incendie d'entrepôt à El Taref

3 500 tonnes de lait en poudre parties en fumée dans un incendie d’entrepôt à El Taref : Accident ou acte de sabotage ?

Une pénurie de lait dans les localités avoisinantes est à craindre. Un incendie d’origine encore indéterminée, a ravagé, dans la nuit de mardi à mercredi un entrepôt frigorifique appartenant à l’entreprise publique Frigomedit, dans la wilaya d’El Taref, détruisant plus de 3 500 tonnes de lait en poudre stockées à l’intérieur de l’infrastructure.
Selon les premiers éléments d’information, les dégâts sont énormes en matériel et en production. En effet, Au total, 3 500 tonnes de lait en poudre stockées dans cet entrepôt sont parties en fumée. Et si l’on ignore encore les causes réelles de ce sinistre, toutes les pistes restent envisageables. Acte accidentel ou volontaire ? Telle est la question qui se pose, surtout que la filière du lait connait des dysfonctionnements engendrant des pénuries récurrentes de lait subventionné, auxquelles le ministre de l’Agriculture, Abdelkader Bouazghi a promis de trouver des réponses. Ainsi, au lendemain des mesures de contrôle, promises par le ministre, visant à freiner la spéculation et à limiter les perturbations de la disponibilité de ce produit de première nécessité, la filière vient d’être touchée par cet incendie, dont les causes ne sont toujours pas déterminées. Selon les services de la protection civile d’El Tarf, «les éléments de la protection civile sont intervenus aux environs de 2 heures du matin, à la cité Salami Tahar, pour tenter d’éteindre l’important incendie qui s’est déclaré au niveau de cet entrepôt». Ce dernier, composé de 6 chambres d’une capacité globale de stockage de 15.000 M3, renfermait dans le cadre d’une prestation de service, une marchandise appartenant à l’office national interprofessionnel du lait et des produits laitiers (ONIL), a-t-on ajouté.
Selon la même source, les pompiers sont encore à pied-d’œuvre pour venir à bout des flammes qui se sont propagées rapidement en raison de la nature des matériaux inflammables (polyester) composant la toiture et les murs de cette structure, soulignant que cette opération a nécessité la mobilisation de 60 pompiers, 12 véhicules anti-incendie et 2 ambulances.
En plus de la perte de 3 500 tonnes de lait en poudre, l’incendie a ravagé l’ensemble de ladite structure, a-t-on soutenu, en précisant qu’aucune perte humaine n’est à déplorer. Une enquête a été par ailleurs ouverte pour déterminer les causes exactes à l’origine de cet incendie, a-t-on précisé.
Au mois de mars dernier, un incendie similaire s’est produit à Constantine, ou la laiterie « Numidia » a été ravagée par le feu. Rappelons, que depuis le début de la crise du lait, au moins quatre laiteries ont été fermées en raison du « non-respect » du cahier de charge. Dans un rappel à l’ordre, les laiteries ont été sommées de présenter un document détaillant « le circuit réel du lait subventionné». Des enquêtes sont actuellement en cours pour identifier les opérateurs qui y sont impliqués dans la spéculation alors que toute laiterie ne respectant pas les termes de l’accord conclu avec l’office, sera exclue définitivement du calendrier d’approvisionnement en poudre de lait.
Ce contrôle rigoureux permet d’assurer une traçabilité de la poudre de lait, surtout que celle-ci est souvent détournée pour la fabrication d’autres produits laitiers, qui ne sont pas subventionnés.
L’Algérie est troisième importateur de lait en poudre au niveau mondial, avec 1.41 milliards de dollars en 2016.
Lamia Boufassa