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AGACÉ PAR DES TAXES «LOURDES À SUPPORTER» : Le FCE plaide pour une loi de finances complémentaire

Lors d’un point de presse animé en marge d’une journée de débat sur les dispositions fiscales contenues dans la loi de finances 2020, le président du Forum des chefs d’entreprise, Sami Agli a précisé que « cette nouvelle loi est très lourde à supporter en matière d’impôts ». «Certaines nouvelles taxes sont très lourdes à supporter de la part des patrons », a plaidé le président du FCE. Précisant que cet état de fait « mènera de nombreux hommes d’affaires à trouver d’autres manières pour esquiver le paiement de ces taxes » ; le nouveau patron des patrons a considéré que «ces taxes encouragent les hommes d’affaires à travailler dans l’informel ». Ainsi, il a appelé le nouveau gouvernement à «songer à établir une loi de finances complémentaire, dans laquelle il mettra en place de nouvelles réformes pour chercher de nouvelles ressources financières qui permettront de rétablir l’équilibre financier ». Pour sa part l’ancien ministre des Finances, Abderrahmane Benkhalfa, a qualifié la loi de finances 2020 d’une loi de « transition », après les évènements qu’a connus le pays en 2019. Pour lui, « il ne faut pas juger cette loi de finances maintenant, puisqu’elle a été établie dans des conditions exceptionnelles, notamment avec la période de transition qu’a connue le pays ». Autrement, la qualifiant d’une loi de « sauvegarde », l’ex-ministre a jugé, lui aussi, nécessaire de recourir « à une loi de finances complémentaire ». En effet, pour lui « il est nécessaire de recourir à d’autres mécanismes, dont un deuxième emprunt obligataire, de nouvelles dispositions en matière d’inclusion fiscale pour réinstaurer l’équilibre financier du Trésor  ».
Qualifiant l’équation de « difficile », Boukhalfa a rappelé que « les dépenses prévues dans la loi pour l’exercice 2020 sont de l’ordre de de 7.800 milliards de DA, tandis que les recettes se chiffrent à 6.600 milliards de DA ». Rappelant, entre autres, que la croissance est en berne, avec un taux de 1,8% seulement, l’expert a précisé que « ce taux se répercute sur l’assiette fiscale qui sera, elle aussi, en baisse ». « Nous avons l’un des taux de croissance les plus faibles de la décennie, à savoir un taux de 1,8%. Quand la croissance baisse, l’assiette fiscale va être plus faible », a analysé l’ancien ministre des Finances.
En termes plus clairs, l’expert a précisé que «  les ressources de l’année 2020 vont être plus faibles ». À cela s’ajoutent les « possibilités très limitées de l’ajustement de la valeur du dinar », a encore précisé Boukhalfa qui a rappelé que « la valeur de la monnaie nationale se répercute elle aussi sur les ressources ». Rappelant, notamment, que le recours au financement non conventionnel a été gelé, Boukhalfa s’attend «  à une année très délicate ». « Ça sera une année dans laquelle les équilibres internes et externes seront tendus », a-t-il lancé en rappelant que la dette due par le Trésor à la Banque d’Algérie est de l’ordre de 5.500 MDS de DA. Par conséquent, il a jugé nécessaire de « chercher des ressources additionnelles ». Pour ce faire, Benkhalfa a suggéré deux pistes, en l’occurrence « la supression de la règle 49/51 pour attirer les IDE et l’ouverture à l’endettement extérieur de manière sélective ». Contrairement au patron du FCE, Benkhalfa a précisé que « la loi de finances 2020 ne contient pas de charges fiscales nouvelles, ni de pression fiscale ».  « Il y a un changement de procédures », a-t-il dit, en notant que dans la mesure où ce changement « n’est pas bien capté pourrait constituer un risque ». Pour sa part, Boubakeur Sellami, président de l’Association des conseillers fiscaux algériens, a relevé « l’instabilité des lois », puisque la loi de Finances 2020 prévoit « le retour de certaines taxes abrogées il y a quelques années ». Sur la même longueur d’ondes que Sami Agli, l’expert a précisé que «  la charge fiscale est très lourde », notamment pour l’IRG qui est de 26% pour les professions libérales. Qualifiant ce taux de « sanction », Sellami a, cependant rappelé que « l’État sait où se trouve l’argent qui doit être recouvré ».
Lamia Boufassa