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Alors que la liste des produits interdits à l’import sera élargie : Vers la levée de gel sur les intrants

Le ministère de Commerce prévoit d’élargir la liste des produits interdits à l’importation, comme annoncé il y’a quelques semaines déjà par Mohamed Benmeradi. Outre le rajout de quelques articles, d’autres produits de la catégorie des intrants à l’industrie locale seront retirés de cette liste, qui suscite polémique depuis début 2018.

Autrement, de nouveaux produits vont être ajoutés alors que d’autres seront retirés. Fixée actuellement à 851 produits, la nouvelle liste, qui comptera environ 860 à 870 articles, sera dévoilée à la fin de ce mois d’avril après la publication d’un décret exécutif y afférent et l’aval du Premier ministre, Ahmed Ouyahia. Cette décision fait suite aux réunions d’un groupe de travail interministériel, composé des départements du Commerce, de l’Agriculture et de l’Industrie, qui prévoit la finalisation du projet, la semaine prochaine, pour définir la liste intégrale des produits à interdire prochainement à l’importation, a annoncé, hier, Lyes Ferroukhi, directeur de cabinet au ministère du Commerce. «Il va y avoir un équilibre entre ce qui va être retiré de la liste et ce qui va entrer. On aura une liste qui tournera autour de 860 ou 870 sous-positions tarifaires», a-t-il annoncé au cours d’une émission diffusée sur la chaîne privée Ennahar TV. Une seule sous-position tarifaire pourrait inclure plusieurs produits, souligne le même responsable, qui rappelle que la révision de la liste des produits interdits à l’importation était attendue, car étant renouvelée et actualisée chaque trois mois, durant lesquels des concertations sont entamées entre toutes les parties concernées, entre autres les responsables ministériels et les opérateurs économiques. Le représentant du ministère du Commerce a fait savoir qu’ « il y a aurait environ 60 sous-positions tarifaires qu’on va retirer de la liste. Et ce sont surtout des intrants et non pas des produits finis». Les produits dont l’interdiction d’importer serait levée touchent essentiellement les intrants nécessaires pour la production locale comme l’engobe et les frites (entrant dans la production de la céramique) et également les différentes sortes d’arômes (production des boissons, yaourt et biscuits). En parallèle, le gouvernement compte introduire 40 autres nouveaux produits dans la liste des produits interdits à l’importation. Les produits concernés sont les produits finis composés de produits à base de plastique (comme les bouchons de bouteilles) et tous les produits dont une composante majeure est le verre ou en PVC. Le gouvernement a suspendu temporairement l’importation des produits à base de pate de biscuit (plus de 20 produits), portant jusque-là de ce fait la liste effective à 851 produits. « Nous avons commis une erreur concernant les biscuits. Nous l’avons oublié dans l’élaboration de la liste initiale. Et nous allons l’ajouter officiellement et l’introduire dans le décret exécutif qui sera publié prochainement », a affirmé Ferroukhi. Par contre, le même responsable a reconnu que son département fait face à de grands problèmes en matière de statistiques sur le tissu industriel en Algérie, ce qui explique les contraintes auxquelles font face certains industriels nationaux allant même à menacer d’arrêt total de leurs activités. « On n’a pas toutes les données économiques à disposition. On ne sait pas ce qu’on produit et ce qu’on ne produit pas », explique Ferroukhi. L’Algérie interdit depuis le début de cette année l’importation de 851 produits pour protéger le marché local. Pour Ferroukhi, durant les mois de janvier et février le déficit de la balance commerciale s’est établi à 100 millions de dollars, un recul de
1 %, contre un déficit de 12 % durant les moins de novembre et décembre 2017. Des résultats qui restes partiel, mais le ministère du Commerce attend que le déficit continuera à reculer en moyenne de 3 ou 4 % pour une valeur ne dépassant pas le demi milliard de dollars.
Hamid Mecheri