Après le retrait des policiers des stades : les voyous sèment la violence

La nouvelle saison footballistique en Algérie s’annonce comme celle de tous les dangers. Les craintes émises par les observateurs, et même dirigeants de clubs, depuis l’annonce en juillet dernier par le directeur général de la Sûreté nationale, le général-major Abdelghani Hamel, du retrait des policiers de l’intérieur des stades commencent à se vérifier dès la première journée de la Ligue 1.Ainsi, à peine entamé le championnat, l’on signale déjà des incidents et du désordre. Ce n’est pas le chienlit, mais ça y ressemble. Ainsi, le match RC Relizane – NA Hussein-Dey n’a pas pu avoir lieu. Les dirigeants relizanais ont menacé de boycotter le championnat en raison de la non-qualification de leurs nouveaux joueurs. Eh bien, ils n’ont pas eu à le faire, leurs supporters s’en sont chargés à leur place en empêchant les deux équipes et les officiels de rejoindre le stade. Une première dans les annales du football algérien.Il faut dire que les fauteurs de trouble ont affiché la couleur dès le match inaugural du championnat, vendredi entre l’USMA et le MOB, un match émaillé d’incidents entre les supporters des deux camps. Les fans du MOB ont dû quitter le stade avant le début de la rencontre. D’autres accrochages similaires se sont produits, le lendemain, au stade du 20-Août, obligeant l’arbitre à arrêter le match des réserves entre le CRB et le MCO. Là aussi, l’on a dénombré quelques blessés, au moment où les stadiers, engagés la veille de la rencontre seulement, se sont retrouvés complètement dépassés. Même situation dans laquelle se sont retrouvés également les stadiers à Tizi-Ouzou où des échauffourées ont éclaté au niveau de la tribune réservée aux supporters du MCA. Pas moins de 7 fans ont été d’ailleurs évacués en urgence vers l’hôpital.Visiblement donc, le retrait des policiers encourage les voyous à semer la violence et la haine dans les stades. Tout le monde s’interroge à présent sur la méthode à suivre pour éviter le pire. Le président du MCA, Omar Ghrib, a expliqué qu’il avait mis en garde contre ces dépassements lors de la réunion organisée par la DGSN, estimant que l’on s’est précipité en retirant les policiers des stades d’une manière brusque, alors qu’il fallait le faire progressivement.
Pour sa part, l’entraîneur de la JSK, Kamel Mouassa, a estimé que les joueurs évoluent désormais la peur au ventre, car avec l’absence des policiers dans les stades les joueurs ne se sentent plus en sécurité. Faudra-t-il alors décréter le huis clos pour toutes les rencontres du championnat ?
Hakim S.