Kohler Horst

Après la nomination du nouvel envoyé de l’ONU pour le Sahara Occidental : Rabat manifeste sa violation de la Légalité internationale

Alors que ces derniers temps Rabat a vu ses accords avec l’Union européenne (UE) annulés par la Cour de Justice de l’UE et affirmant qu’ils sont en violation du Droit européen et international, car incluant l’espace géographique du Sahara occidental, territoire non autonome, inscrit aux Nations unies, le Maroc manœuvre dans les eaux maritimes du Sahara occidental.

Les autorités marocaines viennent d’annoncer, peu de temps après la nomination, par le secrétaire général des Nations unies, de son nouvel envoyé spécial pour le Sahara occidental, l’ex-président allemand Horst Köhler, leur persistance à promouvoir l’approche politique, ayant conduit à l’invasion militaire marocaine, en 1975, du Sahara occidental. Par son adoption, jeudi dernier, de deux projets de loi et un projet de décret, portant essentiellement sur les eaux maritimes du Sahara occidental, le Conseil de gouvernement marocain a paraphé des documents attestant la violation, encore une fois, par Rabat de la légalité internationale et de ses intentions de soumettre aux Nations unies des documents de sa législation nationale, sur des eaux maritimes ne relevant pas de la souveraineté marocaine.
En persistant dans sa fuite en avant, dans sa politique coloniale au Sahara occidental, Rabat vise à travers les lois et le décret en question faire croire, qu’elle domine, maitrise et jouit d’une souveraineté sur le Sahara occidental, terre, mer et ciel, alors qu’aucun pays dans le monde ne lui reconnait cette souveraineté, y compris ses alliés dans son occupation des territoires sahraouis. En déclarant que Rabat vise par son adoption de ces documents, «de normaliser la gestion» de l’espace maritime du Sahara occidental, le porte parole du gouvernement marocain, Mustapha El Khalfi, affirme que le Maroc est loin d’adopter la voie menant au règlement du conflit qui l’oppose, depuis 1975, au Front Polisario, selon les résolutions de l’ONU, consacrant le droit à l’autodétermination du peuple du Sahara occidental. Alors que ses partenaires européens sont appelés à se soumettre aux décisions de la justice de l’UE, dans leur conclusion d’accords de coopération économique avec Rabat, sans inclure, les territoires sahraouis, Rabat rame pour faire croire, en vain, que les eaux maritimes du Sahara occidental font partie de l’espace maritime marocain.
Réagissant à l’adoption de ces projets de lois et décrets, par Rabat, manifestant ainsi son absence de volonté politique pour le règlement du conflit qui l’oppose au Front Polisario, sur le Sahara occidental, sur la base de la légalité internationale, le gouvernement sahraoui, a «dénoncé», dans un communiqué, le projet de loi en question, considérant les documents «nul et non avenu». Pour les responsables de la République arabe sahraouie démocratique(RASD) et le Front Polisario, une telle décision marocaine «constitue une violation flagrante du droit international et du statut du Sahara occidental», en tant, poursuit la même source, « que territoire non-autonome inscrit à l’ordre du jour du Comité de l’ONU chargé de la décolonisation». Aussi par cette mesure, Rabat manifeste, est-il indiqué « un mépris de l’arrêt de la Cour internationale de Justice de 1975 » ainsi que, poursuit-on, «de la décision de la Cour européenne de Justice de 2016 » qui réaffirment et attestent, que le Sahara occidental et le Maroc sont «des territoires différents et séparés» lit-on dans le dit communiqué.
L’adoption, par le conseil du gouvernement marocain, des documents précités a été dictée par l’expiration du délai de dix ans, accordé, à Rabat après avoir ratifié en 2007, la convention de l’ONU, Montego Bay sur le droit de la mer. En adoptant ces décisions, Rabat s’est forcée à faire abstraction de la teneur de la dite convention Onusienne, dont les articles puisent leurs fondements et leurs teneurs, juridico-politiques, de l’esprit et des textes de la charte de l’ONU. Une bataille, déjà perdue d’avance pour le royaume chérifien, dans les salles de l’institution onusienne, même s’il doit compter sur ses alliés dans sa colonisation du Sahara occidental, principalement, la France et Israël.
Alors que ces derniers n’ont pas réussi à faire courber la Cour de la Justice de l’EU, qui a tranché en faveur du droit international, en excluant le Sahara ocidental , de tout accord UE-Maroc et reconnaissant la légitimité du Front Polisario comme seule et unique représentant du peuple du Sahara occidental, le système politique colonial marocain rame dans tout les sens, pour retarder l’avènement de la fin de ce conflit, lequel se manifestera par l’incontournable application du droit au peuple sahraoui au référendum d’autodétermination.
Cette décision de Rabat est «sans effet politique et juridique sur le plan international » soulignent les responsables sahraouis, est une nouvelle fuite en avant, poursuivent-ils «qui cache mal les déboires ainsi que la situation difficile que traverse actuellement le Maroc» concluant « tant sur le plan intérieur que sur les plans africain et international»
Karima Bennour

Des sociétés étrangères se conforment à la légalité avec le Maroc   
La société de transport en vrac de l’île de Man, LT Ugland, a décidé  de mettre  fin à son implication dans le commerce de la roche phosphatée du territoire du Sahara occidental, occupé par le Maroc, selon l’observatoire des ressources naturelles du Sahara occidental (WSRW). La société LT Ugland, du Royaume-Uni, faisait partie d’une longue  liste de «transporteurs du conflit» publiée par l’observatoire, WSRW,  sur les entreprises  impliquées dans leur  commerce  illégal  avec le Maroc, car  incluant les ressources  et les richesses naturelles du Sahara occidental.  Juin dernier, Lars T. Ugland, président de LT Ugland, a déclaré au journal économique norvégien Finansavisen qu’il allait se soumettre à la décision de la Cour de l’Union Européenne, et « exclure le Sahara occidental des zones des activités de l’entreprise,  jusqu’à ce que le conflit sahraoui soit réglé » a indiqué WSRW.
K. B.