Tiguentourine

Après les tentatives de sabordage, il assure 25 milliards M3 de production/an : Recette maximale pour le site gazier de Tiguentourine

C’est à de multiples défis que le complexe gazier de Tiguentourine devait faire face, au lendemain de la plus importante prise d’otages jamais vue en Algérie. On s’en souvient, cette prise d’otages qui s’est déroulée entre le 16 et 19 janvier 2013, avait été opérée par un groupe qui venait de faire alors son baptême du feu : «Les Signataires par le sang».

Le groupe est une faction d’élite d’Al Mourabitoune, mené par Mokhtar Mohamed Belmokhtar. L’objectif du groupe était de prendre des dizaines d’otages du site d’exploitation gazière de Tiguentourine, situé à 45 km à l’ouest d’In Amenas, dans le Sahara, au sud de l’Algérie. Préparée de longue date, l’opération, planifiée par MBM, est dirigée sur le plan opérationnel par une multinationale de terroristes, incluant des Maliens, des Nigériens et bien sur des Algériens, dont Mohamed Lamine Bencheneb en était la figure marquante. Cette opération médiatique de grande ampleur, qui a pris en otages plus de 800 personnes dont des dizaines d’étrangers, travaillant sur le site gazier, devait permettre de demander à la France l’arrêt de l’intervention militaire au Mali lancée cinq jours auparavant. L’intervention militaire de l’armée algérienne, avec tous ses dégâts collatéraux, avait été une réussite, en ce sens où elle a permis de mettre hors d’état de nuire pratiquement tous les assaillants et de libérer les derniers otages le 19 janvier, lors d’un deuxième assaut de l’armée nationale populaire. Aussitôt l’attaque et la contre-attaque terminées, le site gazier allait se retrouver une nouvelle fois otage des majors-pétrolières. BP et Statoïl désertaient, une première fois, le site, réclamant une enquête sur l’avènement dramatique qui a ensanglanté plusieurs nations. Puis réclamant la présence d’une société étrangère de gardiennage, incluant armes et logistiques, piétinant par-là sur les prérogatives exclusives de l’Armée algérienne. Ce qui fut évidemment refusé, le site étant suffisamment contrôlé et quadrillé. Il a fallu plus d’une année pour que l’activité reprenne son rythme ordinaire, mais entre temps la production de Sonatrach en a souffert. Actuellement ce complexe assure une production annuelle de 25 milliards M3 de gaz, soit 35% de la production, dont une partie est exploitée dans la production de l’électricité pour satisfaire la demande intérieure. Cette installation gazière assure également une production de 9 millions M3 de GPL. Dans un contexte de récession économique drastique et de tarissement des sources et rentrées de devises, le retour à la production du site gazier de Tiguentourine ne peut qu’être salué comme un exploit à la fois diplomatique, militaire, sécuritaire et politique. Son retour à la normale n’a pas été de tout repos, et ceux qui ont suivi le déroulement, sur pratiquement tous les registres, savent que ce fut un réel défi que de retrouver la vitesse de croisière et la production maximale, générant des recettes salutaires.
Fayçal Oukaci