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Alors que des incidents ont émaillé le déroulement du scrutin : Des partis crient à la fraude

Comme à chaque rendez-vous électoral, les discours relatifs à l’enregistrement de dépassements se multiplient. En effet, tout au long de la journée de jeudi, des partis politiques, essentiellement de l’opposition, n’ont cessé de dénoncer certaines pratiques jugées «frauduleuses».

La réaction de la Haute instance indépendante de surveillance des élections (HIISE) n’a pas tardé à tomber. Le président de la HIISE, Abdelwahab Derbal a animé, dans l’après-midi une conférence de presse dans laquelle il a précisé que jusqu’à la fermeture des bureaux de vote, l’Instance a été destinataire de 358 saisines dont 34 ont été transférées aux procureurs généraux. Tout en soulignant que les élections se sont déroulées dans la «sérénité», le président de l’instance a précisé cependant que quelques incidents «isolés» ont été dénombrés à travers quelques wilayas. Pour lui, ces incidents n’ont pas eu d’impact majeur sur l’opération électorale dans sa globalité. Pour sa part, le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Noureddine Bedoui qui s’exprimait, hier, au cours d’une conférence de presse consacrée à l’annonce des résultats des urnes, a relevé que les portes de la Haute instance indépendante de surveillance des élections, sont «ouvertes» pour la réception de tous les recours relatifs aux élections législatives, et que «cette institution constitutionnelle doit les vérifier et agir conformément aux prérogatives qui lui sont conférées en vue de prendre les mesures nécessaires». «L’État algérien dispose aujourd’hui d’une haute institution», qui est la HIISE et «les portes de cette institution constitutionnelle sont ouvertes à tous les recours de ceux qui évoquent des dysfonctionnements ou des lacunes» ayant émaillé le processus électoral, a précisé Bedoui. «La HIISE qui a travaillé avec dévouement tout au long de l’opération de vote doit vérifier et agir conformément aux prérogatives qui lui sont conférées en vue de prendre les mesures nécessaires », a ajouté le ministre. Notons que les formations politiques ont dénoncé, plusieurs irrégularités au cours de la journée de jeudi. C’est le cas du Front des forces socialistes (FFS) qui, par le bais d’un communiqué de presse, dénonce de nombreuses «irrégularités» constatées au niveau de plusieurs bureaux de vote de la ville de Sidi Bel Abbès. Pour sa part, le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) s’est élevé contre ce qui s’apparente à une fraude électorale informatisée. Dans un communiqué rendu public, le parti de Mohcine Belabbas a accusé le ministère de l’Intérieur «préparer» la fraude électorale, en donnant aux walis la possibilité d’intervenir sur les procès-verbaux des communes. Les islamistes, eux aussi, ont adopté le même discours. En effet, Abdallah Djaballah a accusé les walis de «fraude» en faveur du parti du pouvoir, notamment le FLN. «Les walis n’ont pas abandonné leurs mauvaises habitudes. Ils ont donné des instructions aux maires et aux agents de l’administration pour gonfler les résultats du FLN et du RND», a déclaré à la presse le chef du Front de la justice et du développement (FJD). Sur un autre volet, plusieurs médias de la presse nationale ont rapporté des incidents ayant émaillé le déroulement du scrutin. Ainsi, des échauffourées ont éclaté dans un centre de vote relevant d’une commune de la wilaya d’El-Oued, au sud-est du pays.
Ce qui a provoqué la détérioration de l’urne et la fermeture du bureau en question. Par ailleurs, des bureaux de vote ont été saccagés la matinée de jeudi à Raffour, dans la commune de M’Chedallah, à l’est de la wilaya de Bouira, par des jeunes qui ont emporté les urnes et jeté les bulletins à même la chaussée. Sur les réseaux sociaux, les vidéos et les photos relatives à la fraude ont été publiées par les internautes. Cependant, il reste à vérifier l’authenticité des documents en question. En tout cas, une chose est sûre, la première expérience de la HIISE met au grand jour quelques irrégularités qu’il faudrait revoir pour le moins que l’on puisse dire aux prochaines joutes électorales.
D’ailleurs, le président de l’Instance a appelé à élargir les prérogatives de celle-ci, et ce, «en amendant les textes juridiques relatifs aux saisines en vue de combler les vides juridiques enregistrés lors de ces élections».
Lamia Boufassa