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1ER MAI : La pandémie gâche la Fête du travail

Confinement oblige, la Journée internationale des travailleurs a été célébrée de façon purement symbolique. Les rassemblements étant interdits à cause de l’épidémie du Covid-19, impossible pour les syndicats et autres organisations de travailleurs d’organiser les traditionnelles manifestations.
Cette année, le 1er Mai intervient dans un contexte particulier marqué par la pandémie du coronavirus, qui s’ajoute à une crise économique aggravante dans le pays suite au recul des prix du pétrole. Une situation qui n’est pas sans retombées négatives sur les conditions de travail, qui a révélé une situation difficile et les vulnérabilités dans laquelle se trouvent les travailleurs. Et comme il fallait s’y attendre, les employés précaires sont les premières victimes du Covid-19, avec une absence de couverture sociale et sans protection renforcée des droits.
Face à un confinement qui se prolonge et dont personne ne sait quand il sera levé, plusieurs catégories de travailleurs s’interrogent sur leur avenir professionnel incertain, alors que des pans entiers de l’activité économique se retrouvent à l’arrêt. Certes, le coup sera différemment ressenti par les diverses catégories des travailleurs en ces temps de double crise, sanitaire et économique. Les travailleurs indépendants et sous contrats à durée déterminée se retrouvent ainsi les premiers à être sacrifiés par les entreprises, car ayant des charges sociales moins coûteuses. Ce qui interpelle l’urgence de révision du Code du travail et la mise en place de mécanismes permettant un strict respect de la loi par les employeurs.

L’UGTA fait front commun avec le Patronat
Plusieurs syndicats professionnels mettent en garde que si l’État n’annonce pas des mesures de soutien pour les entreprises, le pays risque de connaître d’autres vagues de chômeurs, à cause des licenciements et des faillites d’entreprises. La situation fait que « notre priorité actuelle, en tant que Centrale syndicale, c’est la concertation avec les pouvoirs publics et le patronat pour voir comment assister l’entreprise à assurer et à honorer les salaires des travailleurs pendant la période de confinement imposée par la pandémie du nouveau coronavirus », a alerté le secrétaire général de l’UGTA, Salim Labatcha, jeudi dernier. Il ajoute : « Nous savions déjà que la pandémie du Covid-19 allait avoir des répercussions sur le monde du travail et sur la situation économique nationale. La situation sanitaire a obligé plusieurs secteurs, comme ceux du bâtiment, des travaux publics et des transports à arrêter complètement leurs activités. D’autres secteurs ont réduit leurs activités », a-t-il fait remarquer.
La nouvelle menace pour le travailleur algérien en cette crise du Covid-19 est surtout le non-respect des recommandations sanitaires sur les lieux de travail par les entreprises. Car elles doivent appliquer les mesures recommandées pour aménager les postes de travail, notamment pour permettre une distance d’un mètre entre les salariés. Chose malheureusement peu respectée chez nombre d’entreprises, notamment dans le secteur privé, car la transmission du virus se fait par un « contact étroit » avec une personne déjà contaminée, par l’inhalation de gouttelettes infectieuses émises lors d’éternuements ou de toux de la personne contaminée.

Le droit syndical au temps de Covid-19
Il en est aussi pour la mise à disposition, des travailleurs, de bavettes, masques et gants de protection. Lutter contre la vulnérabilité des travailleurs et la précarité de l’emploi passe nécessairement par le renforcement des rôles des syndicats professionnels pour mieux gérer la relation de travail entre employeur et employé. Une piste sur laquelle se penche actuellement le ministère du Travail.
Le directeur des relations du travail au ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Rabah Mekhazni, a révélé, jeudi dernier, qu’un projet de révision de la loi 90-14 du 2 juin 1990 relative aux modalités d’exercice du droit syndical en vue de « consolider les libertés syndicales et promouvoir le dialogue social », est en préparation. Objectif de ce texte « en voie de finalisation » : introduire des facilitations en matière de conditions de création de fédérations, d’unions et de confédérations syndicales, en sus du renforcement de la protection des délégués syndicaux en milieu professionnel, a expliqué Mekhazni.
Il a été procédé, dans le cadre de la révision de cette loi, à la consultation d’organisations des travailleurs et de patronats ainsi que tous les départements ministériels concernés et la prise en considération des remarques des experts de l’Organisation internationale du travail (OIT) en terme d’exercice du droit syndical, a-t-il précisé. Il a souligné, en outre, que les libertés syndicales en Algérie sont consacrées dans la législation nationale et encadrées par la loi 90-14 relative aux modalités d’exercice du droit syndical qui se base sur les conventions de l’OIT ratifiées par l’Algérie, notamment la convention 87 de l’OIT sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical.
Hamid Mecheri