MAE Yémen

Arrivée, hier, à Alger, du MAE yéménite : Le rôle politico-humanitaire de l’Algérie sollicité

À moins d’un mois de la communication téléphonique passée entre le chef de la diplomatie algérienne, Abdelkader Messahel, et son homologue Yéménite, Abdul-Malek Al-Mekhlafi, de la mi-juin dernière, le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Yémen se trouve, depuis hier, à Alger, pour une visite de deux jours. Le déplacement du responsable yéménite, à Alger, intervient dans une conjoncture particulière marquée par l’étendue dramatique des conséquences de la guerre à laquelle est confronté, depuis plus de trois ans, le peuple yéménite, mais aussi par l’épidémie de choléra qui se propage, depuis ces derniers mois, ôtant la vie à plus d’un millier de citoyens, dont la majorité des enfants. En l’absence, à ce jour, de réelles perspectives en vue d’une solution politique, au Yémen, et de surcroît pérenne, le pays et son peuple continuent d’être la cible de la guerre que mène la Coalition militaire, dirigée par l’Arabie saoudite.
L’Algérie, qui a et continue de défendre le principe fondateur de sa diplomatie de non-ingérence, a défendu, avec force, ce principe surtout concernant le conflit au Yémen, en refusant de faire partie de la Coallition militaire de l’Arabie saoudite, outre d’appeler, avec insistance, à une solution à travers le dialogue entre les protagonistes, dans le respect de l’intégrité du pays, et le respect de la décision du peuple yéménite, à façonner, souverainement, son destin. Position algérienne saluée, par le ministre yéménite, Abdul-Malek Al-Mekhlafi, juin dernier, lors de la communication téléphonique précitée.
Dans un communiqué du ministère de Messahel, sur cet entretien téléphonique, le chef de la diplomatie yéménite a salué, est-il précisé, «la position de l’Algérie concernant la crise qui secoue son pays, et qui appelle à une solution par le dialogue entre les protagonistes, à la réconciliation et au respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Yémen», est-il indiqué.
La visite de deux jours du responsable yéménite, à Alger, outre qu’elle reflète la profondeur des relations historiques entre Alger Senna, s’inscrit dans le sillage de «la concertation permanente» entre les deux pays, selon le ministère de Messahel, annonçant l’arrivée, hier à Alger, d’Abdul-Malek Al-Mekhlafi. À cette occasion, Messahel et son homologue du Yémen passeront en revue «la situation que traverse» le pays, appelé, anciennement, pour rappel, “l’Arabie Heureuse”, de même que les deux responsables échangeront leurs points de vue sur «les efforts de paix consentis par les Nations unies» en vue de faire sortir le Yémen de la spirale de la guerre dans laquelle il a été plongé, depuis trois ans.
Alger qui, dès les premières heures de la guerre contre le Yémen et son peuple, a appelé à promouvoir la voie du dialogue politique, et non celle des bruits de bottes et des armes, solution politique consensuelle inclusive à même de rassembler le peuple yéménite.
Il sera aussi l’occasion de procéder à «l’examen des questions régionales et internationales d’intérêt commun», notamment, celles ayant trait à la sécurité et à la lutte contre le terrorisme, défi que le Yémen est appelé à relever, au vu des actions terroristes de Daech et d’El-Qaïda, qui le frappent. Il sera sûrement question des questions humanitaires très difficiles et critiques, vu les ravages causés par les frappes de la Coalition militaire, ciblant notamment les infrastructures de base, à l’origine de l’incapacité grandissante des Yéménites à répondre à leurs besoins essentielles, dont les soins et l’axé à l’eau et à la nourriture. Situation grave qui, en perdurant, a causé la mort à plus d’un millier de citoyens, la majorité des enfants, après avoir été frappé par la choléra qui gangrène le pays, ces derniers temps. Le responsable des opérations humanitaires de l’ONU, Stephen O’Brien, a accusé, mercredi dernier, les belligérants de la crise au Yémen, ainsi que leurs soutiens étrangers d’être responsables de l’épidémie de choléra. Indiquant que «ce scandale du choléra est entièrement fabriqué par l’homme et par les parties en conflit» le responsable onusien, ajoutera aussi «et ceux qui, hors des frontières du Yémen, dirigent, approvisionnent, combattent et perpétuent la crainte et les combats», a déclaré Stephen O’Brien, devant le Conseil de sécurité des Nations unies. Plus de 320 000 cas présumés de choléra ont été signalés à travers la quasi-totalité des provinces du Yémen, et au moins 1 740 personnes en sont décédées, selon O’Brien.
Plus de 7 millions de citoyens au Yémen, menacés de famine, dont 2,3 millions d’enfants mal nourris âgés de moins de cinq ans.
De son côté, Ismaïl Ould-Cheikh Ahmed, Envoyé onusien au Yémen, a qualifié la crise humanitaire au Yémen d’ «horrifique», estimant que le pays n’était pas en proie «à une unique urgence, mais à plusieurs et complexes», a-t-il précisé. À cette occasion, O’Brien avait lancé un appel pour récolter 250 millions de dollars pour faire face à la crise du choléra, indiquant que, à ce stade, seulement 47 millions de dollars sont parvenus.
Il a pressé les membres du Conseil à prendre les mesures nécessaires pour que les fonctionnaires soient payés, afin que les établissements de santé rouvrent leurs portes.
Karima Bennour