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Affaire Echourouk-imprimerie publique : Le litige se corse davantage

Le litige se corse davantage L’affaire ayant opposé les imprimeries publiques, représentées par la SIA, au quotidien national arabophone Echourouk n’est pas prête à connaître son épilogue. Et pour cause, au moment où la direction de la publication s’en lave les mains et affirme du respect de l’échéancier en matière de règlement de ses dettes vis-à-vis des imprimeries étatiques, la SIA (Société d’impression d’Alger) revient à la charge pour clouer au pilori le journal. En effet, dans un document parvenu à notre rédaction hier, la SIA qualifie les déclarations du quotidien de «fausses allégations», suite à un article publié récemment où Echourouk déclare avoir remboursé l’entreprise publique à hauteur de 98% de ses créances. Le litige en trait avec les dettes du quotidien vis-à-vis des imprimeries publiques ne date pas d’aujourd’hui. Seulement, l’affaire a pris une nouvelle tournure entre les deux parties lorsque l’administration de la SIA a procédé à l’interruption de l’impression du journal, dans son édition de lundi dernier, pour les mêmes raisons invoquées par l’imprimerie de l’État. Et contrairement aux affirmations de la publication dirigée par Ali Fodhil, laquelle a édité un article sur son site web et dans lequel il y est dressé un tableau portant échéancier de remboursement en cours, du premier janvier 2010 au 31 mars 2017, étayé par des documents et chiffres en appui, la SIA a répliqué à son tour par le même procédé. À en croire ainsi l’entreprise publique, à fin avril 2017, l’ensemble des créances du quotidien détenues par les imprimeries (SIA, Simpral, SIO et SIE) s’élève à près de 57,5 milliards de centimes. Pas seulement, puisque l’entreprise étatique, quand bien même elle «a accordé des facilitations» pour les opérations de remboursement des dettes, Echourouk «n’a pas respecté l’échéancier de paiement», a répliqué la SIA. Lorsqu’encore, le volume de créances correspond «à une année d’activité», poursuit l’entreprise, qui s’est plainte des conséquences engendrées par un tel état de fait sur la santé financière des imprimeries. Elle en veut pour exemple ce qu’elle augure d’une faillite imminente, la Simpral, qui se trouve, selon elle, en mauvaise situation financière et risque «un dépôt de bilan». D’autre part, et outre la bataille des chiffres, engagée désormais entre les deux adversaires, le conflit a gagné la sphère judiciaire pour atteindre le tribunal d’Alger. Sur ce, Echourouk a exhibé un procèsverbal qui fait office d’une «bataille gagnée entre autres sur la SIA», et selon lequel, le quotidien sort «victime et relaxé» dans le procès l’ayant opposé à la partie accusatrice. En fait, ce procès est lié aux chèques bancaires par lesquels le journal aurait remboursé ses obligations financières à la SIA. Des «pièces à conviction » que l’imprimeur public n’entend pas entendre de cette oreille, et rappelle qu’«Echourouk a été condamné par le tribunal pénal de Hussein-Dey en date du 25/11/2015, jugement confirmé par la Cour d’Alger en date du 08/03/2016». Pis encore, la SIA accuse le quotidien de «défaut de règlement et le comportement irresponsable d’émissions de chèques rejetés pour insuffisances de provisions», a-t-il noté dans son document. Face à une telle situation inextricable, l’imprimeur public d’Alger se dit ne pas baisser les bras et annonce que d’«autres procédures sont en cours pour les mêmes motifs». Même si l’entreprise étatique espère tout aussi un dénouement définitif de ce conflit qui soit «dans l’intérêt» des deux parties.

F. Guellil