Amar Ghoul lance des assertions gravissimes : «un plan pour fractionner l’Algérie en 6 petits États»

Lors d’une conférence organisée, hier, au siège de son parti, Amar Ghoul, secrétaire général de TAJ (Tajamoû Amel al Djazaïr), n’a pas été tendre avec l’opposition (Cnltd, ndlr) qui a appelé à des manifestations de rue à travers toutes les wilayas du pays, pour hier, le 24 février, afin de dénoncer l’exploitation du gaz de schiste au sud du pays. Dans un discours balayant l’essentiel des questions brulantes de l’actualité nationale, Ghoul a révélé «l’existence d’un plan diabolique qui prévoit de fractionner le pays en 6 petits États», ce qui n’a pas manqué d’ailleurs de susciter les interrogations des journalistes présents. En effet, invité à apporter plus de précisions, et surtout dire d’où il tenait cette information, l’actuel ministre du gouvernement a minimisé la responsabilité de son propos, en déclarant : «faites votre propre recherche sur Internet, consultez les réseaux sociaux et les médias audio-visuels, vous allez avoir votre propre opinion sur ce qui se dit à ce sujet», a-t-il répondu furtivement, sans mesurer la teneur politique de sa déclaration. Dans sa rhétorique incendiaire à l’endroit de la Cnltd (Coordination nationale pour les libertés et la transition démocratique), qu’il accuse d’ailleurs d’être en accointance avec «ceux qui veulent déstabiliser et diviser l’Algérie», l’orateur a appelé à une mobilisation de tous pour contrer ce qu’il qualifie de compagne émanant de puissances étrangères,-sans les nommer-, contre la stabilité du pays, a-t-il indiqué. Des accusations graves, que l’actuel ministre des Transports ne semble pas en mesurer toute la responsabilité et la portée politique. Pourquoi a-t-on choisi cette date symbolisant le recouvrement de la souveraineté nationale économique, pour appeler la population à sortir dans la rue, au moment où l’Algérie prône le dialogue en vue de régler des conflits dans nombre de pays voisins, de la région et même de l’Afrique ? S’est-interrogé Amar Ghoul, en indiquant que son message n’est pas de nature à semer la peur parmi la population, mais qu’il défend d’être fondé et réaliste. Le conférencier a poursuivi sa dissertation en déclarant que ceux qui veulent déstabiliser le pays sont derrières la création d’organisations terroristes, en citant El Qaida et Daech, qu’il qualifie de purs produits de laboratoires, et qui visent selon lui à ébranler les pays arabes et musulmans. À ce titre, il a rappelé ce qui est appelé communément «le printemps arabe», en s’interrogeant pourquoi a-t-on ciblé ces pays et non pas bien d’autres.

«La Constitution n’est pas l’apanage du système»
«L’occasion du 24 février ne doit pas être exploitée pour déstabiliser le pays», a déclaré Ghoul, en déniant semble-t-il tout droit à l »expression des partis de l’opposition, qu’il invite, paradoxalement, à dialoguer dans un cadre de la révision de la Constitution, pour transcender les divergences qui les séparent du pouvoir. Cependant, Amar Ghoul, aurait mieux fait de participer sans préalable à la Conférence du consensus initiée par le FFS, que répondre à une opposition qui a affiché depuis le début son rejet de toute forme de dialogue qui implique la participation du pouvoir lui-même. D’où le discours à «sens unique» du responsable de TAJ, pour qui les manifestations de rues pourraient mener vers la dérive et un retour à la décennie noire, et pourrait compromettre le développement du pays. Sur la même lancée, Ghoul considère que la Constitution, projet du chef de l’État, n’est ni le propre d’un système, ni d’un régime ni encore d’une partie du pouvoir. En plus de restreindre l’espace d’expression à la seule forme de dialogue à mener dans le cadre de la seule révision de la Constitution, le chef de TAJ considère que les partis de l’opposition «s’agitent parce qu’ils ont raté les échéances électorales», et d’ajouter que s’ils veulent s’exprimer ils n’ont qu’à le faire à travers les urnes, s’est-il emporté à dire, en balayant d’un revers de mains toute existence, semble-t-il, d’une force de l’opposition dans le pays.
Il a qualifié encore l’opposition de «petits partis» qui veulent ébranler le système. En évoquant la situation sociopolitique du pays justement, il a occulté l’existence d’une crise, de quelque nature, qu’elle soit politique, sociale ou économique. Pour lui, il s’agit de simples préoccupations citoyennes, comme cela est le cas dans bien d’autres pays développés à travers le monde, a-t-il estimé. En revenant sur les manifestations nées au Sud du pays, le chef de TAJ considère l’expression de soutien des partis de l’opposition à l’endroit des populations de cette région du pays, d’une forme de « régionalisme », car, tous les Algériens se valent et que le principe de «l’unité nationale» doit prévaloir, a-t-il souligné avant d’ajouter sur un ton menaçant que les initiateurs des actions de rues prônent la «sédition et la haine», avant de les qualifier encore, «d’aventuriers qui menacent la stabilité du pays». Lorsqu’Amar Ghoul a évoqué la question du gaz de schiste, il n’a fait allusion à aucun sujet ayant trait aux manifestants du Sud. En effet, il a fait savoir que les richesses du pays en matière de gisements doivent être exploitées, car elles représentent un potentiel important pour le pays. Pour lui, maximiser l’exploitation des hydrocarbures fera de l’Algérie la 2e puissance énergétique du monde. Pour lui, ce sont ces richesses qui ont fait que le pays est convoité de partout, d’où la menace permanente qui pèse sur lui.
Farid Guellil

Un commentaire

  1. mr ghoul
    !je pense qu’il serait bien plus benefique pour l’Algerie que vous vous interressiez sur ce qui se trame à Air algeriie et surtout au metro d’alger!l’Algerie vous en sera tres reconnaissante

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