FEU DE FORET

Allumer le feut n’est pas toujours le propre d’une circonstance : Guerre ouverte contre les pyromanes

Le pays n’avait pas connu auparavant d’incendies aussi dévastateurs que ceux de cette année, ravageant des milliers d’hectares de forêt et de couvert végétal.

Certes, les départs des feux ont été quelque peu favorisés par la canicule et les conditions climatiques arides, mais la présence de la main humaine a été décelée. Preuve en est que plusieurs individus mis en cause pour acte de pyromanie ont été appréhendés. Des enquêtes ont été ouvertes par le département de l’Intérieur, et des pyromanes ont vite été interpellés. Dernier bilan en date : l’arrestation de plus de 18 individus qui seraient à l’origine de plusieurs départs de feux dans différentes régions du pays. «Les services de la Sûreté et de la Gendarmerie nationales ont arrêté plus de 18 individus impliqués dans des départs de feux au niveau des wilayas affectées», a affirmé à la presse, vendredi, le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement de territoire, Noureddine Bedoui, en marge d’une séance de travail consacrée à l’évaluation des projets de développement dans la wilaya déléguée d’In Guezzam. Des cas similaires ont été signalés, auparavant, dans différentes wilayas du pays où des pyromanes ont été arrêtés à Annaba, Béjaïa et Et-Tarf notamment. Le ministre de l’Intérieur, dans une visite qui l’a menée récemment dans la wilaya de Béjaïa dans l’Est du pays, le plus affecté en termes de feux de forêts, a fait savoir clairement que les incendies peuvent être criminels comme peuvent être aussi dus à l’imprudence et la négligence. Il a souligné que «certains ont tenté d’endommager les ressources forestières à des fins personnelles», précisant que les responsables de ces incendies seront traduits en justice. Dans la wilaya d’Annaba, commune d’Aïn Berda, les éléments de la Gendarmerie nationaleont pu mettre la main, le 3 août dernier, sur 4 individus en flagrant délit en train de provoquer, volontairement, un incendie. Âgésentre 21 et 28 ans, ces mis en cause, qui ont été présentés au procureur de la République, ont été interpellés aussi en possession d’enregistrements-vidéos des incendies qu’ils avaient provoqués auparavant. Depuis mi-juillet dernier, plusieurs wilayas du Nord du pays connaissent des incendies à répétion qui ont causés des pertes dans des espaces forestiers et également en terme de récoltes et bétails, en plus des cas de décès qui ont été enregistrés. Dans un bilan de la Direction générale des forêts (DGF), durant la période allant du 3 au 9 août seulement, 383 foyers d’incendies de forêt ont été enregistré, calcinant 17 400 hectares de végétation dans différentes régions du pays. Devant l’ampleur des dégâts occasionnés, la problématique de l’assurance contre les risques agricoles revient au-devant, alors que la culture d’une couverture assurance risques agricoles fait toujours défaut chez l’agriculteur. Pour amortir les dégâts, le Gouvernement a décidé des indemnisations au profit des agriculteurs qui ne bénéficient pas d’une assurance. Pour accélérer l’opération de l’indemnisation décidée suite aux «fermes instructions» données par le président de la République et pour bien filtrer les vrais bénéficiaires, le Gouvernement a pris des mesures strictes. Donc, selon Bedoui, pas d’indemnités distribuées en espèce et surtout pas de versement d’indemnités avant «une enquête approfondie menée par les services sécuritaires». Le ministre de l’Intérieur, qui était vendredi à Tamanrasset pour se rendre compte des dégâts provoqués par les récentes inondations qui ont touché certaines wilayas de Sud du pays, s’est entretenu avec les responsables et la population locaux afin d’aider à surmonter ces aléas climatiques. À cet effet, Bedoui a révélé qu’«une commission est à pied d’œuvre pour évaluer les pertes au niveau des communes de Tamanrasset et d’In Salah et d’autres wilayas affectées, et pour cerner les besoins des sinistrés».
Hamid Mecheri