ABDELKADER KOUAFI

Abdelkader Kouafi, SG du Snategs : « Nous représentons 35 000 travailleurs de Sonelgaz »

Le Syndicat national des travailleurs d’électricité et de gaz (Snategs), initiateur de mouvements de contestation, depuis le 21 mars dernier, semble gagner l’estime de la famille des travailleurs.

Alors qu’aucun message n’a émané des responsables de la direction générale de Sonelgaz, encore moins de la tutelle ministérielle, à même de calmer leur grogne, le mot d’ordre de grève semble de plus en plus suivi à travers les 48 wilayas du pays. Dans l’entretien qui suit, le secrétaire général de ce Syndicat autonome, Abdelkader Kouafi, explique les raisons qui ont poussé les travailleurs à sortir dans la rue et quelles sont les revendications de ces mécontents de leur situation socioprofessionnelle. Notre interlocuteur a également dressé le bilan des six jours de grève générale, menée durant, et n’écarte pas la possibilité de recourir à d’autres actions plus «musclées».

Le Courrier d’Algérie : Depuis le mois de mars dernier, le Snategs a organisé six jours de grève générale et plusieurs rassemblements et sit-in dans plusieurs wilayas. Pour quelles revendications ?

Abdelkader Kouafi : Tout à fait ! Nous avons été les initiateurs de ces actions de contestation pour des raisons multiples. Notre plateforme de revendications socioprofessionnelles compte 36 points. Il s’agit essentiellement de notre attachement au respect des libertés syndicales, l’augmentation des salaires à 50%, la promotion systématique après 3 ans de travail, la fixation des primes de risque pour les travailleurs exécutifs et les agents de sécurité, et des primes d’encouragement pour tous les travailleurs sans distinction aucune. Aussi, nous appelons à la réorganisation de la convention collective qui a déjà été organisée entre l’UGTA et le Patronat sans que l’on prenne partie.

Depuis le 21 mars, date du début de la première série de grèves, avez-vous été approchés en ce sens par la direction générale de Sonelgaz ou la tutelle ministérielle ?
Non, nous n’avons reçu aucun appel dans ce sens. Si c’était le cas, nous aurions probablement décidé de suspendre notre mouvement de protestation. Les portes du dialogue restent quasiment- fermées, à notre grand étonnement ! Mais, le plus malheureux dans tout cela, nous avons fait face, lors de nos précédents rassemblements à Tizi Ouzou, Béjaïa et Alger à une intervention musclée des services de l’ordre public. Plusieurs syndicalistes avaient été arrêtés alors que d’autres ont été forcés et sommés de rentrer chez eux.

Quel bilan tiriez-vous des débrayages que vous avez organisés jusqu’à l’heure actuelle?
Lors de la première série de grèves générales de la dignité organisée les 21, 22 et 23 mars, et en dépit de la répression policière qui s’est abattue sur les manifestants pacifiques, nous avons relevé un taux de participation de 57% au niveau national. Pour ce qui est de la seconde série de grèves que nous avons entamée lundi dernier, nous avons atteint les 70% de participation au premier jour et les 82% au deuxième jour, alors que nous tablons sur un suivi qui pourrait atteindre les 95% durant l’action de demain (aujourd’hui, ndlr). Nous soulignons également que beaucoup de régions du pays ont décidé de se joindre à nous pour participer à cette seconde action en date. Les travailleurs sont conscients que nous défendons une cause, et nous luttons pour l’amélioration des conditions de travail et d’emblée la qualité du travail. De manière plus claire, nous estimons que nos actions sont une réussite retentissante.

En termes de représentativité, quelle part réclamez-vous parmi les organisations syndicales en activité au sein de la Sonelgaz ?
Vous devez d’abord savoir que nous sommes un Syndicat autonome et légaliste, reconnu par le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale. En clair, nous sommes inscrits avec le numéro 101 à la date du 29 décembre 2013. Parmi les
68 000 travailleurs de Sonelgaz, nous avons 35 000 adhérents au sein de notre syndicat, le Snategs. Sachez, toutefois, que depuis le lancement de la grève, beaucoup de travailleurs nous ont rejoints, ce qui fait que le nombre d’adhérents ne fait qu’augmenter par conséquent.

Vous attendez-vous à une réaction des responsables de la tutelle pour prendre conscience de vos problèmes ? Et, si tel ne serait pas le cas, que comptez-vous faire pour trouver une oreille attentive ?
C’est normal, le but de nos actions c’est d’attirer l’attention de la direction générale et même celle du ministère du Travail pour leur faire comprendre que la situation des travailleurs de Sonelgaz laisse à désirer. Cependant, si les responsables restent insensibles à nos doléances et campent sur leur mutisme, nous serons contraints d’aller droit vers le durcissement de notre mouvement de protestations. Cela devra être décidé lors du prochain conseil national qui aura lieu incessamment.
Entretien réalisé par Ania Nait Chalal-Nb