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17e jour de grève de la faim des détenus palestiniens : Mahmoud Abbas rencontre Trump, aujourd’hui, à Washington

C’est aujourd’hui que le président des États-Unis, Donald Trump, rencontre, dans sa résidence officielle à Washington, le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, selon l’annonce faite par le porte-parole de la Maison-Blanche, Sean Spicer.
La rencontre entre les deux hommes, la première depuis l’élection de Trump à la tête de la présidence des États-Unis, intervient dans un contexte particulier. Ceci, plus de deux mois et demi, après celle l’ayant réuni, février dernier, avec Benjamin Netanyahu, Premier ministre de l’entité sioniste.
Le Président palestinien rencontrera, pour la première fois, le président américain, qui vient de franchir le cap des 100 jours, à occuper la Maison-Blanche, au moment où plus de 1 500 prisonniers palestiniens mènent une grève de la faim illimitée, dans les geôles de l’entité sioniste, depuis le 17 avril dernier, et au lendemain de l’annonce par le Mouvement de résistance palestinien, de Khaled Mechâal, de la modification du programme politique de Hamas, assurant accepter l’édification de l’État palestinien aux frontières de 1967, et sa capitale El-Qods. Une première, pour Hamas qui, dans son programme politique, rendu public lundi dernier, estime qu’«un État palestinien entièrement souverain et indépendant dans les frontières du 4 juin 1967, avec El–Qods pour capitale, est une formule de consensus national», insistant, par la même occasion, sur le caractère politique et non religieux du conflit israélo-palestinien, précisant, plus loin, que son Mouvement refuse «que quiconque porte attente à la résistance», a déclaré Khaled Mechâal.
Lors de son annonce de la rencontre, aujourd’hui, entre Mahmoud Abbas et Donald Trump, Spicer a indiqué que «l’objectif principal du Président (Trump, ndlr) était de parachever la paix dans la région», avant d’ajouter que «ce sera le thème principal de la discussion». De son côté, le ministre palestinien des Affaires étrangères, Riyad Al-Maliki, avant que la date de la rencontre en question ne soit annoncée, avait déclaré sur la teneur de la rencontre entre les deux hommes, précisant que celle-ci portera sur la reprise de négociations directes entre Israël et l’Autorité palestinienne.
Autre question à laquelle le Président américain devra apporter une réponse claire, celle portant sur sa promesse, notamment lors de sa campagne électorale, de transférer l’ambassade des États-Unis, de Tel-Aviv, capitale de l’entité sioniste, à El-Qods, qui a fait réagir les dirigeants palestiniens lesquels ont répondu par la menace de ne plus reconnaître Israël, si le président Trump venait à traduire sa promesse. «Nous avons été prévenus que le président Trump pourrait appeler à un transfert de l’ambassade dans son discours d’investiture», avait expliqué, pour rappel, Mohamed Shtayeh, un des conseillers du président Mahmoud Abbas, et les autorités palestiniennes avaient également appelé à des manifestations contre un possible transfert, des mosquées et des églises.
Aussi, dans la lettre qu’il a adressée au locataire de la Maison-Blanche, après lui avoir rappelé que le statut d’El-Qods est l’une des questions les plus épineuses dans le processus du règlement du conflit israélo-palestinien, Mahmoud Abbas lui a souligné que celle-ci doit être scellée dans un accord de paix final, sans manquer de le prévenir des conséquences de sa promesse relative au transfert de l’ambassade US. Alors que les responsables de Hamas et du Fatah peinent à dépasser leurs divergences au profit de l’intérêt général de la Cause nationale, le mouvement des Palestiniens grévistes de la faim, dans les prisons israéliennes, a réussi à unir l’ensemble des Palestiniens, de Ghaza, de Cisjordanie, des territoires palestiniens occupés, de la Palestine de 48 et les réfugiés autour de leur mouvement, par des actions multiples et diverses, dont la grève générale et le boycott des produits de l’entité sioniste. Une grève de la faim des détenus palestiniens pour exiger l’amélioration de leurs conditions de détention et le respect de leurs droits, selon les Conventions de Genève. Un mouvement de grève de la faim des détenus palestiniens, qui n’est qu’une forme parmi tant d’autres de la résistance du peuple palestinien face à l’occupant israélien, comme l’a souligné le leader palestinien, le prisonnier Marwan Berghouti, dans sa lettre explicative de la grève de la faim qu’il mène avec ses compagnons de la «liberté et la dignité». Acculée par la portée de l’action des prisonniers palestiniens et des multiples actions des Palestiniens en dehors des prisons israéliennes, l’entité sioniste a été jusqu’à user de la force contre les grévistes de la faim pour qu’ils interrompent leur action. Aussi, il est à noter que la première rencontre entre les présidents, Mahmoud Abbas et Donald Trump, intervient à plus de trois mois de celle ayant réuni le chef du gouvernement de l’entité sioniste, Netanyahu, avec le successeur de Barack Obama, à la Maison-Blanche.
Karima Bennour