AMINATOU HAIDAR

AMINATOU HAÏDAR SOUS LES PROJECTEURS : L’hommage de Palerme à la rebelle d’El Ayoun

La ville de Palerme a accueilli la première projection mondiale du film documentaire «La Rebelle du Sahara», dédié au parcours et à la vie de l’icône sahraouie, Aminatou Haïdar, et ce, à l’occasion de la 14e édition du Sole Luna Doc Film Festival, prestigieuse kermesse internationale de ce filon du septième art. Cette œuvre − d’une durée de 55 minutes, projetée en italien, en espagnol et en arabe − on la doit à un grand nom du film documentaire dans le monde : l’italien Giancarlo Bocchi, reconnu pour ses succès, notamment avec «Pont à Sarajevo» et «Le Siège».
Tourné entre Tindouf et El-Ayoun, ce précieux témoignage et ce énième hommage rendu à la passionaria sahraouie retrace le vécu de cette femme et, à travers elle, la lutte d’un peuple qui avance depuis des années une demande de liberté, qui recueille l’attention de la communauté internationale et des justes de ce monde.
Le public connaisseur de Palerme, accouru nombreux malgré une chaleur étouffante, a pu ainsi découvrir le long cheminement de cette fille de patriote sahraoui (décédé dans des conditions jamais éclaircies) qui est devenue, au prix de souffrances inénarrables, la plus célèbre icône de la lutte pour la liberté du peuple sahraoui, avec une aura qui dépasse désormais le cadre régional.
Son action relatée par ce film est, selon Giancarlo Bocchi, complémentaire avec celle menée par le Front Polisario pour l’autodétermination du peuple sahraoui et se caractérise, selon le metteur en scène, par une intifadha pacifique faite de manifestations, de protestation et de résistance civile. Le film fait état de son arrestation en 1987, date à laquelle elle fut, pour la première fois, engloutie dans les méandres infâmes de la tristement célèbre «prison noire» d’El-Ayoun, où elle a été soumise à des violences et des tortures indicibles. Mais la passionaria sahraouie est toujours debout !
Après sa libération en 1991, Aminatou Haïdar fit le serment de ne jamais renoncer à la lutte de son peuple, comme l’aurait voulu son mari, et lança le mouvement des mères et des filles de prisonniers. Torturée à plusieurs reprises, elle a été condamnée à sept mois de réclusion, devenant, aux yeux du monde, le symbole de la résistance pacifique du peuple sahraoui face à la brutalité de l’occupation illégitime du gouvernement marocain. Une fois libre, elle a repris son combat au prix de multiples tracasseries, de violences physiques et morales. Souvent pressentie pour le prix Nobel, Aminatou, qui a toujours fui les honneurs et distinctions, préfère poursuivre son action au service de son peuple et son droit le plus absolu à la liberté.
Ce film documentaire est donc un hommage à son courage et un appel à la communauté internationale à faire cesser cette aberrante humiliation à laquelle est soumis depuis 44 ans, le vaillant peuple sahraoui.
M. B.