travers son processus de Genève, sera, sans nul doute, plus soutenu par les acteurs syriens, gouvernement et opposition, outre le rôle de Moscou, après l’opération d’agression de l’Armée américaine contre la base aérienne de l’Armée de la République syrienne, Shayrat. Autre question qui ne manquera pas de connaître de nouvelle donnes qui domineront l’agenda régional et international, la teneur et la portée de lutte contre le terrorisme, dont celui de Daech, après l’agression américaine contre Damas, laquelle, selon l’Institution militaire syrienne, «entrave les efforts des forces armées syriennes visant à lutter contre le terrorisme, et fait des États-Unis un allié de Daech et du front An-Nosra», outre les conséquences de la suspension par Moscou du Mémorandum signé avec les États-Unis, précité. Le ministère russe de la Défense qui, depuis fin septembre 2015, mène des opérations militaires en Syrie, en coordination avec Damas, notamment à partir de la base aérienne russe dans ville syrienne, Hmeimim, à partir de laquelle les avions russes opèrent des frappes contre les terroristes en Syrie, affirme, de son côté, que l’agression américaine contre la Syrie avait été d’une «faible efficacité», au vu des 23 missiles ayant touché leur cible, alors que 59 ont été tirés, et de ne pas manquer, plus loin, de se demander «qui est-ill advenu des autres projectiles restés inconnus», s’interroge le ministère de la Défense russe.
Alors qu’elle est pointée du doigt dans sa responsabilité de la mort de nombreux civils, lors de ses frappes à Moussoul, en Irak, Washington a réitéré, hier, après son agression militaire contre l’aérodrome Shayrat, en Syrie, sa déclaration traditionnelle, indiquant, cette fois-ci, que ses tirs des 59 missiles Tomahawk «ne visaient pas des civils», mais des cibles de l’Armée de la République syrienne.
La frappe US est la conséquence, selon des observateurs, de l’échec du Conseil de sécurité de l’adoption du texte de résolution précité, à travers lequel les acteurs occidentaux visaient des objectifs inavoués, sur fond des derniers développements en leur défaveur, sur le terrain syrien, dont à Alep, qui, des années de chaos, revient sous le contrôle de Damas.
À cela s’ajoute, notamment, la teneur et la cadence soutenues du processus de Genève, relatif au dialogue politique inter-syrien, et la lutte contre le terrorisme en Syrie, en lien avec le cours des évènements sur le terrain et la scène syrienne.
Karima Bennour