Née sous X

3000 enfants nés sous recensés en 2016 : Un rapport bientôt soumis au président Bouteflika

Qu’elle soit maternelle ou paternelle, la filiation est un lien de droit qui unit un individu à ces parents biologiques. En cas de contestation, seule la science médicale (l’ADN) peut prouver qu’un enfant, né sous X, est lié de sang à ses parents. En Algérie, ils en sont quelque 3000 âmes en quête de parents qui sont recensés par la Commission des Droits de l’enfant, de la Femme et des Personnes en situation de précarité, relevant du Conseil national des droits de l’homme, dans un rapport, qu’elle compte remettre au président de la République. Cependant, ces âmes innocentes n’ont malheureusement pas le choix, devant le refus de certains parents de reconnaître leurs siens, afin qu’ils puissent un jour retrouver leurs protégés. D’autre part, du point de vue juridique, seuls les parents dont la liaison conjugale peuvent être soumis au test ADN à l’effet de confirmer ou d’infirmer la filiation avec les enfants. D’où une énigme dont sont victimes ces enfants laissés pour compte. Ainsi, c’est lors de son passage, lundi, à la chaîne 2 de la Radio nationale, que Mme Fafa Benzerrouki, présidente de la ladite Commission, a révélé ce chiffre de 3000 enfants nés sous X enregistrés durant l’année 2016. À présent «le rapport de la Commission des Droits de l’enfant, de la femme et des personnes en situation de précarité au sein du Conseil national des Droits de l’Homme est fin prêt», a fait savoir  Mme Benzerrouki. Mieux, la même responsable a précisé que la commission qu’elle dirige s’apprête à transmettre ce rapport, «très prochainement», au président de la République, Abdelaziz Bouteflika, afin «de le sensibiliser sur la situation faite à des petits enfants dont les géniteurs refusent de reconnaître la paternité». Évoquant cette situation complexe à tous points de vue, Mme Benzerrouki, explique que «si la justice impose désormais à des papas mariés mais suspicieux, de se soumettre à des analyses d’ADN, afin de confirmer ou d’infirmer leur paternité vis-à-vis d’un enfant, cela n’est pas le cas  des parents biologiques dont le mariage n’a pas été transcrit auprès de l’État civil». Ceci, avant d’ajouter que «c’est en raison de cette situation, qui a donné lieu à la naissance de 3.000 enfants nés sous X en 2016», a-t-elle illustré ses propos non sans souhaiter qu’une solution puisse être trouvée à cette catégorie d’enfants. C’est l’une des raisons d’ailleurs qui ont poussé la commission à s’en remettre au président de la République pour lequel elle devra soumettre son rapport incessamment. Enfin, la hôte de la Radio nationale précise que la commission qu’elle préside s’est contentée d’émettre des propositions, des recommandations mais pas d’avis ou d’une quelconque opinion sur cette question lancinante et sensible à la fois. Néanmoins, la même responsable pointe du doigt des carences, si non un vide en matière juridique pour encadrer cette problématique.
Ou, mieux, l’accompagner et l’aider à l’effet de mieux se développer au sein de la société et d’aspirer à tous ses droits à l’instar de tous les enfants. Néanmoins,  Mme Benzerrouki a tenu à préciser que certains de ces enfants sont pris en charge et adoptés au titre de la Kafala.
Mohamed  Amrouni