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Alors que l’adoption du PLF-2018 est fixée au 26 novembre : Le débat s’achève au forceps

L’Assemblée populaire nationale (APN) a achevé, hier, les débats sur le projet de loi de Finances 2018 avec l’intervention des chefs des groupes parlementaires et les réponses du ministre des Finances, Abderrahmane Raouia. Pas moins de 52 amendements ont été proposés par les représentants du peuple.

Le vote du texte du gouvernement est prévu le 26 novembre prochain. D’emblée, le ministre a précisé que les mesures contenues dans le PLF 2018 visent l’instauration de plus de contrôle sur les dépenses, plus de rigueur dans l’exploitation et la gestion des ressources financières et la préservation des équilibres économiques. Contrairement à l’avis des partis de l’opposition, le texte de loi est «dans l’intérêt du pays et du citoyen», défend Raouia. En réponse aux critiques, le ministre exclut toute forme d’austérité dans le projet, hormis des dispositions visant la rationalisation des dépenses publiques, l’amélioration du recouvrement et la modernisation de l’administration fiscale et le système bancaire. Ainsi, les députés du camp de l’opposition estiment que le taux de croissance de 4% établi dans le PLF-2018 est «exagéré» par rapport aux estimations d’institutions financières mondiales. Le ministre a expliqué qu’il ne s’agit pas d’«écarts considérables », car ne dépassant pas les 8 % pour les estimations inférieures et les 4 % pour les estimations supérieures pour la période de l’application du texte (2018/ 2020). Sur le calcul du taux de croissance (4 %) pour les trois années à venir, le ministre a estimé qu’il s’agit d’estimations de moyenne générale des améliorations enregistrées dans les valeurs ajoutées dans les secteurs des hydrocarbures, les travaux publics et les activités commerciales. La croissance qu’enregistrera ces secteurs durant période (2018/2020), qui vont augmenter de 2% par rapport à 2017, seront «la principale cause pour réaliser un taux de croissance de 4 %». S’expliquant sur les estimations très faibles annoncées par le FMI et d’autres institutions financières mondiales, Raouya a expliqué qu’il s’agit d’estimations pour l’année 2018 qui peuvent être revues à tout moment, car les experts vont devoir prendre en considération les nouvelles données sur l’économie nationale. Se justifiant également sur le maintien d’un prix de baril référentiel à 50 dollars, le ministre a renvoyé cette situation aux perturbations que connait le marché pétrolier mondial, que ce soit géostratégique ou les nouveaux forages et l’exploitation des gaz non conventionnels. Sur les craintes d’une éventuelle inflation due à la modification de l’article 45 de la loi sur la monnaie et le crédit, le ministre a indiqué que le gouvernement va œuvrer à éviter des taux d’inflation supérieurs et éviter des répercussions négatives sur le pouvoir d’achat. Également, la Banque centrale, selon le ministre, va œuvrer a maintenir des taux d’inflation de 5,5 % (2018), à 4 % (2019) et à 3,5 % (2020).

Le texte d’application régissant la planche à billets avant fin 2017
Dans le même sillage, le ministre a révélé que «les textes d’application régissant le financement non conventionnel seront élaborés avant la fin de l’année en cours». Plus optimiste, le ministre a annoncé que le recours à l’emprunt auprès du Trésor public va permettre au secteur financier plus de liquidités pour avoir les ressources nécessaires à l’investissement. Il a cité notamment les groupes publics de Sonatrach et Sonelgaz qui pourront intensifier leurs efforts et capacité d’investissement, ce qui influera positivement sue les autres secteurs de l’économie nationale. Le premier argentier du pays a rassuré également que «la Banque d’Algérie, dans l’exécution de ses prérogatives, va se charger de détecter et prévenir tout effet de ce financement sur l’économie, comme elle va redresser tout effet négatif induit sur le pouvoir d’achat». Le ministre s’est défendu également sur toute retombée négative sur le pouvoir d’achat suite à l’augmentation continuelle de 10 % des impôts. «Le PLF 2018 n’induit aucune augmentation d’impôts ou de taxes qui vont se répercuter négativement et d’une manière directe sur le pouvoir d’achat», a-t-il rappelé. Il a fait savoir que ce taux de 10 % d’augmentation d’impôts sera généré suite à l’élargissement de l’assiette fiscale et l’augmentation de nombre des contribuables, c’est-à-dire, une optimisation élevée dans le recouvrement fiscal. Même chose sur les taxes induites sur les hydrocarbures car selon le ministre, elles n’«auront aucun effet sur les couches vulnérables, vu que les secteurs de la Pêche et de l’Agriculture bénéficient toujours de subventions étatiques qui vont amortir ces taxes et aider ainsi à préserver le pouvoir d’achat». Le ministre a noté, par contre, que ces augmentations de taxe sur les hydrocarbures vont aider à rationaliser davantage la consommation nationale qui avoisine, selon lui, 14 millions de tonnes : soit 4,3 millions de tonnes d’essence et 9,7 millions de gasoil. L’Algérie importe 23 % de ce volume (3,2 millions de tonnes) du marché mondial, ce qui constitue un fardeau très pesant sur le Trésor public. Dans l’optique de rationaliser davantage les dépenses étatiques, le ministre a annoncé qu’un avant-projet organique en rapport des lois des finances a été élaboré par son département ministériel et qu’il est actuellement en phase d’examen par le gouvernement.
Hamid Mecheri