À surveiller comme le lait sur le feu

Réprimer et sévèrement contrôler en Orient, des téléprédicateurs musulmans se dirigent vers le Maghreb. Pour le Maroc, le problème ne se pose pas, puisqu’ils sont simplement interdits de dispenser des cours dans les mosquées. En Algérie, la marge de manœuvre est plus grande, et les Algériens, ont un «faible» pour les cheikhs orientaux.
Le problème est que ces prédicateurs véhiculent avec eux des sommes de valeurs contraires aux nôtres, dont les moins importantes sont les références doctrinales qui ne cadrent pas avec celles de l’Algérie. Les plus pernicieuses pouvant être celles qui sont carrément hostiles à un Islam modéré prêché par le malékisme depuis des siècles.
Des Frères musulmans, des wahhabites madkhalis, des Ahbaches et des zeïdis ont pris le bâton du prêcheur pour haranguer les foules en Algérie, bousculant les traditions algériennes en matière de fiqh, et créant de nouvelles zones de doute dans l’esprit d’une jeunesse sans réelle connaissance théologique.
Au final, nous sommes en train d’arriver, si nous ne le sommes pas déjà, à des conceptions dangereuses de l’Islam, une anarchie conceptuelle qui dégénère à chaque évènement majeur pour basculer dans les hostilités et les extrêmismes.
Pis encore, en l’absence de consensus intérieur, les Algériens s’abreuvent de cours dispensés via Internet et les chaînes arabophones proches du wahhabisme. Les Hadjis rentrent de pèlerinage porteur de milliers de livres, libelés et opuscules distribués gratuitement dans les pays du Golfe et porteurs de germes préjudiciables pour les répandre dans le Maghreb.
Des États débloquent des budgets pouvant atteindre 1 milliard de dollars annuellement pour faire réussir leur projet de répandre leurs référents doctrinaux. Il est temps pour l’Algérie d’agir sur un sujet qui risque de ne plus être gérable dans quelques petites années.