ALI GHEDIRI

ALI GHEDIRI, PRÉTENDANT À LA PRÉSIDENTIELLE : «Le peuple algérien a prouvé sa maturité »

Le prétendant à la candidature présidentielle, Ali Ghediri a farouchement défendu l’Institution militaire, considérant celle-ci comme étant une Institution républicaine au service de l’État et de la Nation. Intervenant lors du forum de RAJ (Rassemblement, action, jeunesse), le général à la retraite a affirmé que l’Armée a toujours été la « grande muette », tandis que les individus qui s’expriment en son nom ne représentent pas cette « noble institution ». « Les comportements impliquent les individus et non l’institution», a déclaré le général-major à la retraite. Bien qu’il soutienne qu’«on ne peut évoluer en dehors de notre histoire», puisque de nombreux Présidents étaient des militaires, Ghediri a reconnu que l’«Armée a indirectement pratiqué la politique au fil des années». Ainsi, tirant à boulets rouges sur la classe politique, le général-major a affirmé qu’«aucun civil n’est en mesure de sortir la politique des casernes». Défiant tous les acteurs politiques, Ghediri a déclaré qu’«un général peut faire sortir la politique des casernes, contrairement à un civil». «Je le ferai si je serai élu à la tête de la magistrature suprême du pays», a-t-il promis en rappelant qu’il a travaillé « 42 ans au service d’une institution de la République qui est au service de l’État et de la Nation». Précisant qu’il assume pleinement son choix d’avoir accédé à l’institution militaire, Ghediri a tenu à préciser que le «patriotisme n’est pas propre aux civils». «Pas de surenchères sur le patriotisme, les militaires tout comme les civils aiment leur pays», a-t-il lancé.

« L’arrêt des élections en 1992 n’est pas un repère historique »
Interrogé sur l’arrêt du processus électoral en 1992, l’intervenant a affirmé que cette date n’«est pas un repère historique, puisque le seul repère historique c’est le 1er novembre 1954 ». « Si on avait respecté les valeurs de 54, on serait jamais arrivés à ce stade », a-t-il estimé en indiquant que le pays a été ébranlé par d’autres évènements dramatiques.
Néanmoins, revenant sur les manifestations du 22 février, qui ont eu lieu à travers plusieurs wilayas pour demander au président sortant de renoncer à sa candidature à un nouveau mandat, le général-major a précisé que «  le peuple a pris ses responsabilité ».
«  La clé du changement est entre les mains du peuple et ce dernier a prouvé sa maturité », a-t-il dit. Pour ce qui est de son programme, le candidat reste vague et se contentera de dire que la Défense sera modernisée et le budget de celle-ci rationalisé. « Aucun département n’échappera à la rigueur budgétaire», a-t-il promis. Également, il a assuré que le gouvernement sera «un gouvernement de jeunes».

Collecte de signatures : «nous avons fait le plein ! »
Sur l’opération de collecte des signatures, le prétendant s’estime déjà candidat, puisqu’il affirme avoir «fait le plein», bien que l’opération ait été une « guerre». «Je peux vous assurer que nous avons fait le plein. Même si ça n’a pas été facile. Ça été une guerre contre ma candidature, contre ma famille et contre tous ceux qui m’ont soutenu», a-t-il alerté.
Lamia Boufassa