Elections

Affichage anarchique des listes électorales : À Alger centre, tout est permis !

En principe, pendant la durée de la campagne électorale, l’autorité municipale doit mettre en place des supports spéciaux pour l’exposition des affiches électorales. La loi voudrait que sur ces mêmes supports chaque parti en course dispose d’un espace propre à lui que l’administration lui réserve en la circonstance. Pourtant, rien ne donne l’air d’être le cas à Alger centre, de surcroit la capitale du pays.

De ce fait, la campagne électorale pour les élections du 23 novembre prochain est entachée par l’affichage sauvage des listes de candidatures des nombreux partis, alliances politiques et candidats libres en lice, a-t-on constaté, hier, lors d’une virée sur les lieux. Tout comme les élections précédentes, les panneaux dédiés à l’affichage, sensés ni plus ni moins faire connaitre aux électeurs, les personnes et leurs partis respectifs investis dans les élections locales, témoignent d’une bataille farouche menée en prévision du scrutin. Pire, la communication ou encore le marketing politiques laissent à désirer pour céder la place à de drôles façons de valoriser les candidats aux yeux des électeurs. Sur le plan forme, la conception des supports papiers, les slogans, les couleurs et autres traits distinctifs, portés sur les affiches, présentent des similitudes à la limite des sigles de chaque parti en course.
En dehors des panneaux d’affichages, ce sont les permanences des partis qui s’offrent d’espace aux listes électorales, dont la tête du peloton s’adjuge d’un portrait géant porté à son effigie. S’entassent pêle-mêle, les unes contre les autres, les listes sont même adhérées sur des panneaux électriques et des arbres, lorsqu’encore les murs des boulevards somptueux de «Alger-La-Blanche» y sont investis. En parallèle à la «guerre des affichages électorale», les regards des passants semblent porter vers l’horizon. Exception faite aux esprits curieux, militants et sympathisants des partis, l’engouement ne se voit pas sur le visage des citoyens. Ils ne semblent pas y accorder beaucoup d’intérêt. «C’est une manière d’imposer leur jeu ça! Et puis, une fois la campagne et les élections terminées, qui se chargera de repeindre toutes ces façades altérées par tant de papiers ?», s’est interrogé, la mine effarouchée, un passant.
«Les représentants des partis sont les premiers responsables de ces comportements. Comment doit ont élire quelqu’un qui fait dans l’anarchie !», estime un autre.
En tout cas, le commun des citoyens regrette cette situation qui, du coup, remet en cause la crédibilité des candidats et leurs représentants. Pour quelque uns, leur représentant à l’APC ou à l’APW est déjà choisi. «Je voterai pour mon voisin. Tous le monde va voter pour lui pourvu qu’il ne nous décevra pas une fois élu, comme c’était le cas pour les élections précédentes», espère un père de famille.
Amrouni Mohamed