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Al-Serraj, à Alger, peu après la réunion des pays voisins de la Libye : Les efforts pour une solution politique vont crescendo

La visite du président du Conseil présidentiel du Gouvernement d’entente nationale de Libye, Fayez Al-Sarraj, hier à Alger, intervient dans un contexte particulier, marqué notamment par les avancées substantielles en faveur de la solution politique, et le lendemain de la tenue de la réunion ministérielle des pays voisins de la Libye, lundi dernier, à laquelle ont pris part, le chef de la diplomatie au Gouvernement d’union nationale (GNA) et Martin Kobler, responsable du dossier libyen auprès des Nations unies (ONU). Les derniers développements survenus sur la scène libyenne, notamment les affrontements ayant eu lieu dans la région sud-ouest ont vite fait de montrer, plus qu’avant, que la sortie du peuple libyen et de la Libye du bourbier dans lequel, ils ont été plongés depuis six ans, ne peut être que par le dialogue politique inclusif inter-libyen. Celui-ci devant être lancé, dans un futur proche, suite aux avancées substantielles enregistrées, à travers l’Accord conclu entre Fayez Al-Serraj et Khalifa Haftar, à Abu Dhabi, le 2 mai dernier, et auparavant, 22 avril dernier, la rencontre à Rome entre Aguila Salah, président de la Chambre des représentants, et Abderrahmane Sweihli, président du Haut-Conseil d’État libyen, les efforts d’acteurs engagés, résolument en faveur de la solution politique, devront s’intensifier, notamment pour réunir les conditions nécessaires à la réussite dudit dialogue inter-libyen. Ceci étant plus que primordial, en cette conjoncture particulière, dont a fait part la réunion des pays voisins de la Libye, lundi dernier à Alger, qui n’a pas manqué, outre d’exprimer ses inquiétudes de pointer du doigt l’impact négatif des interférences et ingérences étrangères sur la scène libyenne, a souligné que celles-ci nourrissent les divergences entre différents acteurs libyens, pour les éloigner de la solution politique. Mettant en avant, à son arrivée, hier à Alger, «les relations étroites qui lient la Libye et l’Algérie», Al-Serraj dira sur sa visite à Alger, au lendemain de la réunion des pays voisins de la Libye, qu’«elle s’inscrit dans le cadre des rencontres continues entre les deux pays», saluant à cette occasion les efforts d’Alger, en faveur de la solution politique, à travers le dialogue inter-libyen, sans interférences étrangères. Ce qui a été réaffirmé par les ministres des pays voisins à la Libye, réunis, lundi à Alger, qui se sont engagés à doubler d’efforts, pour aider les Libyens à emprunter la voie de ce dialogue, dans les plus brefs délais, en vue de se lancer dans l’édification de leurs institutions politiques et sécuritaires, et sortir du chaos, qui n’a que trop duré et a profité aux groupes terroristes et leurs réseaux de ramification, les trafiquants d’armes et de drogues. Si les présents à la réunion d’Alger des pays voisins de la Libye ont dénoncé ces ingérences porteuses de risques majeurs sur le destin futur et commun des Libyens et de leur pays, ils ont également mis en exergue leurs conséquences néfastes sur l’ensemble de la région, tant qu’elles visent à miner la voie de la solution politique et la dynamique en cours pour renouer, dans la durée, avec la vie politico-institutionnelle. L’intervention du chef de la diplomatie nigérienne, à la réunion d’Alger, Ibrahim Yacoubou a porté sur ces inquiétudes, appelant à «respecter» l’agenda mis en place par l’ONU et des efforts en cours pour aider les Libyens à adopter durablement la voie politique pour dépasser leurs divergences. Déclarant, en effet, que «pour réussir» à amener les Libyens à prendre langue entre eux, via le dialogue politique inclusif inter-libyen, Ibrahim Yacoubou a souligné qu’il faut mettre un terme «aux interférences étrangères», lesquel a-t-il poursuivi, «sont en opposition» aux efforts en cours en faveur de la solution politique. Sur ses deux tournées, dans les différentes villes du territoire libyen, lors desquel, il a rencontré différents responsables libyens et des acteurs de la société civile libyenne, le ministre des Affaires maghrébines, de l’Union africaine et de la Ligue arabe, Abdelkader Messahel affirme qu’«il y a un dialogue, une réconciliation qui se fait entre les villes, et les tribus». Une dynamique interne, a-t-il poursuivi «qu’il faut encourager, ils (les Libyens, ndlr) ont des solutions pour que le pays s’en sorte, mais les parasitages les en empêchent». De son côté, le ministre libyen des affaires étrangères, s’exprimant sur ces ingérences, a reconnu que «s’il n’y avait pas ces interférences étrangères, dans le processus politique et le dialogue entre les Libyens», il y a longtemps, a-t-il poursuivi, «que les Libyens auraient réglé leurs problèmes». Des acteurs déterminés, dont principalement l’Algérie, soucieuse de voir ses voisins libyens renouer avec la stabilité, la sécurité et le vivre-ensemble, a et continuera à consentir des efforts, notamment à travers ses rencontres, en vue de les aider à dépasser leurs divergences pour converger sur des compromis, pour la réussite du dialogue politique interlibyen. Lesquels compromis, indispensables, que les Libyens sont appelés, à dégager pour sortir, enfin, de l’impasse actuelle et éviter, ainsi, à la Libye et à son peuple d’atteindre le point de non-retour.

Karima Bennour