Ait Menguellat

Alors qu’il se produira, vendredi prochain, à Alger : Ait Menguellet annonce un nouvel album pour fin avril

Qui ne connait pas «Aheddad Bawal» (ciseleur de mots !) ? Le chanteur et poète algérien d’expression kabyle, Lounis Ait Menguellet, puisque c’est de lui qu’il s’agit, s’est exprimé, hier à Alger, autour de ses 50 ans de carrière, riche et pleine en œuvres poétiques et mélodieuses. Pas uniquement, puisque l’auteur de «Ettes mazal l’hal» (dors, il est encore tôt!) est revenu sur les détails de son gala artistique, prévu vendredi prochain, à la Coupole du complexe olympique Mohamed-Boudiaf.

Invité par l’ONCI (Office national de la culture et de l’information) avec la collaboration de l’ONDA (Office national des droits d’auteurs), Menguellet, fidèle à la sagesse qui lui colle à l’esprit, s’est livré aux journalistes, au cours d’une conférence de presse, organisée à la salle Atlas de Bab El Oued. «Mes 50 ans de chanson ont été marqués par des hauts et des bas. Ce qui est tout à fait normal. Ça c’est passé trop vite…», tels sont les premiers mots prononcés par l’icône de la chanson algérienne, en estimant, que globalement, sa carrière est jugée «positive» dans la mesure où le public lui est resté toujours fidèle. Ce qui n’aurait pas été le cas sans l’accompagnement et le soutien de ses admirateurs -toutes générations confondues- pour lesquels, leur idole réserve une bonne surprise en fin avril prochain, avec la sortie annoncée d’un nouvel album. Cet opus qui sera composé d’une chanson dénommée «Touderth nni» (cette vie là !), qui jettera, en quelque sorte, un regard sur sa carrière pour laisser davantage son estampille auprès d’un public «merveilleux», sans lequel, «je n’aurai pas tenu durant 50 ans», a avoué l’auteur honoré au début de ce mois, au courant d’un colloque international, tenu à l’université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou, et consacré à l’œuvre de cette figure emblématique de la chanson algérienne. Interrogé sur son prochain gala, du reste très attendu par le public, Menguellet a révélé qu’il compte reproduire les mêmes chansons que celles entonnées lors de son concert du Zénith, organisé le 15 janvier dernier. Même si, et pour éviter de se faire pirater, l’artiste émérite a révélé qu’il ne produira pas de chansons inédites à l’occasion de cette sortie artistique, intervenue, au-delà de célébrer sa carrière, rendre hommage à son public. En attendant, donc, la sortie de son prochain opus, qui compte une chanson retraçant la genèse de toute sa carrière, Menguellet tient en haleine ses adulateurs. S’agissant du match de football annoncé le même jour au niveau du stade du 5 Juillet, l’interprète de «Ardju yi» (attends-moi), qui s’est dit, par ailleurs, n’avoir pas été au courant, s’est réjouit que la rencontre sportive «soit reportée», selon ses explications. A la question de connaître sa réaction au sujet de l’officialisation de Tamazight, celui qui a voué sa vie au combat pour l’identité et la démocratie, à travers sa poésie et ses chansons, qui ont fait le tour du monde, a indiqué que cette «langue originelle» et ancestrale doit toucher tous les Algériens. Et, à celui proposé pour recevoir le doctorat Honoris Causa par l’Université de Tizi Ouzou, en signe de reconnaissance pour sa carrière indescriptible, il estime qu’il s’agit d’une «victoire de tous les Algériens», quand bien même, «on a beau changer l’histoire», a déploré l’auteur de «Isefra» (poèmes), son dernier album, sorti en 2014. L’invité du jour a également rendu hommage à Mouloud Mammeri, qui reste, pour lui, un écrivain et romancier, «hors du commun» et connu de tous, pour avoir porté à bras le corps l’identité amazigh, pour qu’il puisse en dire davantage sur l’auteur de «La colline oubliée». Concernant sa prochaine prestation artistique, son fils, Djaffar, non moins son compositeur, lui sera de bonne compagnie pour diriger l’orchestre. Enfin, et à la question de savoir s’il compte écrire un livre autobiographique, «Le sage» dit envisager un tel projet.
Farid Guellil