Ali Kahlane

Ali Kahlane, à propos de la cyberattaque internationale : «C’est un coup dur pour l’Algérie»

Fait inédit dans le monde, depuis la révolution technologique, la cyberattaque mondiale qui a frappé plus de 150 pays et a fait plus de 200 000 victimes, a mis à nu la fragilité des systèmes qualifiés pourtant d’«intelligents». L’Algérie, à l’instar des autres pays du monde, n’a pas été épargnée de cette grandiose attaque.
En effet, selon une carte publiée par le quotidien américain “The News York Times”, Alger aurait été touchée quelques heures après la première attaque enregistrée en Grande-Bretagne. Mais, pour l’heure, on ignore l’ampleur des dégâts, même si les professionnels des TICs estiment que ce coup sera plus dur pour le pays qui va endosser doublement les répercussions. Et pour cause, l’Algérie est mal préparée pour faire face à ce genre d’attaques, ce qui va créer une certaine méfiance vis-à-vis de nouvelles technologies, en particulier l’Internet. Ainsi, de l’avis d’Ali Kahlane, président de l’Association des opérateurs de télécoms alternatifs (Aota), «le coup risque d’être plus dur pour notre pays». Déplorant que certaines voix qui se levent au lendemain de l’attaque pour affirmer que les dégâts sont minimes, en raison du retard numérique accusé par l’Algérie, l’expert a précisé que bien au contraire le pays est touché et les conséquences peuvent être dangereuses pour l’avenir numérique du pays. «Ces attaques peuvent faire très mal, surtout dans un pays qui manque de culture informatique, comme le notre», a-t-il certifié, avant de signaler, les pays informatisés sont mieux disposés à y faire face. Pour lui, «l’Algérie risque de mal gérer l’attaque en raison du manque de culture informatique». D’autre part, l’interlocuteur a affirmé que cette attaque va créer une certaine méfiance des nouvelles technologies. «C’est un coup psychologique qui peut être très grave, parce que les personnes qui sont contre l’informatique vont diffuser des idées erronées qui noircissent l’image des TICs». En d’autres termes, «c’est un mauvais signal et un bon argument pour ceux qui sont contre le numérique, ce qui va peut-être nous faire revenir en arrière». Plus explicite, Ali Kahlane dira que «l’Algérie est touchée comme tout le monde, mais l’ampleur n’est pas aussi importante que dans d’autres pays, où l’informatisation est très avancée». Cependant, cela ne signifie aucunement que les Institutions algériennes sont épargnées, bien au contraire, le danger est «omniprésent », selon l’expert, qui juge qu’on «n’est jamais assez préparé à une attaque ». «Les États-Unis ou l’Europe sont préparés, mais aujourd’hui ils souffrent, et l’Algérie devrait tirer les enseignements», a-t-il recommandé.
D’ailleurs, il ne manquera pas de souligner la «vulnérabilité de l’Algérie» qui peine à protéger ses systèmes et à généraliser l’utilisation des TICs dans ses institutions. Dans un autre sillage, s’agissant des anciennes déclarations du Premier ministre, Abdelmalek Sellal, qui avait mis en garde les Institutions étatiques quant à l’utilisation de Windows, qui sont perçues par certains spécialistes comme étant une prédiction de la part du chef de l’Exécutif, l’expert a affirmé que tous les systèmes d’exploitation informatiques ont des failles. En effet, il a indiqué qu’il est inconcevable de songer que Microsoft serait à l’origine de ce genre d’incidents. Pour lui, tous les systèmes d’exploitation ont des failles que les hackers exploitent. Que ce soit Microsoft, Linx, Ios de Apple… tout système a ses failles», a-t-il soutenu. S’agissant de la vulnérabilité du pays, l’interlocuteur a précisé que beaucoup de choses ont été réalisées en matière de cybercriminalité. En effet, même si l’Algérie accuse un retard en matière de généralisation des TICs, l’interlocuteur a indiqué que l’État œuvre depuis des années à se doter des meilleurs moyens de lutte contre les crimes numériques. Pour ce qui est de l’évaluation des pertes, il a estimé que, pour l’heure, il est encore tôt de statuer, vu qu’on ignore quelles sont les institutions touchées.
Lamia Boufassa