Aïn Defla

Aïn-defla : Jardin botanique de Miliana : Un havre pour le repos et le ressourcement

Véritable poumon de la ville à la faveur de la multitude d’espèces végétales qu’il renferme (dont certaines sont rares), le jardin botanique de Miliana (Aïn-Defla) constitue le point de mire de nombreux citoyens en quête de repos et de ressourcement. Outre le rôle écologique de premier plan qu’il assure, le jardin botanique est la destination préférée de nombre d’habitants de la ville où de personnes de passage qui, fuyant les cafés et leur brouhaha, préfèrent jeter leur dévolu sur cet endroit respirant le calme et la sérénité…
Autrefois appelé Magenta, ce jardin au style mi-français mi- anglais, dont la création remonte à 1870, est incontournable pour celui qui se rend à Miliana. En tête des espèces végétales se trouvant dans l’enceinte de ce jardin au style mi-français mi- anglais et qui s’étend sur plus de 1,5 ha, arrive, incontestablement, le Séquoia, le plus gros et le plus grand de la planète. Selon Aâouimer Kheira, membre de «Perles du Zaccar», une association locale versée dans la botanique ayant pris part aux travaux de classification des espèces végétales du jardin, cette espèce, dont certains arbres s’élèvent à plus de 80 m avec un tronc de plus de 30 m de circonférence, n’est actuellement retrouvée qu’en Californie (USA) et en Australie. S’agissant du territoire national, cet arbre n’est présent qu’au niveau du jardin public de Miliana, assure-t-elle, faisant part de centaines de visiteurs attirés par ce végétal hors du commun.
D’autres espèces telles notamment Genkgo-biloba, Cyprés d’Italie, Troène japonica, Tilleul, Platane et tant d’autres ornent ce grand espace végétal, fait-elle remarquer.

L’Egyptienne, l’autre curiosité du jardin
Le second élément ayant concouru à l’originalité du jardin a trait à la présence d’une statue représentant une femme égyptienne, appelée l’Egyptienne, en raison des habits qu’elle porte (à l’instar de Cléopâtre), mais aussi la torchère en raison de la torche qu’elle tient à la main. Elle a été sculptée par l’artiste français Mathurin Maureau au 19ème siècle, affirme l’archéologue Abbas Kébir Benyoucef, soutenant, non sans fierté, qu’en sus de Miliana, deux autres copies de la même statue se trouvent à Paris (France) et Rio de Janeiro (Brésil).
M. Benyoucef, également caricaturiste et ancien directeur du musée de la manufacture d’armes de l’Emir Abdelkader de Miliana, soutient qu’au cours de la présence coloniale française en Algérie, les européens organisaient leurs bals au niveau de ce jardin.
Des vedettes de la chanson française telles Claude Nougarou et Camille sauvage y avaient même animé une soirée artistique en 1968, se remémore-t-il, assurant que l’endroit a aussi été le théâtre de concerts animés par les stars de la chanson algérienne de l’époque tels notamment Nora, Nadia et Seloua.

Classement du jardin, plus qu’un souhait pour les milianais
Dans le souci de sa sauvegarde et de son enrichissement, le classement de ce jardin comme patrimoine national est vivement souhaité par nombre d’habitants de Miliana rencontrés par l’APS. Contrairement à ce que d’aucuns pensent, les premières expériences botaniques en Algérie ont d’abord été effectuées au niveau de ce jardin avant de s’étendre à celui du Hamma (Alger), soulignent-ils à l’unisson, qualifiant de vitale la réhabilitation de ce patrimoine dans sa vocation de jardin botanique et scientifique. Pour Mme Aâouimer, l’association «Perles du Zaccar» ne cesse de se battre pour que ce statut ne reste pas au stade de vœu pieux, mettant l’accent sur l’importance d’ancrer au sein de la société la culture de la végétation de façon générale.
La convention paraphée l’année dernière entre le Jardin d’essais d’El Hamma et celui de Miliana dans le but de la valorisation des espèces végétales s’y trouvant doit être concrétisée dans sa totalité, soutient cette responsable, appelant à associer l’université de Khémis Miliana dans ce processus.