Bensalah-Bouhadja

Appel des partisans de l’application de l’article 102 : La réplique cinglante du Parlement

C’est le fait saillant qui aurait marqué l’ouverture de la session parlementaire 2017-2018, hier, au niveau de ses deux chambres.

Les discours des deux présidents, de l’APN et du Conseil de la nation, étaient focalisés sur l’appel des partisans de l’application de l’article 102 de la Constitution à l’encontre du président Bouteflika. Une réponse officielle qui réduit à néant un appel qui se voyait déjà comme un coup d’épée dans l’eau. Après les multiples voix qui se sont élevées au cours de cette semaine pour appeler à l’application de l’article 102 de la Constitution, Saïd Bouhadja et Abdelkader Bensalah, chefs, respectivement, de l’Assemblée populaire nationale (APN) et du Conseil de la nation, sont tombés à bras raccourcis sur les partisans, en affirmant que le président de la République jouit de toutes ses capacités et exerce pleinement ses missions. Ainsi, s’adressant aux personnalités ayant appelé à «destituer le chef de l’État », Abdelkader Bensalah était d’une réponse catégorique : «Le président de la République se porte bien et exerce ses prorogatives constitutionnelles normalement ». Tout en précisant qu’Abdelaziz Bouteflika tire sa légitimité des élections de 2014, le président du Sénat a qualifié les partisans de «malveillants». «Ces voix ont des intentions loin d’êtres innocentes et de promouvoir des interprétations erronées». En effet, pour lui, «ces lectures de la Constitution sont alimentées par des fins douteuses qui portent atteinte à la crédibilité des institutions de l’État». Plus loin, pour Bensalah «le retour de cette chanson sur la scène politique porte atteinte à l’éthique politique de ces individus et à leur crédibilité». D’ailleurs, il expliquera que «cet appel ne tire aucunement sa référence de la loi fondamentale du pays, vu que celui-ci porte atteinte au processus démocratique et aux institutions de l’État ». «Ces sorties sont de la pure dissonance qui est inacceptable sur plan législatif et contre l’éthique», a-t-il répliqué. En sus, il a appelé à défendre la légitimité constitutionnelle et à régler les vrais problèmes socioéconomiques du pays, tout en faisant appel à la conscience «pour avorter ces plans qui visent l’unité de l’Algérie». Pour sa part, le président de l’Assemblée populaire nationale, Saïd Bouhadja a lui, aussi, dénoncé ce qu’il qualifie de «voix portant de faux jugements qui tentent de semer le doute sur les institutions de l’État et sur sa crédibilité».

Bouhadja dénonce «une aventure dans l’inconnu»
Pour le premier responsable de l’APN, ces voix qui «portent de faux jugements et qui dépassent l’éthique politique, tentent par désespoir de semer le doute sur les institutions de l’État et sa crédibilité». Il notera que les visées de ces partisans est «d’affaiblir les institutions constitutionnelles de l’État et de faire reculer le pays avec tous les risques que comporte cette aventure dans l’inconnu». Dans son allocution à l’ouverture de cette session parlementaire ordinaire, Bouhadja a également rappelé que «le président de la République a été plébiscité par le peuple algérien à l’issue d’un suffrage transparent et démocratique ». À cet effet, il a rappelé que « les élections sont la voie unique de la légitimité et que le développement de l’édifice démocratique et son ancrage ne pourront se faire sans le respect des institutions constitutionnelles ». Partant de ce postulat, l’Algérie poursuivra, selon le président de l’Hémicycle Zighoud Youcef, «avec constance et sérénité, son processus de réformes et de développement initié par le président de la République Abdelaziz Bouteflika qui incarne l’unité de la nation et veille à l’application de son programme ambitieux afin de concrétiser les aspirations du peuple algérien en matière de sécurité, de stabilité, de développement et de prospérité». Une telle réponse, émanant de surcroit des deux premiers responsables de deux importantes institutions, n’en fera que boucler la boucle d’un chapitre, ouvert depuis quelques jours.
Lamia Boufassa