Tribunal de Dar El Beida

ASSASSINAT DE DJAMEL BENSMAIL : 49 accusés condamnés à mort et 17 autres acquittés

Poursuivis pour plusieurs chefs d’inculpation dont la commission d’actes terroristes et subversifs attentatoires à la sécurité de l’État et à l’unité nationale, participation à un homicide volontaire avec préméditation et guet-apens, incitation à la violence contre les membres de la force publique, incitation à la discrimination et diffusion du discours de haine, notamment dans l’ affaire du meurtre de Djamel Bensmail, un jeune issu de Miliana, assassiné en août 2021 à Miliana, 49 accusés sont condamnés à la peine capitale, par le tribunal de Dar El-Beïda à Alger.

«En vertu des dispositions de l’article 11 du code de procédure pénale, le procureur général près la Cour d’Alger informe l’opinion publique que le tribunal criminel de première instance de la même Cour a rendu ce jeudi le 24 novembre 2022 un jugement de première instance dans l’affaire du meurtre de Djamel Bensmaïl condamnant 49 accusés à la peine capitale. Les mis en cause étaient poursuivis pour crime d’homicide volontaire et lynchage du cadavre de Djamel Bensmaïl outre la mise à feu volontaire des forêts ayant entrainé la mort de plusieurs personnes », précise le texte.
Le tribunal criminel de première instance de Dar El Beïda (Alger) a prononcé, également, dans le cadre de la même affaire, d’autres peines contre d’autres accusés, allant de deux (02) à dix (10) ans de prison ferme, assorties d’amendes allant de 100.000 à 200.000 DA, et a acquitté 17 autres. Le procès des présumés assassins du défunt Djamel Bensmail, lynché à mort et brûlé vif par une foule en colère, à Larbaa Nath Irathen, s’est ouvert le 15 novembre dernier, au tribunal criminel de Dar El Beida.
Les faits de cette tragédie nationale remontent au mois d’août de l’été 2021. La Kabylie était alors ravagée par d’énormes incendies de forêts qui avaient touché, pratiquement, toute la région, faisant au moins 90 morts en moins d’une semaine, dont pas moins de 24 étaient originaires du même village, relevant de Larbâa Nath Iraten, sur les hauteurs de Tizi-Ouzou. Venu dans la région pour prêter main forte à la population locale dans leur lutte contre les incendies meurtriers, Djamel Bensmail, jeune de 36 ans, originaire de Miliana, une commune  de la wilaya d’Aïn Defla, devint vite un suspect aux yeux de certains qui le soupçonnaient d’avoir tenté d’allumer un feu. Ayant eu vent des soupçons qui pesaient sur lui, le jeune Djamel se rend alors à la police. Mais le fourgon de police le transportant au commissariat était intercepté par une foule chauffée à blanc, l’extirpant du véhicule après l’avoir frappé. Djamel est lynché à mort et brûlé vif par une foule en colère.
Après enquête, les services de police ont arrêté 36 personnes suspectes dans cette affaire, dont 3 femmes, parmi elles celle qui incitait à l’égorger alors qu’il était brûlé dans une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux. Le jeune, qui filmait alors qu’il poignardait la victime, a été interpellé alors qu’il tentait de s’enfuir au Maroc. Grâce aux aveux des personnes arrêtées, de nouveaux suspects ont été interpellés.
La poursuite de l’enquête a permis également l’arrestation de 25 autres suspects, en état de fuite dans plusieurs wilayas du pays. La DGSN avait indiqué que parmi les personnes arrêtées figurent des membres de l’organisation MAK, affirmant également que l’exploitation du téléphone avait permis de découvrir des informations étonnantes sur les véritables mobiles du meurtre, non dévoilées en raison du secret de l’instruction.
Plus d’une semaine plus tard, le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, annonce, lors d’une conférence de presse la rupture des relations avec le Maroc, pointé du doigt dans une affaire de connivence avec le MAK et Rachad, classés par l’Algérie comme deux organisations terroristes impliquées, selon les autorités du pays, dans les crimes liés aux incendies qu’a connus un certain nombre de wilayas du pays. Ces deux groupes ont été également pointés du doigt par le chef de la diplomatie algérienne d’être derrière l’assassinat de Djamel Bensmaïl. Depuis l’enquête s’est poursuivie et les arrestations se sont multipliées.
Pour rappel, le procureur de la République, a requis, dans cette affaire, la peine capitale contre plus de 70 détenus et des peines de 10 ans de prison ferme à l’encontre de 25 autres accusés jugés pour des faits délictuels « attroupement armé, outrage à corps constitué et diffusion de photos et vidéos visant à semer le trouble.
Brahim Oubellil

Ferhat Mehenni condamné à la perpétuité dans cette affaire
Le tribunal criminel de première instance de Dar El Beïda à Alger a condamné, jeudi, le chef du Mouvement terroriste « MAK », Ferhat M’heni à la perpétuité et confirmé le mandat d’arrêt international émis à son encontre pour des chefs d’accusation liées au meurtre de Djamel Bensmaïl, assassiné en août 2021 à Larbaâ Nath Irathen dans la wilaya de Tizi Ouzou. Le Tribunal a condamné à la même peine, quatre coaccusés en état de fuite hors du territoire national, dont l’adjoint du principal accusé, le dénommé Brahim Belabès. Le Tribunal a, d’autre part, transféré le dossier d’un autre coaccusé dans la même affaire, au tribunal correctionnel. Le tribunal criminel de première instance de Dar El Beïda a condamné, hier, 49 accusés à la peine capitale pour homicide et lynchage du cadavre de Djamel Bensmaïl, 28 autres accusés à des peines allant de deux (02) à dix (10) ans de prison ferme, assorties d’amendes allant de 100.000 à 200.000 DA, et a acquitté 17 autres.
R. N.